Réussir lait 13 novembre 2014 à 08h00 | Par Bernard Griffoul

Vers un prix du lait AOP en Auvergne

Les entreprises d’Auvergne ont accepté d’établir un prix du lait spécifique pour la part destinée aux AOP. Mais sa pérennisation dépendra du bon vouloir de la grande distribution.

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Le prix AOP sera connecté au prix des fromages et non 
à la valorisation beurre-poudre.
Le prix AOP sera connecté au prix des fromages et non à la valorisation beurre-poudre. - © Conseil Général du Puy-de-Dôme

Après la cotisation volontaire obligatoire en 2009 et une prime depuis 2013, un prix du lait spécifique pour les AOP est en train de voir le jour en Auvergne. Insatisfaits des systèmes de complément de prix, les producteurs, via la section AOP de la Frsea Massif central présidée par Michel Lacoste, ont réussi à convaincre la majorité des entreprises de mettre en place « un prix du lait AOP connecté au prix des fromages et non à la valorisation beurre-poudre. Pour 2014, nous avons formulé une revendication syndicale d’un prix de base d’au moins 380 euros. » Environ 90 % du lait destiné aux AOP sera payé sur cette base.


« Les volumes AOP progressent régulièrement »


Pour 2015, les choses s’annoncent plus complexes. Les producteurs demandent un maintien de ce niveau de prix. Mais, les perturbations des marchés laitiers incitent la grande distribution à négocier des baisses de tarifs des fromages. Ce que n’acceptent pas les producteurs auvergnats . « Malgré la crise, depuis deux ans, les fromages AOP d’Auvergne ne se sont jamais vendus aussi cher et les volumes progressent régulièrement », indique Michel Lacoste. Ils sont rentrés de nouveau en contact avec les transformateurs pour qu’ils « s’engagent plus fermement ». Mais aussi avec la grande distribution pour expliquer qu’une baisse du prix des fromages n’est pas acceptable. Des discussions sont programmées avec les différentes enseignes. « Nous avons eu une écoute assez positive chez certains. Nous sommes dans une logique de construction. » Mais la Frsea n’exclut pas de revenir « à de l’action syndicale pure et dure si elle n’arrive pas à se faire entendre. »
Toute la difficulté de la démarche vient du fait qu’elle ne peut plus se discuter dans un cadre collectif. « Nous négocions en bilatéral avec chaque entreprise en faisant le lien avec les OP pour le privé, détaille Michel Lacoste. Nous avons réussi à convaincre la quasi totalité d’entre elles de rentrer dans une démarche de prix du lait spécifique. Nous aimerions trouver une solution pour officialiser un peu plus leur positionnement sans risquer une quelconque amende. Mais nous n’avons aucun appui des pouvoirs publics dans ce sens. » Le contexte a changé dans la filière auvergnate depuis l’arrivée de Sodiaal, suite à la reprise du groupe 3A. Désormais leader des AOP fromagères d’Auvergne, le groupe coopératif est devenu « une référence pour les autres entreprises sous AOP ». Mais, aujourd’hui, chacun attend le 28 février pour savoir si les grandes enseignes auront compris que « l’avenir des producteurs auvergnats est entre les mains de la grande distribution. »

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