Réussir lait 04 avril 2006 à 10h25 | Par Costie Pruilh

Nord-Pas-de-Calais et Picardie - Pour les coopératives Sully et Elnor, le lait d´été plus rentable avec les nouvelles grilles de prix

Dans le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, les nouvelles grilles de prix du lait et les primes des coopératives Sully et Elnor rendent attractif le lait d´été dans certains systèmes.

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« Quelle amélioration de l´EBE peut-on attendre en modifiant sa période de vêlage ? » C´est à cette question que répond une étude menée par l´Institut de l´élevage, les EDE et contrôles laitiers du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie, à la demande des coopératives Elnor et Sully du groupe Sodiaal. Des modifications de périodes de vêlage sont simulées, par rapport à une situation initiale de vêlages d´été-automne, sur trois systèmes types couramment rencontrés dans le Nord de la France.
Un bonus supérieur avec des vêlages d´été
L´impact sur le prix du lait tient compte des grilles de paiement du lait, réécrites depuis 2004 pour favoriser le lait d´été. Il tient également compte des primes : la prime de Sully, qui favorise nettement la production de lait d´été, et la prime régularité d´Elnor, qui récompense une production régulière sur l´année. Sont également prises en compte la variation des taux et la valorisation de la viande. Du côté des charges, leur évolution dépend surtout du système initial. Enfin, c´est pour passer en vêlage de printemps (mars à juin) que la période de transition est la plus longue, au moins trois ans. Pendant cette période, le bilan économique est moins avantageux.
La situation de départ pour les deux systèmes polyculteur-éleveur est une période de vêlage été-automne (août à novembre). L´exploitation type retenue compte 47 vaches laitières (350 000 litres), 100 hectares, et dégage un EBE d´environ 85 500 euros.
Pour le premier système, polyculteur intensif de région à fort potentiel agronomique, le passage en vêlage de printemps (mars à juin) fait progresser l´EBE : + 3,6 % avec le système de paiement d´Elnor, + 1,7 % avec celui de Sully. L´augmentation des charges est plus que compensée par celle du prix du lait et de la viande. Les charges augmentent légèrement du fait de la diminution de la part pâturée et de l´augmentation des surfaces fauchées. Les vêlages d´été (juin à septembre) améliorent plus nettement l´EBE, surtout avec le système de paiement de Sully (+ 6,5 % pour l´EBE). Les modifications du système sont peu importantes et peuvent être mises en oeuvre sans difficulté majeure.
Dans les systèmes très pâturants, faire du lait d´été est peu cohérent. ©A. Conté

Moins de difficultés en système intensif
Pour le deuxième système, polyculteur semi-intensif de région mixte, le passage à des vêlages de printemps conduit à une hausse de 3,2 % de l´EBE avec Elnor, de 1,3 % avec Sully. Toutefois, le changement de système est conséquent, et peut conduire à des dérapages coûteux. Par exemple, le démarrage des lactations sur de l´herbe de printemps présente un risque d´amaigrissement excessif des vaches. En outre, la légère baisse de la production laitière, due à la fermeture des silos pendant deux à trois mois, nécessite des vaches supplémentaires. Comme dans le premier système, le passage à des vêlages d´été est plus intéressant pour améliorer l´EBE : + 6,8 % avec Sully et + 4,3 % avec Elnor. Les modifications du système fourrager pour les vaches et les élèves sont faibles.
Pour le système lait et boeufs de régions herbagères, la situation de départ est une période de vêlage qui va d´août à janvier. L´exploitation de référence élève 36 vaches (238 000 l) sur 36 ha d´herbe et 6 ha de cultures, et dégage un EBE de 38 200 ?.

En groupant les vêlages sur la période allant de février à mai, l´EBE est amélioré de 6,4 % (+ 4,6 % en comptant l´impact sur les charges sociales) avec le système de paiement d´Elnor. Par contre, avec Sully, la hausse de l´EBE est timide. Les changements de système sont importants, et les risques de dérapage sont les mêmes que pour le deuxième système. En groupant les vêlages sur la période allant de juin à septembre, l´intérêt économique est faible, malgré une très forte incitation par le prix du lait. Le coût alimentaire des vaches et des élèves augmente et le pâturage des vaches est sous-valorisé. En résumé, cette modification fait passer d´un système cohérent et économe à un système moins cohérent et plus coûteux.
Pour conclure, l´importance des gains espérés et la facilité de mise en oeuvre sont d´autant plus élevées que le système initial repose sur peu d´herbe pâturée. Et il sera plus facile de faire du lait d´été dans des systèmes associatifs disposant de suffisamment de main-d´oeuvre l´été.

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