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Assurance prairies : « Tous les hectares de prairies, assurés ou non, peuvent bénéficier d’une indemnité en cas de pertes de rendement de plus de 30 % »

Face à un épisode de sécheresse qui continue de s’étirer dans le temps sur la majeure partie de la France, les pertes de rendement fourrager, en herbe comme en maïs, risquent d’être importantes. Qu’espérer de l’assurance prairies ? On fait le point avec Jean-Michel Geeraert, directeur du Marché de l’agriculture et de la prévention chez Pacifica.

<em class="placeholder">Bovins lait / sécheresse / prairie desséchée / troupeau laitier au pâturage en Poitou-Charentes</em>
Pour l’assurance prairies, les pertes seront calculées à partir des déficits de pousse d’herbe cumulée entre février et octobre.
© C. Pruilh

 

 
<em class="placeholder">Jean-Michel Geeraert, directeur du Marché de l’agriculture et de la prévention chez Pacifica</em>
Jean-Michel Geeraert, directeur du Marché de l’agriculture et de la prévention chez Pacifica: « 10 % des surfaces en herbe sont assurées avec une assurance prairies complémentaire à l’indemnité de solidarité nationale (ISN) ». © Pacifica

La sécheresse que connaît la France est exceptionnelle par son intensité et sa durée. Quelle est la situation pour l’assurance prairies ?

La situation s’aggrave de semaine en semaine. Fin mai, 8 % de nos contrats dassurance prairies affichaient des pertes supérieures à 20 %. Fin juin, c’était 27 % des exploitations assurées chez nous. Pour fin juillet, on s’attend que cela soit pire. C’est du jamais vu. Nous connaîtrons les prochains indices, qui sont mensuels, à la mi-août.

Quelles démarches doivent réaliser les éleveurs couverts par une assurance prairies complémentaire auprès de leurs assureurs ?

Aucune démarche. C’est la spécificité de l’assurance prairies qui n’oblige pas l’éleveur à déclarer son sinistre. En revanche, chaque mois comme pour toute assurance indicielle, Pacifica mesure l’évolution de la pousse de l’herbe de tous les éleveurs et c’est ce qui permet d’en déduire s’ils pourront, ou non, prétendre à une indemnité.

De plus, nous encourageons tous les éleveurs, assurés ou non, à suivre l’évolution de l'indice de pousse des prairies de leur exploitation.

« La sécheresse actuelle, c’est du jamais vu »

Et pour les éleveurs qui ont choisi de ne pas souscrire une assurance prairies complémentaires ?

Chaque année, avec la déclaration PAC, les éleveurs doivent désigner un interlocuteur agréé. C’est cet assureur qui sera le gestionnaire du versement de l’indemnité de solidarité nationale auprès de l'éleveur. En 2025, nous étions l’interlocuteur agréé de 48000 exploitations non assurées. Parmi elles, 16000 ont reçu une indemnisation.

Quand auront lieu les indemnisations ?

Habituellement, les indemnisations sont versées du 20 novembre au 20 janvier, quand la campagne de pousse de l’herbe est finie. Face à la situation dramatique que vivent les éleveurs, Pacifica a décidé de verser des acomptes d’ici la fin de l’été, pour aider les éleveurs en termes de trésorerie.

Comment sont calculés les montants d’indemnisations de l’assurance prairie ?

La prise en charge et la franchise diffèrent selon que l’exploitant a ou non souscrit une garantie complémentaire. Lorsque le niveau de pertes est inférieur à 30 %, le mécanisme de la solidarité nationale ne se déclenche pas et l’éleveur demeure son propre gestionnaire.

Lorsque l’éleveur a souscrit un contrat d’assurance avec une franchise au choix entre 10 %, 15 % ou 20 %, alors nous indemniserons l’éleveur dès que les pertes dépassent la franchise choisie. Au-delà de cette franchise la totalité des pertes est prise en charge.

En l’absence d’assurance prairies, le taux de prise en charge des pertes, au-delà du déclenchement de 30 %, sera de 31,5 % en 2026. Puis il est dégressif : 28 % en 2027 puis 24,5 % en 2028.

Concrètement quels sont les montants que les exploitants peuvent toucher ?

Le capital, accordé par le barème des pouvoirs publics, est de 900 euros par hectare de prairie.

En prenant le cas extrême de 100 % de pertes, l’indemnisation pour une exploitation assurée avec une franchise de 20 % serait de 720 euros par hectare (100 % de pertes – 20 % de franchise = 80 % de 900 euros).

Si l’exploitation n’est pas assurée, la quotité indemnisable est de 70 % avec la prise en compte des pertes au-dessus de 30 % uniquement. Le taux de prise en charge est de 31,5 % en 2026. Dans ce cas de 100 % de pertes, l’indemnité sera de 198 euros (70 % de pertes indemnisables au taux de 31,5 %, soit 22 % du capital de référence de 900 euros par hectare).

Comment cela se passe-t-il pour l’assurance récolte des maïs ?

Le mécanisme n’est pas le même. Il n’est pas basé sur un indice. Si l’agriculteur est assuré, un expert doit se rendre sur place pour évaluer les dégâts, avant de pouvoir procéder à la récolte. Notamment si du maïs grain sera finalement orienté vers l’ensilage. Pour les maïs, déjà 60 % de nos assurés ont déclaré un sinistre.

Si l’exploitant n’a aucune culture assurée, et pas d’interlocuteur agréé désigné, il devra se tourner vers sa DDT.

Côté éco

« L’assurance des prairies est particulièrement accessible : après subvention, le reste à charge pour l’agriculteur est de l’ordre d’une dizaine d’euros par hectare, avance le ministère de l’Agriculture dans le document L’assurance indicielle des prairies - Campagne 2025. Ce niveau peut varier selon les conditions de l’assureur, les garanties souscrites, la zone géographique et le niveau d’exposition au risque. » Depuis la réforme de l’assurance prairies, le taux de subvention des cotisations d’assurance est de 70 % à partir d’une franchise de 20 %.

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