Réussir lait 22 août 2005 à 09h53 | Par A. C.

Prairies - Méfiez-vous de l´agrostis stolonifère !

Sous un air inoffensif, cette graminée peut expliquer un bon nombre d´échecs de semis.

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La nature est ainsi faite : chaque plante a développé une astuce pour se faire sa place au soleil. « Le « truc » de l´agrostis stolonifère est de profiter des conditions extrêmes pour se développer ; quand les conditions deviennent trop difficiles pour les autres espèces (chaleur, sécheresse, inondations, manque de fertilisants, surpâturage etc...), elle explose en lançant ses stolons parfois sur plusieurs mètres, affirmait Bruno Osson, technicien développement du Gnis, lors du Salon de l´herbe dans les Vosges en juin dernier. C´est par exemple la seule espèce qui ait survécu pendant les quatre mois d´inondations exceptionnelles dans la Somme il y a quelques années. »
Agrostis Stolonifère ©A.C.

Des substances anti-germinatives
L´agrostis ne se contente pas d´être de faible valeur alimentaire ou la cause de problèmes sanitaires quand elle est consommée en grande quantité : ses stolons secrètent des substances anti-germinatives qui empêchent les plantes situées à proximité de se développer !
Elle est ainsi impliquée en proportion importante dans les échecs de semis ou sursemis de prairies. On le sait depuis peu grâce à des travaux de chercheurs suisses et français. « D´après des essais menés par l´Inra du Pin au Haras dans l´Orne, il y a préjudice à partir de 10 % de fréquence d´agrostis(1) dans une parcelle. Il est donc dans ce cas préférable de détruire chimiquement la prairie, et de la re-semer après avoir laissé passer l´hiver de façon à ce que les toxines aient disparu. »
Heureusement, l´agrostis stolonifère a son point faible : elle a peu de racines qui sont très superficielles. Avec deux-trois coups de herse et un bon coup de soleil sur les stolons, il est possible d´en venir à bout. Alors mieux vaut la repérer dans ses prairies avant qu´elle n´ait atteint le seuil fatidique de 10 % ! Il y a fort à parier qu´elle a profité de la sécheresse de 2003 pour coloniser bon nombre de prairies.
(1) Ce qui correspond à la présence d´agrostis une fois sur deux dans dix échantillons prélevés sur une surface de 1 à 2 hectares.
Pourl´identifier
Les signes caractéristiques :
 Préfoliaison (dernière petite feuille sortie) enroulée.
 Plante non velue.
 Absence d´oreillettes à la base des feuilles (petites pointes qui tentent de faire le tour de la tige).
 Feuilles courtes raides pointues et dressées.
 Développement à chaque noeud de petites racines qui sont des points d´ancrage.

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