Réussir lait 20 janvier 2015 à 08h00 | Par Costie Pruilh

Vêlage précoce, qu’est-ce qui coince ?

Une enquête et des analyses de données belges démontrent que le vêlage entre 22 et 26 mois est gagnant, et expliquent les freins au vêlage précoce.

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Un premier vêlage entre 22 et 26 mois d’âge serait réalisable dans de nombreuses exploitations et compatible avec une très haute production laitière.
Un premier vêlage entre 22 et 26 mois d’âge serait réalisable dans de nombreuses exploitations et compatible avec une très haute production laitière. - © Franck Mechekour

« Un premier vêlage entre 22 et 26 mois d’âge est réalisable dans de nombreuses exploitations et compatible avec une très haute production laitière. L’intérêt économique indéniable (environ 150 euros de gain par animal par rapport à des vêlages plus tardifs), et la conséquence positive en termes de travail ne sont plus à démontrer. Cette pratique nécessite de bien maîtriser les étapes et points critiques : hygiène pour les soins aux nouveau-nés, alimentation adaptée, gestion du parasitisme et conditions de logement adaptées aux besoins des veaux. La mesure des animaux pour vérifier leur aptitude à vêler précocement peut être une difficulté dans certains élevages qui font pâturer les génisses au loin », a résumé Eric Froidmont, du Centre wallon de recherches agronomiques, en Belgique, lors d’une journée organisée par l’Association française des techniciens de l’alimentation et des productions animales.

 

- © Infographie Réussir

Une alimentation déficitaire en énergie


Une enquête a eu lieu sur trente fermes volontaires, en huit passages sur deux ans, soit 704 génisses mesurées, et 4000 données de tour de poitrine. « Seules cinq exploitations ont des problèmes de croissance du jeune bétail, ne leur permettant pas de faire du vêlage précoce ; ce qui peut s’expliquer par le fait que ce sont les élevages les plus motivés qui participent aux enquêtes. Sur ces cinq élevages, l’âge moyen au premier vêlage va de 27 à 33,7 mois », indique Eric Froidmont.

Où cela coince-t-il ? Dans les trente élevages, les conditions de logement (volumes d’air, surface disponible, ventilation) ne présentent pas de gros problèmes. Il n’y a pas de lien entre les défauts des conditions de logement constatés chez certains et les tours de poitrine et âges au vêlage.

La gestion du parasitisme n’est pas optimale. Dans deux tiers des exploitations, pas d’immunité, des traitements systématiques et des utilisations d’antiparasitaires inappropriées sont relevés. Pourtant, cela ne semble pas avoir d’effet néfaste sur le développement des animaux et leur capacité à vêler à 24 mois.

Le point critique semble être l’alimentation hivernale. Selon l’enquête, une alimentation déficitaire en énergie expliquerait les retards de développement des jeunes animaux dans les cinq exploitations « à problèmes ».

- © Infographie Réussir

Une production par jour de vie maximale avec des vêlages 22-26 mois

Une autre analyse porte sur des données régionales, relevées sur 412 000 animaux nés entre 1990 et 2010. « Premier constat : 26 % des animaux n’atteignent pas le deuxième vêlage ! », pointe Eric Froidmont.

On maximise la production par jour de vie avec des vêlages à 22-26 mois, avec 12,5 kg de lait par jour de vie. La durée de lactation est maximale avec 1 287 jours, pour 2 228 jours de vie. « La production laitière est pénalisée par des vêlages très précoces, de 18 à 22 mois, mais c’est sans doute parce que le développement de la génisse est insuffisant (lié aux pratiques d’élevage). » Les vêlages tardifs affichent de piètres résultats, avec notamment 10,5 kg de lait par jour de vie pour des vêlages à 30-34 mois.

Eric Froidmont rappelle quelques objectifs et points clés de la réussite. « On va chercher à maximiser la croissance sans engraissement (plus de 900 g/j mais moins de 1 100 g/j) avant la puberté (avant 6 mois). Tout retard à cette période ne se résorbera jamais. L’objectif est une croissance modérée (moins de 800 g/j), entre 7 et 12 mois. Et une reprise progressive de la croissance après la puberté. Un GMQ trop faible affecte la cyclicité."

Les recommandations en tour de poitrine à atteindre sont 95 cm à 10 semaines, 106 cm à 3 mois, 128 cm à 6 mois, 143 cm à 9 mois, 158 cm à 12 mois, 169 cm à 15 mois (et 400 - 425 kg de poids vif), etc. (références de l'Institut de l’élevage).

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