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Êtes-vous prêt à passer en Jersiaise ?

Petit format, robe fauve, grands yeux, taux très élevés… La Jersiaise ne laisse pas indifférent. En France, son berceau reste le Maine-et-Loire, mais elle est présente dans de plus en plus de départements. Avec 7 200 têtes réparties dans 460 troupeaux(1), ses effectifs ont augmenté de plus de 40 % en cinq ans.

(1) Nombre de vaches contrôlées en 2017
 
Rémi Andrieu, éleveur dans le Cantal

OUI Nous avons une centaine de vaches traites, dont 60 % de Jersiaises. Les premières sont arrivées sur l’élevage en 2013. Notre première motivation a été la qualité du lait. Nos Jersiaises tournent à 58 de TB et 38 de TP pour une production moyenne de 3 500 à 4 000 litres. Notre passage en bio en 2016 a été le déclic qui nous a décidés à basculer l’intégralité du troupeau en Jersiaise. Dans notre système très pâturant, à 600 m d’altitude, avec des prairies vallonnées, elles se montrent vraiment plus adaptées que les Prim’Holstein. Nous les trouvons beaucoup plus rustiques et faciles à vivre. Elles sont dociles et nous suivent comme des chiens. Certaines primipares qui viennent de vêler sont récalcitrantes à la traite, mais en trois à quatre jours, elles sont dressées.

 

Hubert Guerniou, éleveur dans les Côtes-d’Armor

OUI MAIS je suis quand même un peu déçu. J’en ai importé dix du Danemark il y a deux ans pour améliorer les taux. La première année, parmi la soixantaine de vaches traites, je n’ai vu aucune différence au tank. Au deuxième vêlage non plus, l’effet n’a pas été flagrant. Il faudrait en avoir davantage pour observer un réel impact. Autrement, ce sont des vaches sympas même si elles sont souvent dans les mauvais coups ! Elles ne sont pas spécialement nerveuses ni méchantes, mais elles peuvent prendre le dessus sur le chien de troupeau par exemple. Elles savent charmer aussi ! Côté santé, je n’ai rien à redire ; par contre, elles sont très moyennes en repro, contrairement au reste du troupeau. On a du mal à voir les chaleurs. Et le plus gros problème, c’est les débouchés pour les veaux mâles. Les marchands n’en veulent pas, même un bon veau de 60 kg part pour 5 €.

 

Jacques Champs, éleveur en Haute-Loire

NON Il y a deux ans j’avais encore 100 % du troupeau en Jersiaises (115 vaches), mais c’est fini, je n’en veux plus ! Aujourd’hui nous sommes descendus à 75 vaches (trois quarts de Brunes) : on y a gagné en sérénité. Dans un système conventionnel et semi-intensif comme le nôtre, les Jersiaises n’ont pas leur place. Ca ne vaut le coup de les traire qu’à partir de leur 4e lactation. Elles produisent alors le double de leur 1re lactation. L’été, quand la ration baisse en qualité, on tombe à 11 litres de moyenne, contre 17 litres en hiver. La Jersiaise est bien adaptée au bio ou aux systèmes danois très intensifs en concentrés, mais pas pour l’entre-deux. Elles sont certes très fertiles (1,1 paillette/VL) mais peu fécondes (IVV 400 j) car on ne voit pas les chaleurs. Enfin je ne peux plus supporter leur caractère : hyper curieuses, hyper actives et très grégaires, elles ne marchent qu’à l’instinct et m’ont joué des tours pendables.

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