Aller au contenu principal

Congés : « Nous nous aidons entre éleveurs voisins et nous dégageons un week-end sur deux de repos et au moins quinze jours de vacances par an » dans les Côtes-d’Armor

Dans les Côtes-d’Armor, Emmanuelle, Stéphanie, Florian et Ludovic s’entraident entre leurs deux fermes pour pouvoir se dégager un week-end de repos sur deux ainsi qu’une quinzaine de jours de vacances par an.

<em class="placeholder">De gauche à droite : Florian et Stéphanie Morel avec Emmanuelle et Ludovic Billard.</em>
De gauche à droite : Florian et Stéphanie Morel avec Emmanuelle et Ludovic Billard.
© L. Billard

« C’est un vrai bol d’air. Couper le réveil le dimanche matin, se balader le samedi après-midi au bord de mer avec les enfants sans se dire qu’on doit rentrer pour la traite : c’est un vrai luxe ! », savoure Florian Morel, installé à Plémet dans les Côtes-d’Armor, où travaille également sa femme Stéphanie.

Depuis cinq ans, avec une exploitation voisine tenue par Emmanuelle et Ludovic Billard à Laurenan, ils ont mis en place une organisation d’entraide qui leur permet de se dégager un week-end de repos sur deux, ainsi qu’une quinzaine de jours de vacances par an. « Au début, cela nous faisait presque bizarre d’avoir du temps libre, on culpabilisait presque. Mais ce sentiment passe très vite ! », ironise Florian.

Deux exploitations voisines basées sur l'herbe

Avec une cinquantaine de vaches, une soixantaine d’hectares et des systèmes assez autonomes basés sur l’herbe, les deux fermes sont comparables, voisines de 6 kilomètres et toutes deux adhérentes chez Biolait.

Au début, l’arrangement est pris pour le samedi soir et le dimanche matin. « Mais très vite on a ajouté le dimanche soir », glissent Florian et Ludovic.

Accroche : « C’est de la confiance, il n’y a pas d’histoire d’argent »

Concrètement un week-end sur deux, un couple s’occupe de l’astreinte pour les deux exploitations. Puis, vice versa. Un week-end, Ludovic va traire à Plémet, chez Florian et Stéphanie qui sont en repos. Emmanuelle reste sur sa ferme à Laurenan. Le week-end suivant, c’est l’inverse : Florian va à Laurenan chez Emmanuelle et Ludovic, en repos. Stéphanie reste traire à Plémet. Les deux exploitations ont aussi l’habitude d’échanger du matériel, s’aider lors de coups de bourre, etc.

« Nous ne sommes pas rigides sur l’organisation, témoigne Ludovic. Selon les besoins, on peut ajouter le samedi matin. Ce n’est pas non plus exactement un week-end sur deux. Deux, trois fois par an, on se retrouve devant le calendrier et on cale les week-ends, en fonction des besoins. On fait le décompte du nombre de traites et on cherche à équilibrer le planning. »

« Et si une invitation tombe au dernier moment, on ne s’interdit pas de les appeler pour un jour ou deux. Ni de décaler le planning. On s’est toujours dit que si besoin, on pouvait s’adapter », confirme Florian.

Prendre les décisions nécessaires pour l’autre en autonomie

Les tâches à réaliser sont la traite et déplacer les animaux sur les pâtures. Le planning de pâturage est établi à l’avance et les consignes sont passées. Bien sûr, il y a parfois des aléas. « Comme nous sommes tous les deux agriculteurs, on est en confiance totale, apprécie Ludovic. Ça change tout. Il est autonome pour prendre les décisions et n’a pas besoin de m’appeler pour les prendre. »

« Je confie ma boutique à Emmanuelle et Ludovic. Ils la connaissent et la gèrent comme si c’était la leur, témoigne Florian. S’il y a un pépin, on ne s’appelle pas. On prend la décision comme si c’était chez nous et c’est très bien comme ça. Cela peut être juste ajusté le fil avant en fonction de la pousse, appeler le véto, ou changer une roue crevée. »

C’est là le fondement de leur système d’entraide : les décisions nécessaires sont prises en toute autonomie pour l’autre exploitation qui n’est pas la sienne. Ceux de repos le sont vraiment : aucun appel impromptu !

Plus de travail mais du vrai repos en échange

« Lorsque l’on fait appel à des salariés, ils ne connaissent pas la ferme. En termes d’autonomie, c’est plus limité. Il faut tout montrer. Là, s’il y a besoin d’aller chercher une vache en pleine nuit, aucun souci ! », apprécie Florian.

« Cela peut faire beaucoup de gérer deux fermes simultanément mais cette quiétude mentale lorsqu’on n’est pas de garde, elle coûte très cher et on est prêt à faire des efforts pour l’avoir », assure Ludovic. Même son de cloche à Plémet : « On est presque content d’être dans l’autre ferme car on sait que l’on va récupérer. »

Seul hic à l’organisation : « Il ne faudrait pas que l’on soit invité au même endroit », plaisante Ludovic.

Les plus lus

<em class="placeholder">Éleveurs devant l&#039;installation de traitement des eaux de pluies </em>
« Nous traitons l’eau de pluie pour abreuver nos vaches », dans le Doubs

Le Gaec de La Vie, dans le Doubs, s’est équipé d’un système de filtration des eaux de pluie pour abreuver les vaches…

<em class="placeholder">David Cartron dans une parcelle de maïs impactée par la sécheresse</em>
Sécheresse : « La priorité, c’est de trouver du maïs et de préparer les stocks 2027 », en Vendée

En Vendée, la sécheresse et les périodes de canicule ont fortement impacté la constitution des stocks de fourrage. Pour tenir,…

Deux cas d'orthobunyavirus formellement détectés en Normandie

Jusqu'à présent principalement identifié dans l'Est de la France ainsi qu'en Suisse et en Allemagne, l'orthobunyavirus vient d…

Une prairie temporaire en Isère, avec de la chicorée
Sécheresse : « Même si les prairies grillées commencent à reverdir, ne redémarrez pas trop tôt le pâturage »

A partir de quand peut-on remettre des vaches au pâturage après des mois de chaleur et de sécheresse qui ont grillé les…

<em class="placeholder">Joris Soenen, éleveur laitier dans une prairie dans laquelle du stock sur pied a été réalisé</em>
Sécheresse : « Le stock sur pied et le sorgho m’ont permis de maintenir du pâturage jusqu’au 15 août », dans l’Eure

La production de fourrage de Joris Soenen a été impactée par l’année de sécheresse exceptionnelle, l’obligeant à acheter du…

<em class="placeholder">nurserie pour les veaux ouverte avec toit isolé</em>
Des nurseries confortables pour les veaux et l’éleveur en sept points clés
Ventilation naturelle, blocs dédiés par classe d’âge… Les préconisations pour le logement des veaux de la naissance au sevrage…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière