Réussir lait 13 juillet 2007 à 09h30 | Par Michel Portier

LES RÈGLES À RESPECTER POUR REMPLIR SON PULVÉRISATEUR

L’aménagement du poste de remplissage du pulvérisateur est essentiel dans la prévention des risques de pollution et pour la sécurité de l’utilisateur.

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Aménagement du poste de remplissage du pulvérisateur
Aménagement du poste de remplissage du pulvérisateur - © M. PORTIER

L’arrêté du 12 septembre 2006, relatif à l’utilisation des produits phytosanitaires, mentionne, ente autres, la nécessité de mettre en oeuvre des moyens pour protéger le réseau d’approvisionnement en eau et éviter les débordements de la cuve lors du remplissage du pulvérisateur. On estime que près de 80 % des pollutions graves déclarées d’origine phytosanitaire sont liées à des débordements. Outre ces aspects réglementaires et environnementaux, la mise en place de mesures préventives lors du remplissage limite les risques pour l’utilisateur et peut faire réaliser des économies. Sur ce dernier point, elles permettent d’éviter le gaspillage des produits phytosanitaires toujours plus coûteux et de préparer une bouillie précisément dosée pour une efficacité optimale.La règlementation impose une obligation de résultat qu’il est possible d’atteindre par l’intermédiaire de différentes solutions. Les principales mesures à réaliser concernent l’aménagement et l’entretien du poste de remplissage. Les équipements de mise en oeuvre intégrés sur le pulvérisateur ne doivent pas non plus être négligés. Certains équipements, parfois optionnels, peuvent grandement vous faciliter la tâche comme par exemple les systèmes antidébordement.

Une jauge électronique coupe l’aspiration d’eau lorsque le volume sélectionné est atteint.
Une jauge électronique coupe l’aspiration d’eau lorsque le volume sélectionné est atteint. - © TECNOMA

Des équipements pour éviter les débordements

La façon la plus simple d’éviter tout débordement consiste à surveiller assidûment le remplissage du pulvérisateur. La formation de mousse peut favoriser les débordements. Des agents anti-mousse et une agitation en cuve limitée limitent ce phénomène. Pour vous faciliter la tâche, des dispositifs automatiques sont proposés par les constructeurs : Par exemple, une jauge électronique coupe l’aspiration d’eau lorsque le volume d’eau sélectionné est atteint. Pour plus de sécurité, certains systèmes intègrent un capteur au sommet de la cuve qui coupe l’aspiration lorsque le volume maximal est atteint. Pour les appareils non-équipés ou dans le cas d’un remplissage par une potence, le volucompteur permet de vérifier précisément le volume d’eau introduit. Couplé à une vanne motorisée, il coupe l’alimentation en haut dès que le volume prédéfini est atteint.

 

Une plateforme de rétention 

L’aire bétonnée de remplissage du pulvérisateur doit être surélevée, de manière à éviter à éviter le recueil des eaux de pluie. Entourée par un rebord, sa surface de rétention doit fournir une capacité au moins équivalente au volume de la cuve principale du pulvérisateur. Un bac de récupération équipé d’une grille permettra de recueillir les débordements et de les récupérer grâce à la pompe du pulvérisateur.Dans la mesure du possible, cette aire de remplissage sera la plus proche possible du local de stockage des produits phytosanitaires et la plus éloignée d’un cours d’eau, des habitations, des bâtiments d’élevage ou de stockage des récoltes…

bac d’incorporation équipé d’un rince-bidon
bac d’incorporation équipé d’un rince-bidon - © AMAZONE

Incorporer les produits et rinçer les bidons

La règlementation impose le rinçage des bidons à l’eau claire. La meilleure solution est d’utiliser un bac d’incorporation équipé d’un rince-bidon. Cet équipement est devenu indispensable sur un pulvérisateur d’autant qu’il protège également l’utilisateur et qu’il facilite l’incorporation des produits. Sans incorporateur avec rincebidon, il est possible d’utiliser un rince-bidon branché sur un tuyau d’arrosage, comme le système Rinçotop.

 

Une alimentation en eau protégée

L’alimentation en eau pour le remplissage du pulvé, que ce soit le réseau d’eau potable, une source privée ou un cours d’eau, doit être protégée de tout risque de retour d’eau contenue dans la cuve du pulvérisateur. La solution la plus simple est l’installation d’un clapet anti-retour qui permet de sécuriser le réseau d’eau. Son diamètre doit être suffisant afin de ne pas freiner le débit. Lorsque ce dernier est faible, la cuve intermédiaire est préférable. Son volume doit être égal à celui de la cuve du pulvérisateur. Elle peut être équipée d’un flotteur afin de couper le remplissage lorsqu’elle est pleine. En l’installant de manière surélevée, le remplissage peut se faire par gravité. Le transfert de l’eau peut aussi s’effectuer par la pompe du pulvérisateur. Dernière solution, la potence assure un remplissage par le trou d’homme du pulvérisateur en évitant tout contact entre le tuyau et la bouillie. Présenté récemment par un constructeur, le remplissage de la cuve principale par l’intermédiaire de la cuve de rinçage supprime tout risque de réaspiration de bouillie. 

Les équipements de sécurité permettent d’éviter d’entrer en contact avec les produits phyto.
Les équipements de sécurité permettent d’éviter d’entrer en contact avec les produits phyto. - © CCMSA

Gants, masques et combinaisons

Afin d’éviter tout contact avec les produits phytosanitaires et la bouillie au moment de la préparation, il est fortement conseillé de se munir d’un équipement de protection complet. La MSA recommande d’utiliser des gants, masques et combinaisons efficaces contre les produits phytosanitaires. Deux types de combinaisons existent : les modèles étanches et lavables et ceux à usage court. Une combinaison de type 3 est adaptée à tous les produits. Celles qui sont en polypropylène n’assurent aucune protection. Optez également pour des gants en nitrile ou néoprène. Ils doivent respecter la norme européenne EN 374. Pour la protection respiratoire, les demi-masques (qui couvrent le nez et la bouche) ou les masques complets (qui couvrent le visage) sont les plus adaptés. Ils comprennent un filtre combiné qui protège des particules et des gaz. En agricole, les filtres adaptés sont du type A2 P2 ou A2 P3. Les demi-masques doivent être complétés par des lunettes. Ces derniers équipements doivent répondre aux normes européennes EN 168 et En 166.

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