Réussir lait 09 mars 2017 à 08h00 | Par C.Pruilh

« Nous avons contenu la hausse de la complémentation"

Performance en montagne. Au Gaec du Claret, la mauvaise saison fourragère a entraîné une baisse de la production laitière malgré une hausse de la complémentation alimentaire.

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LILIAN GAILLARD. « La récolte 2016 est
un record en quantité d’enrubannage
et de foin, mais très médiocre pour le foin
et la première coupe d’enrubannage. »
LILIAN GAILLARD. « La récolte 2016 est un record en quantité d’enrubannage et de foin, mais très médiocre pour le foin et la première coupe d’enrubannage. » - © C. Pruilh

"Cette année fourragère 2016 n’est pas la pire que nous avons connue, mais pas loin, estime Lilian Gaillard, un des deux associés du Gaec du Claret, en Isère, à 1 000 mètres d’altitude (52 Montbéliardes, 88 ha tout herbe). Heureusement le pâturage s’est plutôt bien passé. Cet été, il y a eu de l’herbe quasiment tout le temps. Et les vaches sont rentrées vers le 12 novembre, à peu près à la même date que les autres années. Par contre, les génisses et les taries sont rentrées un peu plus tôt, avec l’arrivée de la neige. »

Pour l’enrubannage, la première coupe (juin) a été très mauvaise. « Il y a beaucoup de cellulose grossière et seulement 10 de protéines (15 à 16 habituellement). C’est bien pour faire ruminer, mais pas pour faire du lait. Heureusement, les 2e (fi n juillet) et 3e coupes (mi-septembre) ont donné des résultats similaires aux autres années, en quantité et qualité (18 de protéines) », décrit Lilian Gaillard.

Quasiment 1 kg de plus de colza pour les vaches

En tout, le Gaec a récolté 380 balles d’enrubannage : 220 de première coupe et 160 de 2e et 3e coupes.

Pour le foin, la récolte a démarré plus tard que d’habitude (début juillet au lieu du 20 juin) à cause des conditions climatiques. « On a battu tous les records en quantité, avec 760 bottes. Mais la qualité est très médiocre, le foin est très grossier. »

Le Gaec trie les balles pour que les vaches aient les meilleures. « Nous réservons aussi le meilleur foin pour les génisses de moins de neuf mois. Les génisses plus âgées ont le plus mauvais foin. Et les taries ont un peu de mauvais enrubannage et du foin. »

À partir de novembre, les vaches sont passées en ration hivernale, après 1,5 mois de transition alimentaire : 2 bottes d’enrubannage, 2 bottes de foin, un mélange céréalier (blé, orge, maïs) en granulé et du tourteau de colza en granulé. « Cet hiver, on distribue au DAC en moyenne 3 kg/VL de concentré céréalier (de 1 à 4 kg suivant la production des vaches) et 2,5 kg de concentré azoté (de 1 à 3,5 kg). Par rapport aux autres années, c’est quasiment 1 kg de plus de tourteau de colza par jour et par vache ! »

L’objectif du Gaec était de trouver un compromis entre maintenir une production laitière correcte et un bon état des vaches, et un coût de ration maîtrisé. « Si nous avions visé 7 000 l/vache comme d’habitude, les derniers litres auraient coûté cher. Cet hiver, nous sommes plutôt à 6 500 l/ vache. »

Le Gaec ne peut stocker que 5 tonnes de chaque concentré. Il achète à la coopérative ou à un négociant privé, et se fait livrer toutes les cinq semaines. « Heureusement, le prix du tourteau n’a pas augmenté (300 euros/t). »

Avec cette ration, les vaches produisent en moyenne 21 litres par jour, contre 23 habituellement. Il manque d’azote soluble dans la ration. Par contre, il y a de l’énergie, et les taux sont très bons. « Le troupeau affiche 34 de TP contre 32 habituellement, et 42 de TB contre 40 habituellement. Cela compense un peu la perte économique. Au-delà de 38-32, à chaque point de matière grasse supplémentaire, il y a 2,90 €/1 000 l de plus sur le prix du lait et 6,40 € à chaque point de matière protéique supplémentaire. Sur décembre, cela fait environ 1 000 euros de plus (10 % du prix payé au total), soit un prix net de 379,60 euros/1000 litres. »

La crise du prix du lait vous impacte t-elle ?

Nous ne sommes pas impactés par la crise du prix du lait. Notre coopérative Vercors lait transforme et valorise en fromages régionaux (AOP bleu du Vercors-Sassenage, IGP saint-marcellin, fromage à raclette…) à présent quasiment tout le lait qu’elle collecte (5,8 millions de litres).

Notre prix de base est fixé pour toute une année. En 2016, il était de 340 euros/1000 l. S’y ajoute le paiement des taux et de la qualité sanitaire. Chez nous, cela représente environ 35 à 40 euros/1000 l de primes.

Il y a aussi un retour sur les résultats de la coopérative. En 2016, nous avons touché 15 euros/1000 l de retour sur les résultats 2015.

2 UMO

52 Montbéliardes à 6 400 kg de lait

332 000 l de lait livrés

88 ha tout en herbe, dont 8 ha de prairies temporaires et 80 ha de prairies permanentes

322 €/1 000 l de prix d’équilibre, avec une rémunération des associés à 1,5 Smic.

Clôture 31 décembre 2015.

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