Réussir lait 10 octobre 2013 à 17h51 | Par E.Bignon

Mieux cibler les apports de propylène glycol

En cas d’acétonémie, l’efficacité du propylène glycol est indéniable. Mais il ne fait pas toujours l’unanimité au regard de ses contraintes de coût et de distribution.

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POUR PALLIER L’INAPPÉTENCE DU
PROPYLÈNE GLYCOL, certains
éleveurs optent pour une
distribution au pistolet drogueur.
POUR PALLIER L’INAPPÉTENCE DU PROPYLÈNE GLYCOL, certains éleveurs optent pour une distribution au pistolet drogueur. - © Gaec Sorin

Parmi les fraîches vêlées, plus d’une vache sur cinq souffre d’acétonémie clinique ou sub-clinique. Tel est le constat d’Eilyps (ex-contrôle laitier d’Ille-et-Vilaine) suite à la compilation des résultats Cetodetect des six premiers mois de l’année.

Ce dosage des corps cétoniques dans le lait permet de déceler, vache par vache, la présence d’acétonémie et d’en déterminer son intensité sur une échelle de 0 à 5. « Sur le département, un millier d’élevages recourent à cette analyse pour les vaches à moins de 100 jours de lactation. Selon les exploitations, la proportion de vaches touchées peut varier de 10 à 70 % », précise Loïc Quéméré, directeur technique d’Eilyps.


Un traitement d’une à trois semaines suffit souvent

Le cercle infernal de l’acétonémie est bien connu des éleveurs. En début de lactation, la vache se trouve en déficit énergétique et mobilise ses réserves corporelles. Si l’apport de glucides se montre insuffisant, il s’ensuit une dégradation incomplète des graisses dans le foie, avec production de corps cétoniques. La vache tombe alors en acétonémie, perd son appétit, baisse en lait et c’est le début de l’engrenage…

Classiquement, pour limiter ce risque, il faut éviter de suralimenter les vaches pendant la période de fin de lactation et de tarissement, être rigoureux sur les transitions alimentaires, et stimuler l’ingestion en début de lactation.

Mais, dans certains cas, l’ajout de propylène glycol, précurseur de glucose, se révèle utile durant la période à risque. Cet apport ponctuel aide à relancer « la machine » et stimule la production par un apport énergétique (2,22 UFL/kg).

« Systématiser l’apport de proplylène glycol à l’ensemble du troupeau est anti-économique, avance Loïc Quéméré. Une cure de deux semaines, à raison de 250 ml par vache, revient à 10-12 € par animal. À l’échelle d’un troupeau de quatre-vingt vaches, cela commence à compter, surtout si l’intérêt de cet apport se cantonne seulement à une minorité d’animaux. »

Le technicien recommande de cibler les traitements aux seuls animaux malades (scores Cetodetect de 3 à 5) pendant dix à quinze jours. Pour les animaux en acétonémie sub-clinique (scores 1 à 2), le traitement ne doit pas être systématisé. Il faut néanmoins garder ces animaux à l’oeil et traiter minimum cinq jours si la production plafonne ou si l’amaigrissement s’accentue.


Le propylène glycol est un produit naturellement inappétant

Devant la multitude de produits disponibles sur le marché, plus ou moins enrichis en vitamines, oligoéléments, etc., lequel choisir ? « Si l’objectif est de lutter contre l’acétonémie, mieux vaut opter pour la formule la plus concentrée en propylène glycol. » La forme solide est pratique, mais la présentation en granulés contraint les fabricants à réduire la part de propylène glycol pour des raisons technologiques. Sa concentration peut se limiter à 50 % dans certaines formules. Sous forme liquide, les produits se révèlent souvent plus concentrés (jusqu’à 95 %).

« L’idéal, c’est une distribution au DAC équipé d’une pompe doseuse. Mais attention toutefois à l’impact sur le coût alimentaire ! Ce mode de distribution est très facile, si bien que les éleveurs ont parfois tendance à prolonger la durée du traitement plus que nécessaire. Certains jouent la carte de la sécurité en distribuant le propylène glycol jusqu’à l’insémination. C’est un choix, mais trois semaines de traitement avec 250 à 300 ml par vache, c’est déjà une belle cure », estime Loïc Quéméré.

Le gros inconvénient du propylène glycol tient à son inappétence. « Même au DAC, nous ne sommes jamais sûrs que la vache a bel et bien consommé sa dose », déplorent les éleveurs. C’est pourquoi certains préfèrent, même si c’est plus contraignant, une distribution au pistolet.

LE SAVIEZ-VOUS ?

L’écart TB-TP est un critère important mais pas toujours suffisant pour statuer ou non d’une acétonémie. On trouve des vaches avec un écart TB-TP quasi normal (par exemple 42-29) qui affichent pourtant un score acétonémie fort lors du dosage des corps cétoniques dans le lait. Et vice-versa, le score d’acétonémie peut très bien se révéler faible malgré un écart de taux important.

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