Réussir lait 20 mars 2018 à 10h00 | Par Véronique Bargain

Un GIEE pour valoriser des déchets verts

Dans le Morbihan, une communauté de communes et le groupe de développement agricole Sem’Agri ont créé un partenariat pour la valorisation par les agriculteurs du compost de déchets verts produit sur le territoire.

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Le partenariat a renforcé et amélioré les relations avec la communauté de communes et les élus.
Le partenariat a renforcé et amélioré les relations avec la communauté de communes et les élus.
Le partenariat a renforcé et amélioré les relations avec la communauté de communes et les élus. Le partenariat a renforcé et amélioré les relations avec la communauté de communes et les élus. - © Sem'Agri

Des groupes de vulgarisation agricole du Morbihan, aujourd’hui regroupés sous le nom Sem’Agri, et la communauté de communes de Questembert travaillent depuis dix ans sur le recyclage et la valorisation locale des déchets. En 2006, la communauté de communes souhaitant valoriser localement les déchets verts des déchetteries, un test de compostage et valorisation par les agriculteurs est lancé. « Au départ, le compost n’était pas criblé et il y avait des résidus de plastique et métaux », se rappelle Catherine Taveau, des chambres d’agriculture de Bretagne, animatrice de Sem’Agri. Peu à peu, une organisation satisfaisante est trouvée.

Depuis 2010, deux enlèvements par an de compost sont organisés par Sem’Agri et le service « environnement » de Questembert Communauté, en mars et octobre. La communauté de communes a investi dans une plateforme bétonnée et finance une entreprise qui broie les déchets, crible trois fois le compost et le charge avec une pelle mécanique. Avant chaque enlèvement, la teneur en éléments fertilisants et métaux lourds est analysée, pour répondre au cahier des charges de l’agriculture biologique et pour intégration dans les cahiers de fertilisation. À chaque enlèvement, 3 000 à 5 000 m3 de compost sont enlevés par une quinzaine d’agriculteurs, essentiellement des éleveurs laitiers. Pour en bénéficier, l’agriculteur doit être adhérent de Sem’Agri et être situé sur la communauté de communes, si possible à moins de 10 kilomètres de la plateforme pour limiter les coûts et le temps de transport.

Le compost est enlevé par les agriculteurs eux-mêmes ou par un prestataire. Il est en général mélangé à du fumier et épandu avant maïs ou sur des pâtures. « Les résultats sont plutôt positifs, rapporte Catherine Taveau. Le ressenti est que le compost améliore la structure des sols, notamment humides. De plus, comme il est considéré comme un amendement, il n’entre pas dans le calcul du plafond d’azote organique, même s’il doit être noté dans le plan de fumure. Il reste par contre parfois quelques résidus de plastique, ce qui peut poser problème sur les pâtures. Des agriculteurs ont aussi l’impression qu’ils ont plus d’adventices depuis qu’ils apportent du compost. Enfin, bien que le compost soit gratuit, il y a le coût du transport et le temps passé. »

Analyser l’impact sur les sols

Pour analyser précisément l’impact du compost sur les sols, dix agriculteurs ont donc monté un GIEE, agréé par la DRAF en 2015, intitulé « Traitement des déchets verts des collectivités par la valorisation agricole, un exemple d’économie circulaire ». L’objectif est de suivre l’évolution sur cinq ans des sols sur lesquels du compost de déchets verts est apporté.

Les données physiques, chimiques et l’activité biologique des sols ont été analysées en 2016 et seront suivies pendant cinq ans. Des comparaisons seront faites entre parcelles sèches et parcelles humides, pour évaluer l’impact du compost sur la structure des sols, entre du compost bâché et non bâché, et pour déterminer l’intérêt du bâchage pour la montée en température et l’élimination des graines d’adventices. Enfin, les agriculteurs étudieront l’impact économique de l’utilisation du compost : réduction ou non des engrais, coût du transport, de l’épandage.

Malgré la reconnaissance du GIEE, le groupe n’a toutefois pas obtenu le financement de l’animation et des actions prévues, ce qui va limiter le nombre d’actions. Sem’Agri souhaiterait aussi essaimer sur d’autres communautés de communes. « Pour la communauté de communes, le coût est le même que si les déchets verts sont exportés, note toutefois Catherine Taveau. Il faut une volonté politique des élus sur un territoire pour monter un tel projet. »

Des volumes en hausse

Les déchets verts portés en déchetterie sont surtout des tontes de pelouse et des tailles de haie. Avec l’interdiction faite aux particuliers depuis le 1er janvier 2014 de brûler des déchets verts, les volumes sont en hausse. En 2018, un troisième enlèvement de compost sera donc organisé, sans doute début juillet. A chaque enlèvement, les membres du GIEE sont prioritaires et peuvent enlever des quantités plus importantes (300 m3 au lieu de 200 m3 pour les autres agriculteurs). En tout, une vingtaine d’agriculteurs bénéficient aujourd’hui du compost.

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