Réussir lait 31 mars 2017 à 08h00 | Par François d’Alteroche

Un Veau de grain pour valoriser des veaux laitiers

La société Soviber veut prendre la place de la viande néerlandaise sur le marché de la RHF, grâce à sa nouvelle marque Veau de grain.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le Veau de grain concerne uniquement des mâles à raison de deux tiers de Holstein et un tiers de Montbéliard.
Le Veau de grain concerne uniquement des mâles à raison de deux tiers de Holstein et un tiers de Montbéliard. - © F. d'Alteroche

La viande de veau utilisée en restauration hors foyer (RHF) est souvent importée des Pays-Bas. Elle correspond à des veaux pour lesquels la part de l’alimentation lactée est limitée. Après sevrage, la ration d’engraissement inclut une part de fourrages et en particulier d’ensilage de maïs, de façon à réduire les coûts de production. Pour être à même de proposer un produit susceptible de prendre la place des Néerlandais (plutôt que cette viande néerlandaise), Soviber, la filiale « veau » du groupe coopératif Sicarev a mis en place avec Vitagro, sa filiale production, un produit appelé Veau de grain, dans le cadre d’une marque d’entreprise.

Il correspond à des veaux produits en intégration. Les animaux arrivent dans les élevages partenaires à environ trois semaines et partent à l’abattoir à 29 semaines. Ils bénéficient jusqu’à sept semaines d’une alimentation à base de lait reconstitué similaire à celle de génisses laitières. Un aliment solide leur est simultanément proposé. Il se compose de deux tiers maïs grain entier et un tiers concentré, lequel est un complémentaire à 32 % pour un mélange final à 18 % de protéines. « Le maïs grain favorise la salivation avec des pertes à l’auge plus limitées comparativement à un maïs concassé. Pas question en revanche d’utiliser une autre céréale, » précise Denis Wach, directeur de Vitagro.

Une quarantaine d’ateliers intégrés pour un total de 10 000 places

Cette production concerne uniquement des mâles à raison de deux tiers de Holstein et un tiers de Montbéliard. L’éleveur fournit les bâtiments, la paille et le travail. Vitagro les veaux, la poudre de lait et le mélange maïs + aliment et assure la planification des arrivées et des départs et le suivi technique. Les animaux sont abattus par lots entiers à âge fixe.

Cette production intégrée permet d’avoir une alimentation identique dans toutes les exploitations avec à la clé des carcasses régulières. Les premiers essais visant à produire ce type d’animaux datent de 2002, mais ce produit a démarré en 2010. Il concerne actuellement 250 têtes par semaine abattues à Saint-Étienne dans la Loire. La Soviber veut mettre les bouchées doubles et développer la production en Auvergne-Rhône-Alpes.

« Notre itinéraire technique de production est désormais bien calé et n’a pas d’équivalent sur le territoire français. Le Veau de grain n’a rien à voir avec du veau blanc engraissé avec seulement du lait reconstitué », explique Renaud Giraud, responsable approvisionnement de Soviber. Ces animaux ont longtemps été dénommés en interne « veaux rosés » compte tenu de leur couleur de viande, forcément plus soutenue que celle de veaux engraissés avec une alimentation 100 % lactée. « Le Veau de grain répond à un segment de marché précis », précise Ludovic Paccard, directeur filière bœuf et veau du groupe Sicarev. « Ce produit est d’abord destiné à la restauration collective (cantines d’écoles, d’hôpitaux, de lycée…). »

« Pour les éleveurs, le développement de cette activité assure des débouchés pour l’activité veaux naissants, sécurise l’approvisionnement de Soviber et propose une alternative de production dans un système sécurisé par l’intégration, affirme Philippe Dumas, président de Sicarev. Cette production se démarque par son accessibilité lors de l’installation de jeunes éleveurs, car elle ne nécessite pas d’agrandissement de surface. » Elle doit être analysée comme une diversification pour utiliser des bâtiments jusque-là inoccupés. Et nécessite une bonne technicité, en particulier les premières semaines.

Une marge brute autour de 110 €/tête

Le sevrage a lieu à sept semaines. Jusqu’au départ à l’abattoir, l’alimentation repose sur un seul aliment (le même que l’aliment avant sevrage : deux tiers maïs, un tiers concentré) disponible à volonté associé à une paille appétente.

Le temps de présence sur les élevages est de 26 semaines au cours desquelles chaque veau consomme en moyenne 25 kilos de poudre de lait et 900 kg d’aliment solide avec des besoins en paille (litière + paille alimentaire) estimés à 350 kilos/tête. Le GMQ moyen est annoncé à 1 350 grammes sur la période d’engraissement pour un poids carcasse objectif de 150 à 160 kilos. Côté rémunération, la marge brute par animal est annoncée autour de 110 €/tête.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Avez-vous installé une brosse dans votre stabulation pour le confort des vaches ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui