Réussir lait 07 mai 2004 à 18h05 | Par Nicolas Chemineau

Les meilleures conditions pour un désherbage réussi

La qualité de pulvérisation, plus que jamais mise sur le devant de la scène, est synonyme de matériels adaptés et bien réglés mais aussi de conditions optimales pour les applications. Repères.

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La législation, la réglementation drastique sur l´utilisation des produits phytosanitaires, la nécessité écologique et le raisonnement économique sont autant de facteurs qui visent à améliorer la pratique de la pulvérisation. Le matériel, notamment son réglage, semble être le premier bras de levier à actionner.

Le réglage du matériel : plus qu´une obligation
L´optimisation de la pulvérisation passe également par un traitement dans des conditions favorables et par un entretien du matériel rigoureux.
Le réglage du débit est la première opération à effectuer. Concrètement, il faut choisir la vitesse d´avancement et le volume à pulvériser par hectare. Ces données permettent de calculer le débit à fournir par la pompe du pulvérisateur. Par la suite, il faut choisir la buse et ajuster la pression. Un contrôle du débit du pulvérisateur valide cette opération.
Il faut aussi noter qu´une vitesse d´avancement élevée peut entraîner des mouvements de la rampe, même si elle dispose d´un système de compensation.
La hauteur de rampe est fonction de l´angle fourni par la buse de pulvérisation : 60 cm de l´objectif pour une buse de 110º et 75 cm pour une buse de 80º sont des hauteurs généralement conseillées.

Joël Vélon, conseiller machinisme à la Chambre d´agriculture de Côte-d´or et à la Fédération régionale des Cuma de Bourgogne conseille de « garder une marge de sécurité en travaillant à 70 cm de la plante pour une buse de 110º. On observe en effet des variations de répartition plus importantes en dessous de cette hauteur. De plus, la pulvérisation s´effectue souvent à une pression plus faible que celle préconisée et l´angle réel de pulvérisation de la buse est inférieur à celui nécessaire à un bon recoupement et une bonne qualité de gouttelettes. »
L´attelage doit être fixe et le cardan bien aligné. De la même manière, les stabilisateurs des bras doivent être tendus et le pulvérisateur bien centré. Enfin, pour que les jets soient perpendiculaires au sol et la rampe parallèle au terrain, il est important d´ajuster le bras de troisième point et les chandelles du relevage.
L´offre en buses s´est étoffée ces dernières années. Les buses à fente, à pastille de calibrage, à injection d´air mais aussi basse pression se réalisent dans différents matériaux tels que la céramique, l´acier, le polymère, etc. de façon à offrir une qualité de pulvérisation sur une plus grande durée.

Buses en fonction du volume appliqué. et des conditions
La buse à fente est la plus fréquemment utilisée en pulvérisation agricole. Elle fabrique des gouttes fines d´un diamètre compris entre 250 et 300 µm. Ces gouttes sont par conséquent sujettes à la dérive en présence de vent.
Pour pallier à ce phénomène, la buse à injection d´air produit des gouttes de plus gros diamètre (entre 700 et 900 µm en moyenne) que les buses standards. Elle fonctionne par « effet Venturi » grâce à deux orifices placés de part et d´autre de la buse. De ce fait, le nombre de gouttes produit est moins important pour un volume donné. Toutefois, il faut rappeler que l´efficacité d´un traitement passe par un nombre suffisant de gouttes en contact avec la cible (végétation, insectes, ...). L´échec d´un traitement peut résulter d´un nombre de gouttes trop restreint. Joël Vélon remarque que « certaines conditions, telles l´application d´un produit de contact, à un dosage faible et une pression réduite, peuvent être contradictoires à l´utilisation de buses à injection d´air. C´est pourquoi, leur utilisation doit être bien spécifique, par exemple dans les régions venteuses. »

La formation de plus grosses gouttes accentue le risque de pollution par ruissellement.
Les buses à pastille de calibrage et basse pression permettent également de limiter la dérive mais leur effet reste moins marquant. Elles utilisent une chambre de décompression pour réaliser des gouttes d´un diamètre compris entre 350 et 400 µm. Ces buses ont un coût relativement faible comparativement aux buses à injection d´air et peuvent s´avérer suffisantes.
En complément du large choix en buses, des équipements contribuent à améliorer la qualité de l´application.
Un dispositif de régulation du débit, proportionnel au régime moteur ou à l´avancement, est un atout pour disposer d´une pulvérisation de qualité. Toutefois, ces régulations ont leurs limites et « une variation de vitesse trop importante et trop vive se compense difficilement par la régulation. Cela a des conséquences néfastes sur la qualité du traitement, » souligne Joël Vélon.
La présence d´un dispositif de régulation nécessite malgré tout des déplacements à une vitesse la plus régulière possible de façon à obtenir une efficacité optimale du système.

Le choix d´un porte-buses facilite l´adaptation du pulvérisateur aux différentes applications. « Sur un corps à trois buses, l´adaptation d´une buse pour l´engrais liquide et de deux buses pour la pulvérisation est intéressante. On associe alors une buse classique à une buse à dérive limitée ou deux buses classiques de calibres différents. » Il est également possible d´adapter des buses spécifiques au traitement des bordures en bout de rampe.
Les rampes équipées d´une assistance d´air (Twin de Hardi-Évrard, Air Plus de Rau-Vicon) limitent la dispersion de la bouillie en conditions venteuses et améliorent la pénétration du produit dans une végétation dense (betteraves, etc.). Une soufflerie produit un flux d´air véhiculé par une « manche à air » jusqu´à l´arrière de la rampe. La lame d´air formée guide et accompagne les gouttelettes jusqu´à la cible.

La rampe à assistance d´air est une solution pour limiter la dérive mais la soufflerie requiert beaucoup de puissance. Le coût du système est également un écueil à son développement.
Même si ces équipements permettent de travailler dans des conditions climatiques limites, il est important de tenir compte de ces facteurs pour réaliser un traitement de qualité. La force du vent influence beaucoup la précision des applications. Il est conseillé d´éviter de pulvériser lorsque la vitesse du vent est supérieure à 10 km/h du fait de la dérive importante. L´utilisation de buses à dérive limitée ont un effet limité avec une vitesse du vent élevée. Pour Joël Vélon, « il est conseillé de réaliser le traitement à une hygrométrie supérieure à 60 %. Cette hygrométrie peut être difficile à atteindre à partir du mois d´avril ou mai. Il est alors intéressant d´opérer tôt le matin ou plus tard dans la soirée lorsque l´humidité relative de l´air est remontée. »
©Hardi


Les conditions climatiques sont déterminantes
La température influence aussi la performance des applications : il est préconisé de pulvériser à une température inférieure à 25ºC. « En plus de pénaliser la qualité du traitement par l´évaporation du produit, les risques d´intoxication sont importants lorsqu´il fait chaud, » ajoute le technicien. Ces conseils s´avèrent d´autant plus importants que le traitement s´effectue en volume réduit.
Au-delà de tous ces choix et réglages, le stade végétatif de la plante mais aussi les consignes d´application des produits influent aussi sur la réussite du traitement.

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