Réussir lait 07 mars 2014 à 08h00 | Par A. Conté d'après le dossier annuel bovin lait de l'Institut de l'élevage

Revenu 2013: un léger mieux pour les spécialisés

Estimations sur les exploitations des Réseaux d’élevage des chambres d'agriculture. L’augmentation du prix du lait au second semestre permet une progression du revenu. Celle-ci est limitée par le contexte de charges toujours élevé.

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- © A. Conté

L’Institut de l’élevage a comme chaque année établi des estimations du revenu 2013 à partir de 250 exploitations laitières issues des Réseaux d’élevage des chambres d'agriculture. Il s’agit d’une estimation du résultat courant avant impôt et cotisations sociales (RCAI). L’objectif est d’évaluer l’impact de la conjoncture sur les systèmes de production à partir d’indices de prix et de volumes de lait appliqués sur les postes de charges et de produits de l’année 2012.

Les dates de clôture comptables sont comprises entre le 30 septembre 2012 et le 31 mars 2013. Voici les grandes tendances extraites du nouveau dossier annuel bovin lait (1).

Laitiers de plaine spécialisés : légère hausse du revenu

Ces systèmes, dans les réseaux d’élevage, sont surtout présents sur la façade Ouest (du Sud-Ouest à la Normandie) et dans le Nord et Nord-Est. Le maïs compte régulièrement pour plus de 30 % de la SFP. En 2013, l’augmentation du prix du lait à partir du mois de juin a été bénéfique sur le résultat courant avant impôt (32800 €/UMO). Il progresse de 9% par rapport à celui de 2012, fortement pénalisé par la baisse du prix du lait combinée à l’augmentation des coûts de production.

Mais il reste en retrait par rapport à 2010- 2011. Cette moyenne cache des écarts entre zones climatiques. Sur le premier semestre, les livraisons sont en baisse dans toutes les régions en raison de la qualité des ensilages de maïs 2012, du printemps 2013 froid et humide, du prix du lait bas et des concentrés chers. Elles se redressent sur le dernier trimestre grâce aux bons maïs 2013, à la hausse du prix du lait et aux allocations supplémentaires.

Lait et viande bovine : un contexte de prix plus favorable

L’amélioration du revenu est due à la progression du prix du lait et de la viande bovine. L’augmentation des produits des deux ateliers est supérieure à l’augmentation des charges qui ont continué à progresser. On retrouve ses systèmes en Pays de Loire, Lorraine, Normandie, Picardie, Bretagne…, avec des troupeaux de vaches allaitantes, parfois des boeufs ou taurillons. Le résultat courant avant impôt progresse de 14 % pour atteindre 42 300 €/UMO.

Lait et cultures de vente : baisse des revenus

La détérioration est essentiellement due à la baisse de 10 à 20 % des prix des céréales et des oléagineux, après les records de 2012. L’atelier grandes cultures représente 30 à 40 % du produit hors aides. Les rendements sont en hausse dans le Nord et l’Est, et en baisse dans le Centre, l’Ouest et le Sud-Ouest. Les livraisons de lait peinent à atteindre les droits à produire (saturation des bâtiments, qualité des fourrages, manque de vaches…). Malgré tout, le produit lait augmente de 7% grâce au prix du lait. Côté charges, la mauvaise qualité des fourrages a conduit à complémenter davantage. Au final, le résultat courant avant impôt (42200 €) baisse de 20 %, tout en restant supérieur à celui des systèmes spécialisés.

En montagne : des revenus très inférieurs à la moyenne

Les élevages de montagne ont été pénalisés par le printemps 2013 froid et humide, avec une pousse de l’herbe très tardive et des ensilages réalisés dans de mauvaises conditions. Dans les zones herbagères d’altitude du Massif central et des Vosges, les aléas climatiques pèsent sur le revenu depuis 2010. Les baisses de livraisons en 2013 sont estimées à 3% (trésoreries tendues, prix élevé de l’aliment). En 2013, malgré une progression de 8 %, le résultat reste en dessous de la barre de 20 000 €/UMO.

Sur les bordures Est et Sud du Massif central et les piémonts alpins et pyrénéens, les sytèmes maïs-herbe de moyenne montagne voient leur revenu repartir à la hausse sans pour autant repasser la barre des 20 000 €/UMO. Les stocks sont de qualité inférieure à la normale et le volume de lait produit évolue peu: la majorité a renoncé à faire des achats suplémentaires de concentré.

En Franche-comté, 2013 est la troisième année consécutive de diminution des revenus. Malgré tout, ces exploitations herbagères dont le lait est valorisé en AOP résistent : le résultat (41 000 €/UMO) reste comparable à celui des élevages de plaine.

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