Réussir lait 11 juillet 2018 à 08h00 | Par Véronique Bargain

Mieux détecter l’infestation par les poux

L’infestation des vaches laitières est souvent sous-évaluée. Un diagnostic précoce est possible pour pouvoir traiter en début d’hiver.

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La recherche en début d’hiver doit s’effectuer sur au moins huit vaches.
La recherche en début d’hiver doit s’effectuer sur au moins huit vaches. - © J. Devos

En France, quatre espèces de poux peuvent parasiter les bovins : Damalinia bovis, pou « broyeur » et Haematopinus eurysternus, Linognatus vituli et Solenopotes capillatus, poux « piqueurs ». « Leur présence en élevage laitier est souvent sous-évaluée et l’impact sur la production laitière est mal connu, a souligné Jacques Devos, vétérinaire, lors des journées nationales des Groupements techniques vétérinaires. Pourtant, la perturbation des animaux atteints n’est pas sans conséquences, avec du léchage et du prurit parfois intenses pouvant aboutir à des blessures et des surinfections. » Pour définir la prévalence des phtirioses (infestations par les poux) et rechercher une méthode de diagnostic utilisable en élevage, une étude a été réalisée dans le cadre d’une thèse à VetAgroSup de Lyon sur 20 élevages laitiers des Monts du Lyonnais, entre décembre 2016 et février 2017.

Jacques Devos, vétérinaire : «Les traitements doivent être effectués sur tous les animaux avec les produits pour-on adaptés. »
Jacques Devos, vétérinaire : «Les traitements doivent être effectués sur tous les animaux avec les produits pour-on adaptés. » - © V. Bargain

Un examen visuel du troupeau a d’abord été effectué pour attribuer une note globale sur les signes cliniques évocateurs (hirsutisme, léchage, dépilation plus ou moins sévère). Puis, huit vaches, en priorité celles présentant des signes cliniques évocateurs, ont été peignées avec un peigne à puce (peigne à chien). Chacune a été peignée 10 fois sur cinq zones : tête, garrot, dos, creux du flanc d’un côté et creux de l’ischium en dessous de la queue. Le produit de grattage a été examiné dans la main en s’éclairant d’une lampe frontale. Puis l’ensemble de chaque prélèvement, poils et débris de peau inclus, a été placé dans un pot individuel et réexaminé à la loupe binoculaire.

Peigne à poux et loupe

Sur 195 vaches examinées, 56 avaient des poux, le pou broyeur étant le plus fréquent. Les zones où il y avait le plus de poux de toutes les espèces étaient la croupe et le garrot. L’étude a montré aussi que l’infestation augmente pendant l’hiver. Et le diagnostic à la loupe s’est avéré significativement plus sensible que l’examen visuel seul. « La méthode officielle de détection des poux par examen visuel n’est pas suffisante, analyse Jacques Devos. Mais même si les poux ne sont pas encore visibles à l’œil nu, il est possible de diagnostiquer une phtiriose dès le début de l’hiver en observant l’ensemble des produits de grattage à la loupe binoculaire. » La procédure à suivre doit être de passer le peigne à poux sur au moins huit vaches, notamment sur le garrot et la croupe, puis de recueillir le résultat de grattage dans un pot et de le faire examiner à la loupe binoculaire. « Cela permet de traiter précocement, avant que l’infestation ne se développe".

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