Réussir lait 09 mars 2017 à 08h00 | Par E. Bignon

« Nous sommes tout juste au prix d'équilibre"

Agriculture de conservation. Le Gaec de la Huberdière a contrebalancé la baisse des prix en améliorant ses taux et en ajustant ses charges.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
VINCENT BOSSARD.
« Nous avons
réussi à passer
2016, c’est
encourageant
pour la pérennité
de notre
système. »
VINCENT BOSSARD. « Nous avons réussi à passer 2016, c’est encourageant pour la pérennité de notre système. » - © E. Bignon

"Nous ne devrions pas trop mal nous en sortir sur 2016, estime Vincent Bossard, l’un des trois associés du Gaec de la Huberdière en Vendée (100 vaches, 170 ha). Nous n’avons pas encore les résultats de l’exercice clos au 31 décembre, mais ils seront à peu près similaires à ceux de 2015."

L’EBE se chiffrait cette année-là à 40 000 €/UMO. « Nous sommes tout juste au prix d’équilibre. Nous n’avons pas réduit nos prélèvements privés car nous avons eu la chance de percevoir des rentrées d’argent régulières grâce à la vente d’une quarantaine de vaches de réforme. Nous devions les garder jusqu’en décembre 2015 en raison d’une DPI affectée à une augmentation de stocks animaux. »

Le prix du lait (298 €/1 000 l en moyenne sur 2016) se situe à peu près au même niveau que celui perçu en 2015 (305 €/1 000 l). La baisse du prix de base a été contrebalancée par de meilleurs taux, en particulier sur le dernier trimestre (44 de TB et 34 de TP), grâce à une bonne qualité des fourrages. Les primes qualité ont permis d’engranger 15 à 25 € supplémentaires aux 1 000 l (Lactalis). « Malheureusement, nous avons eu quelques pénalités butyriques. L’un des silos de maïs, un peu plus sec que d’habitude, a manqué de tassement, ce qui a pénalisé sa conservation. »

La production est en baisse de 5 % environ par rapport à l’année précédente, avec 800 000 litres livrés, en raison d’une situation un peu tendue en termes de stocks fourragers. Le pâturage d’automne a été écourté du fait de la météo et le rendement moyen en maïs fourrage a été de 9 t MS/ha même en irriguant, soit une baisse de 15 à 20 %. « Par contre la qualité est bonne (0,91 UFL, 32 % amidon). Et le méteil ressort à l’analyse à 0,99 UFL, 99 g/ kg MS de PDIE, 97 g/kg MS de PDIN. »

Différents leviers pour produire le lait le moins cher possible

Pour s’adapter à la conjoncture, le Gaec a cherché à produire le lait le moins cher possible. La quantité de concentrés a été diminuée de 15 g/1 000 l. Les vaches reçoivent 10 kg MS de maïs ensilage, 5 kg MS de méteil, du foin à volonté, 2 kg de VL 2 l à l’auge et une complémentation individuelle au DAC pour certaines vaches. Côté cultures, les associés ont recouru en 2016 à des semences fermières pour les 15 ha de blé. En maïs, leur choix a porté sur des semences non traitées (les prairies temporaires n’intègrent pas la rotation) et ils n’ont pas utilisé d’engrais starter.

Comme les années précédentes, les charges de mécanisation sont limitées du fait du semis direct et la fumure est réduite, se limitant sur maïs à 25 t de fumier par hectare. « À partir du printemps 2018, nous allons récupérer du digestat, dont l’effet fertilisant sera davantage profitable. Les quantités de digestat rétrocédées devraient permettre de saturer notre plan d’épandage et de réduire encore nos achats d’azote (5 à 10 t contre 25 t/an aujourd’hui). »

Le méthaniseur sera alimenté à 80 % par des effluents d’élevage et 20 % par des déchets issus d’industries agroalimentaires. Ce projet rassemble dix exploitations. « L’investissement est réalisé par une société spécialisée en énergie, nous ne sommes pas apporteurs de capitaux. » Le chantier doit démarrer au printemps. Enfin, les associés espèrent pouvoir sortir les vaches de bonne heure. Avec une nouveauté cette année, puisque le Gaec a augmenté la surface en prairies et redécoupé ses paddocks pour se lancer dans le pâturage tournant dynamique.

3 UMO
840 000 l de lait livrés
105 vaches à 8 200 kg (trois quarts
Prim’Holstein, un quart Brunes)
170 ha (blé, triticale, orge,
maïs irrigué, luzerne, prairies)
119 600 € d’EBE
31 % EBE/produits
Clôture au 31 décembre 2015.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Avez-vous installé une brosse dans votre stabulation pour le confort des vaches ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui