Aller au contenu principal

Le potentiel mamelle d'une génisse est fixé avant sa naissance

Pour donner toutes les chances à vos génisses de bien démarrer leur première lactation, il faut veiller au bon développement de leurs tissus mammaires. Le peripartum, trois semaines avant et après leur naissance, est la phase clé.

<em class="placeholder">IMG_2603 / gros plan sur mamelle en salle de traite</em>
Le futur potentiel laitier des génisses se construit bien en amont de leur première lactation.
© Réussir SAS

Le futur potentiel laitier des génisses se construit bien en amont de leur première lactation. Le parenchyme, là où se créent les futures cellules sécrétrices de lait, commence déjà son développement pendant la phase utérine. « Cela veut dire que le potentiel mamelle est déjà fixé avant la naissance », prévient Lionel Reisdorffer, vétérinaire et dirigeant du cabinet Obione.

La lactation de la génisse se prépare pendant le tarissement de sa mère

« Il faut voir le tarissement comme la préparation de la lactation de la génisse à naître », conseille Élodie Bourbonnais, référente génisses et qualité du lait chez Elvup. Ne serait-ce que parce c’est pendant les trois dernières semaines de tarissement que se fait la colostrogénèse. Une alimentation adaptée et un environnement de vie confortable favorisent la qualité de ce colostrum. À l’inverse, une ration déséquilibrée ou un stress entraînent des conséquences sur la qualité et la quantité de colostrum mais aussi sur le développement in utero des organes de la future génisse. Il est notamment reconnu qu'un stress thermique in utero pénalise le niveau de production de la génisse à naître et, même celui de sa fille !

Distribué dans les deux heures suivant la naissance, en quantité suffisante et dans de bonnes conditions d’hygiène pour éviter les contaminations bactériennes, le colostrum apporte des anticorps mais aussi l’énergie, les hormones, les enzymes, qui permettent à la génisse de bien démarrer sa croissance, y compris celle de sa future mamelle. « Les bénéfices du colostrum sont une assurance tranquillité pour toute sa vie », estime Lionel Reisdorffer.

 
<em class="placeholder">Lionel Reisdorffer, vétérinaire et dirigeant du cabinet Obione</em>
Lionel Reisdorffer, vétérinaire et dirigeant du cabinet Obione. "Le parenchyme, là où se créent les futures cellules sécrétrices de lait, commence déjà son développement pendant la phase utérine." © Obione

Maximiser la croissance pendant la phase lactée

À la naissance, le développement de la glande mammaire va s’intensifier. Pendant les trois premiers mois, le parenchyme grandit plus vite, proportionnellement, que le restant du corps. « À la fin de la phase lactée, les dés sont jetés », prévient Lionel Reisdorffer. S’il n’y a pas assez de croissance sur la période lactée, la génisse pourra rattraper une partie du retard de poids sur la période de deux à six mois mais son potentiel laitier sera pénalisé. Le moindre développement du parenchyme ne sera pas compensé.

Pour permettre le plein développement de la mamelle, il faut donc un plan lacté qui apporte suffisamment d’énergie et de protéines pour viser les 900 à 950 grammes de GMQ et un poids de 100 kilos au sevrage. « 100 grammes de GMQ en plus sur la période lactée permettra 250 litres en plus sur la première lactation », souligne Élodie Bourbonnais. Pour y parvenir, la génisse peut boire jusqu’à dix à douze litres de lait par jour. Pour un apport en lait entier, il faut veiller à la qualité (pas de lait non commercialisable) et aux apports protéiques du lait distribué. Les quantités de lait sont à diminuer sur dix à quinze jours jusqu’au sevrage. Attention, plus on donne de lait, plus le sevrage doit se montrer tardif et progressif.

 
<em class="placeholder">Elodie Bourbonnais, référente génisses et qualité du lait chez Elvup.</em>
Élodie Bourbonnais, référente génisses et qualité du lait chez Elvup. "Un stress thermique in utero pénalise le niveau de production de la génisse à naître, et même celui de sa fille !" © Elvup

Enfin, pour limiter les ruptures dans la courbe de croissance au sevrage, des fibres et des concentrés sont apportés dès les premiers jours pour habituer les génisses à en consommer et développer leur rumen, qui devra se montrer mature et fonctionnel au sevrage. Il faut en distribuer de petites quantités plusieurs fois par jour.

La génisse n’aura alors plus qu’à poursuivre sa croissance jusqu’à son entrée en production, avec une mamelle pleinement productive.

À retenir

  • Une alimentation adaptée des taries
  • Le moins de stress possible pendant le tarissement
  • Un plan lacté suffisamment riche pour viser 900-950 g de GMQ/j

Les plus lus

<em class="placeholder">Elisabeth et Mickaël Lepage, éleveurs bio à Changé, en Mayenne </em>
Élevage laitier bio : « Nous vivons à deux avec 200 000 litres de lait bio », en Mayenne

Mickaël et Élisabeth Lepage, éleveurs en Mayenne, vivent avec à peine 200 000 litres de lait biologique vendus. Grâce à…

<em class="placeholder">Bovins lait / sécheresse / prairie desséchée / troupeau laitier au pâturage en Poitou-Charentes</em>
Assurance prairies : « Tous les hectares de prairies, assurés ou non, peuvent bénéficier d’une indemnité en cas de pertes de rendement de plus de 30 % »

Face à un épisode de sécheresse qui continue de s’étirer dans le temps sur la majeure partie de la France, les pertes de…

<em class="placeholder">ragondin</em>
Avortement de génisse au pré : quand les ragondins entrent dans l’enquête
Chez les bovins, la leptospirose cause des troubles de la reproduction, notamment des avortements dans la seconde moitié de…
<em class="placeholder">logettes bien dimensionnées grand troupeau au top Côtes d&#039;Armor</em>
Votre bâtiment compte-t-il plus d’une logette par vache laitière?

Avez-vous moins d’une logette par vache afin de rentabiliser votre bâtiment ? Ou bien, pour de meilleures conditions de…

<em class="placeholder">montbéliardes au pâturage- sécheresse- élevage 700 000 l Cantal 1000 m altitude</em>
Sécheresse : les difficultés s’accumulent pour les éleveurs laitiers, leur moral « au plus bas »

Prairies et maïs pâtissent de l’été chaud et sec. Les perspectives s’assombrissent pour les éleveurs laitiers qui voient…

<em class="placeholder">David Cartron dans une parcelle de maïs impactée par la sécheresse</em>
Sécheresse : « La priorité, c’est de trouver du maïs et de préparer les stocks 2027 », en Vendée

En Vendée, la sécheresse et les périodes de canicule ont fortement impacté la constitution des stocks de fourrage. Pour tenir,…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière