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« Grâce aux achats groupés, mes charges phytos et semences sont réduites de 16 % », dans la Marne

Julien Bricquet, gérant de la SCEA Bricquet et Fils, à Saint-Amand-sur-Fion dans la Marne réalise des achats groupés pour certains intrants avec treize autres exploitants. Leur objectif? Viser plus d’indépendance et de rentabilité sur leur exploitation. 

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Julien Briscquet, céréalier à Saint-Amand-sur-Fion (Marne) range dans son local phytosanitaire sa dernière commande dans le cadre d'un achat groupé d'intrants.
© N. Savin

Ils sont quatorze agriculteurs, dans un rayon de 30 kilomètres, à passer deux commandes par an de couverts végétaux et de produits phytosanitaires. « Pas d’engrais, car ils sont trop volumineux », constate Julien Bricquet, gérant de la SCEA Bricquet et Fils, à Saint-Amand-sur-Fion dans la Marne. "Aucune ferme n’aurait l’espace de les stocker, ne serait-ce qu’une journée. " En effet, chaque commande arrive chez un seul agriculteur qui se charge de répartir les produits par ferme, et les treize autres viennent récupérer leur commande dans la journée ou covoiturent, pour éviter tout risque de vol.

« Seuls les titulaires du Certiphyto sont habilités à transporter les produits du point de livraison à leur siège d’exploitation respectif », alerte Clément Varoquier, le coordinateur bénévole de ce groupe informel et agriculteur à Courtisols.

Sur un tableur de 125 références, homologuées pour un maximum d’usages et de productions, chaque ferme exprime ses besoins et passe commande. Le coordinateur démarche une petite dizaine de fournisseurs. « Suite à leurs retours, je fais une analyse fine des devis vis-à-vis de la réglementation et des prix, puis je passe la commande », raconte-t-il.

Vigilance et anticipation sont de rigueur

En effet, Clément Varoquier a la fastidieuse et chronophage charge de veiller au renouvellement administratif des produits phytosanitaires (AAM) : « Il n’est pas rare que certains produits proposés ne soient pas conformes à la réglementation ou que le grammage des matières actives (MA) soit moins important pour avoir une offre commerciale plus attractive ou que le produit homologué pour les herbicides ne le soit pas pour les insecticides. »

Le fonctionnement du groupement est régi par des règles simples à savoir le respect des délais et surtout la non-divulgation des prix retenus lors de la commande. Rigueur et anticipation sont primordiales pour l’expression des besoins et l’établissement des commandes. Chaque ferme a son propre conseil technique indépendant.

Julien Bricquet l’admet, avec deux commandes par an, en décembre quand les prix sont bas et avant moisson, il faut anticiper ses besoins et selon la météo, compléter auprès d’un fournisseur de proximité. « Pour les autres produits liquides et les engrais que le groupement d’achats ne peut pas me fournir, j’ai toujours la possibilité d’aller chez un fournisseur local ou de mon choix », conclut Julien Bricquet.

Malgré cette contrainte de se projeter sur la moitié de l’année et du besoin de trésorerie, il estime réduire de 16 % ses charges de produits phytosanitaires et semences, grâce à ce système.

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