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La sécheresse et les canicules 2026 ont sévèrement dégradé les prairies et le maïs fourrage

Prairies grillées, maïs desséchés, impossibilité de semer des dérobées. Les systèmes peu diversifiés et avec peu de stocks sont particulièrement vulnérables. 

<em class="placeholder">Alpage grillé par les canicules successives de l&#039;été 2026</em>
Cet été, la pousse de l'herbe est quasi nulle et nécessite d'affourager les animaux avec les stocks prévus pour cet automne hiver.
© E. Bignon

« Mes prairies sont cramées : j'ai entamé mes stocks d'hiver pour nourrir mes vaches. Mes maïs ont très peu d'épis. Le prix du lait de base d'août n'est que de 403 euros les 1000 litres et je n'ai pas de trésorerie pour acheter assez de maïs pour refaire mon stock : c'est la catastrophe », témoigne un éleveur sur les réseaux sociaux, qui espère bénéficier d'une repousse d'herbe cet automne. Ce cas illustre la situation en ce début du mois d'août partout en France. 

Des pousses de l'herbe stoppées sur juin juillet

Le dernier rapport d'Agreste (statistique agricole) publié le 5 août indique que la pousse d’herbe des prairies permanentes est quasi nulle sur juin et juillet en moyenne sur la France. Cela oblige d’affourager les bovins au pré de façon précoce et importante, y compris parfois dans les estives.

« Le pâturage de jour a cessé presque partout et ne se poursuit plus que la nuit, lorsque les parcelles disposent encore d’un minimum d’herbe sur pied », relate l'Institut de l'élevage dans un article du 16 juillet. « Aujourd'hui (4 août), rares sont ceux qui ont suffisamment de surfaces accessibles pour pouvoir allonger les temps de retour sur les paddocks tout en ne surpâturant pas : il ne reste quasiment plus d'herbe sur pied en Mayenne », témoigne Chloé Lemonnier, animatrice au Civam 53. Certains éleveurs  parviennent encore à pâturer grâce à du sorgho multi coupes

Des rendements de l'herbe globalement décevants ce printemps

Or, les récoltes d'herbe de ce printemps ont été plus ou moins bonnes selon les régions : de belles coupes en Mayenne, mais -25% de rendement en Maine et Loire selon Seenovia. Idem dans le Grand Est pour les deux premières coupes. Et « la 3e coupe de fin juin n'a pas pu être réalisée car la pousse d'herbe était déjà stoppée », signale Lionel Vivenot, conseiller lait à la coopérative ULM. « Les rendements des deuxièmes et troisièmes coupes sont globalement décevants et laissent craindre des bilans fourragers déficitaires en fin de campagne », souligne l'Idele. 

Les systèmes à faibles stocks souffrent

« Il est plus que jamais essentiel de disposer de stocks. Avant, on disait qu'il fallait au moins 4 mois d'avance en septembre. Dorénavant, les éleveurs estiment qu'ils doivent viser 6 mois d'avance en plus des besoins hivernaux. Ceux qui ont du stock sont sereins et sont dans la réflexion pour reconstituer leur avance l'année prochaine », poursuit Chloé Lemonnier. 

Lire aussi Sécheresse 2026 : reconstituer les stocks de fourrage avec maïs et coproduits

Lionel Vivenot abonde : « Le stock coûte cher quand on ne l'a pas. Aujourd'hui, le stock de sécurité idéal en herbe et maïs couvre 6 à 9 mois des besoins. »

Maïs : des rendements divisés par 3 voire 4

Les maïs sont également très dégradés par les pics de chaleur associés au stress hydrique autour de la floraison, mais leur potentiel est plus ou moins amputé selon la région, la nature et la profondeur des sols et la possibilité d'irriguer. Dans les Pays de la Loire, « en moyenne la baisse de rendement devrait tourner autour de 40 % », estime Hugues Chauveau, conseiller fourrage chez Seenovia. Dans les pires situations, des maïs très desséchés ont dus être ensilés en urgence en juillet.

Des maïs très faibles en amidon

« Pour chaque parcelle que je visite, je calcule un taux prévisionnel d'amidon. Les maïs devraient afficher des valeurs allant de 5 à 30% d'amidon selon les sols, les pluies et l'irrigation éventuelle », estime Lionel Vivenot. 

La qualité des maïs sans grain ressemblera sans doute « à celle de l'herbe », selon Lionel Vivenot, « à celle des sorghos sucriers monocoupe, selon Hugues Chauveau. Ils ont beaucoup de sucres solubles et de fibres très digestibles, mais pas ou peu d’amidon, et sont plus riches en protéines. Il faudra donc reconcentrer les rations en énergie. » 

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