Réussir lait 27 octobre 2014 à 08h00 | Par Annick Conté

Les AOP veulent faire connaître leurs valeurs

Les Appellations d’origine protégées souffrent d’un manque de reconnaissance. Une campagne de communication collective inégalée débute en octobre.

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122 % des éleveurs de lait 
de vaches produisent du lait sous au moins un cahier des charges AOP-AOC. 9,6 % de la collecte française est sous AOC.
122 % des éleveurs de lait de vaches produisent du lait sous au moins un cahier des charges AOP-AOC. 9,6 % de la collecte française est sous AOC. - © A. Conté

Il sera difficile de ne pas voir cet automne le spot télévisé de 30 secondes mettant en avant le logo européen AOP et les 50 AOP laitières. La campagne de communication, dotée d’une enveloppe jamais atteinte de 6,1 millions d’euros sur trois ans, prévoit une très large diffusion sur tout un panel de chaînes entre le 13 octobre et le 30 novembre. Le budget est cofinancé par la Commission européenne (à hauteur de 50 %), et pour la première fois quinze AOP laitières s’impliquent financièrement (21 %) aux côtés de l’interprofession laitière (29 %). La campagne, qui se déroule également sur différents sites web (fromages-aop.com, marmiton.fr, 6play.fr…) se prolongera sur 2015 avec la diffusion de quinze films collectifs de 15 secondes ciblant les AOP participantes.
« Le principal objectif est d’augmenter la notoriété du logo AOP en le nourrissant des valeurs de l’AOP », a expliqué Patrice Chassard, président du Cnaol, lors de l’assemblée générale du Cnaol, le 19 septembre dernier à Bagnoles-de- l’Orne. Le programme déposé auprès de la Commission ambitionne de porter de 23 % à 40 % la reconnaissance du logo, et d’augmenter de 2 % les volumes AOP commercialisés entre 2014 et 2016.


Des outils de valorisation du territoire


Les AOP et leurs valeurs souffrent d’un manque de reconnaissance. « Ce que nous proposons avec une AOP est bien plus large qu’un simple style de production. C’est une économie du territoire, durable et de filière, avec des règles et un travail collectif. Comment faire passer le message ? », a lancé Patrick Mercier, président de l’association des ODG laitiers normands. Qui dit règles dit contrôles : « 6 200 contrôles sont réalisés chaque année et 4 millions d’euros y sont pour justifier aux consommateurs que ce qui est dit est vrai », a souligné Patrice Chassard. Une étude menée sur la zone du rocamadour entre 1996 et 2013, après la création du syndicat de producteurs, démontre l’impact économique et territorial d’une AOP : développement du tonnage (440  à 1 100 t), rupture de l’isolement des agriculteurs, outil d’aide à l’installation grâce à une meilleure attractivité, relocalisation des volumes sur le département, création d’emplois (110 emplois dans 3 entreprises)… Une autre étude comparant les performances économiques des filières laitières française et savoyarde est en cours de réalisation. Les premiers résultats font également ressortir l’efficacité de la filière savoyarde où seulement 17 % du lait n’est pas sous signe de qualité : elle crée 50 à 60 % d’emplois en plus par kilo de lait produit que la filière France tout en percevant sensiblement moins de subventions.


Renforcer le travail de lobbying à Bruxelles


L’assemblée générale a aussi été l’occasion de faire le point sur la réforme de l’Inao  : s’il y a des avancées (création d’un poste de référent produit agro-alimentaire, mise en place d’experts juridiques en région…), Patrice Chassard a demandé un traitement plus équitable au niveau des droits entre filières et notamment une contribution des filières bio. Évoquant le blocage des dossiers sur plusieurs années, il a plaidé pour plus de réactivité. Certains cahiers des charges comprenant des mesures de limitation de la productivité restent bloqués. Tout un travail pour faire comprendre à la DG Agri la notion de lien au terroir et la façon de l’exprimer au travers du cahier des charges est à mener.
Un des points clé à l’avenir pour le Cnaol sera de renforcer son action en amont. Le projet de lignes directrices de l’UE concernant les E. coli STEC montre l’importance de ce travail de lobbying. «  Nous avons besoin d’appuis concertés avec OriGIn, le Cniel, Atla… à Bruxelles. De plus en plus d’éléments réglementaires dépendent de l’Europe. ».

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