Réussir lait 04 novembre 2016 à 08h00 | Par E. Bignon

« Les transitions sont toujours des périodes à risques »

Nicolas Clech, conseiller à Littoral Normand, rappellent les effets négatifs sur les performances laitières d'une transition mal gérée.

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NICOLAS CLECH, conseiller à Littoral
Normand. « Un petit silo de report
améliore les transitions et favorise
la conservation du nouveau silo. »
NICOLAS CLECH, conseiller à Littoral Normand. « Un petit silo de report améliore les transitions et favorise la conservation du nouveau silo. » - © E. Bignon

■■ Quels sont les effets d’une transition mal gérée ?

Nicolas Clech - « Tout changement alimentaire des bovins perturbe le fonctionnement ruminal. Les conséquences techniques et économiques sont importantes. Sans transition avec la nouvelle récolte, les vaches mangent mais elles ne font pas autant de lait qu’elles le devraient.

Le maïs frais, riche en sucres solubles, se montre très appétant. Si la transition est mal conduite, la flore ruminale n’a pas le temps de s’adapter au nouveau fourrage et le rumen se trouve momentanément en situation de sub-acidose. Cela se traduit par des bouses molles, des grains non digérés, une baisse d’ingestion ainsi que de mauvaises performances laitières.

Beaucoup d’éleveurs en rupture de stocks distribuent des ensilages sans leur laisser le temps de se stabiliser et prennent des risques métaboliques. Les vaches mettront deux mois pour revenir à flot et retrouver leur niveau d’ingestion initial. Sans oublier les dégâts collatéraux sur la reproduction. Il est fréquent de rencontrer de nombreux retours en chaleur à cette période. Enfin, ouvrir un silo non stabilisé entraîne aussi des échauffements du front d’attaque liés à la présence d’oxygène, parfois durant des mois. »

■■ Comment limiter les effets négatifs des transitions ?

N. C. - L’idéal est de prévoir un petit silo de report afin d’entamer la nouvelle récolte seulement lorsque la fermentation sera achevée, au bout de trois semaines environ. La transition peut alors s’envisager sur deux à trois semaines en distribuant progressivement une partie de maïs provenant du silo de l’année précédente et une partie du nouveau maïs.

L’apport de 250 g de bicarbonate/ VL/j pendant la transition aide aussi à tamponner le pH du rumen.

Si l’exploitation n’a qu’un seul silo, mieux vaut sortir le fond du silo et confectionner une petite taupinière sur une dalle, pour laisser le nouvel ensilage fermenter. Je préfère cette solution à l’ajout d’acide propionique pour stabiliser le front d’attaque.

Enfin, si par manque de stock, un éleveur est contraint de distribuer en catastrophe un ensilage vert, il devra alors ceinturer le plus possible le front d’attaque pour éviter les entrées d’air. Et dans la ration, il pourra distribuer 350 g de bicarbonate/VL/j et des levures vivantes pour essayer de limiter la casse. »

LIRE AUSSI LE REPORTAGE au Gaec La Laitière en Seine Maritime, dans le n°307, pages 46 à 48.

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