Réussir lait 21 avril 2011 à 01h00 | Par M. Portier

Matériel de traite - Matériel de traite - Matériel de traite - Le manchon, une pièce maîtresse souvent négligée

Seul élément de l’équipement de traite en contact direct avec la vache, le manchon trayeur conditionne la qualité de la traite. Leur choix et leur renouvellement s’avèrent décisifs.

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LE RESPECT DE LA DURÉE DE VIE des
manchons est un facteur déterminant
dans la qualité de traite.
LE RESPECT DE LA DURÉE DE VIE des manchons est un facteur déterminant dans la qualité de traite. - © DeLaval

Les manchons trayeurs sont fréquemment négligés avec des renouvellements bien trop tardifs. En termes de bonnes pratiques, la plupart des fournisseurs préconisent un renouvellement des manchons après 2000 à 2500 traites. Pour un troupeau de 50 vaches et une salle de traite de 10 postes, 2 500 traites revient à changer ses manchons tous les huit mois.

Avec ses modèles en silicone, GEA annonce un doublement de la durée de vie par rapport au caoutchouc, moyennant en contrepartie un surcoût conséquent. Dans les faits, la plupart des exploitations françaises, changent les manchons une seule fois dans l’année. « Nous avons communiqué dans ce sens pendant de nombreuses années, la taille des troupeaux et celle des installations permettait ce changement annuel, reconnaît Vincent Cornet, chef de projet équipements de traite à l’Institut de l’élevage. Mais avec l’augmentation de la taille des troupeaux, le nombre de traites par poste a largement augmenté ces dernières années. »


Des évolutions de produits mais peu d’innovations

Pourtant, une fois leur durée de vie théorique dépassée, les manchons perdent leurs qualités. La dégradation du niveau d’élasticité du caoutchouc peut se solder par des défauts de traite et une agression des trayons. La qualité du lait peut également pâtir d’une détérioration de la matière.

« Le renouvellement des manchons reste un poste assez onéreux. En période économique difficile, certains éleveurs sont tentés de faire vieillir leurs manchons. Mais cela s’apparente à des économies de bout de chandelles au vu des répercussions qui accompagnent le vieillissement des manchons », estime Vincent Corbet.

Les constructeurs de matériels de traite ont concentré des moyens importants dans la conception des manchons trayeurs. Leurs gammes multiplient les modèles de façon à s’adapter au mieux aux différentes morphologies de mamelles, aux différents styles de traite et aux objectifs de l’éleveur. Toutefois, depuis quelques années, les principales marques n’ont pas proposé d’innovations majeures, se limitant à des renouvellements ou des compléments de gammes.

Les exemples les plus récents sont les manchons Magnum Flex chez Boumatic ou les manchons des faisceaux IQ chez GEA. Ce dernier se démarque par ailleurs en continuant à proposer une gamme complète de manchons en silicone, les autres constructeurs se limitant aux versions caoutchouc. Lely utilise également des manchons silicone pour son robot Astronaut.


Un fournisseur commun à plusieurs marques

Seule évolution majeure apparue ces dernières années, le manchon triangulaire de Milk-Rite reste relativement méconnu en France. La marque Milk-Rite du groupe anglais Avon s’est surtout construit une image avec une large gamme de manchons adaptables, compatibles avec la plupart des installations de traite du marché, y compris les robots. Mais le fournisseur britannique s’est rapidement aperçu qu’il valait mieux mettre en avant des produits différenciés en proposant sa gamme de manchons triangulaires. Le marché de l’adaptable ne se base en effet que sur l’argument prix, avec une concurrence de productions asiatiques à bas prix, mais à la qualité douteuse.

Avant de lancer sa propre ligne de produits, le groupe Avon fabriquaient de longue date des manchons pour la plupart des marques de matériel de traite, chacune d’entre elles fournissant un cahier des charges tant sur la forme que sur la composition du caoutchouc. Seul DeLaval fait fabriquer l’ensemble de ses manchons sous licence par ses propres usines ou des fournisseurs exclusifs. GEA maîtrise également la production de ses manchons en silicone.

Quatre critères pour définir un manchon

La conception des manchons trayeurs doit répondre à plusieurs problématiques pour reproduire le mieux possible l’alternance massage/succion. En voici l’illustration en quatre points.

1 - L’épaisseur de la lèvre : trop fine, le manchon peut glisser et créer des entrées d’air qui perturbent la stabilité du vide. Trop épaisse, le lait s’évacue mal et le trayon est agressé.

2 - L’épaisseur de la paroi de massage : trop fine, le manchon est réactif, mais la pression est faible. Trop épaisse, la réaction du manchon est lente et le massage trop ferme.

3 - Les diamètres internes doivent assurer un bon écoulement du lait vers la griffe et une bonne tenue du manchon sur le trayon. L’écoulement du lait est important pour éviter la traite humide, néfaste à la santé du trayon.

4 - La composition de la matière (caoutchouc ou silicone) : le manchon s’ouvre et se ferme 1,5 million de fois au cours de sa vie. Il doit également résister aux produits corrosifs de lavage et aux déjections animales. La composition doit donc assurer une grande résistance physique et chimique tout en respectant les normes de contact alimentaire (BfR).

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