Réussir lait 05 avril 2016 à 08h00 | Par Bernard Griffoul

Le saint-nectaire contribue à la vitalité de son territoire

L’interprofession saint-nectaire a quantifié l’impact positif de l’appellation sur la démographie, l’emploi, le tissus social, le dynamisme agricole et la richesse du territoire.

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- © B. Griffoul

Si nul ne met en doute les bienfaits des appellations d’origine sur leur territoire, l’interprofession du saint-nectaire vient d’en apporter la preuve au travers d’une évaluation des « contributions socio-économiques de l’AOP à son territoire ». Lucille Rouillard, étudiante en master food identity à l’ESA d’Angers, a investigué pendant six mois sur les effets de l’appellation quant à la démographie, l’emploi, la fixation de l’activité agricole, le tissus socio-économique et la richesse du territoire. Cette étude poursuivait plusieurs objectifs. « En externe, il s’agit d’apporter des éléments concrets sur ces contributions aux élus, acteurs du territoire et financeurs, mais également d’attirer des candidats à l’installation en leur montrant ce que peut leur apporter l’appellation, explique Marie-Paule Chazal, directrice de l’interprofession. Le renouvellement des générations est un enjeu important pour la filière. En interne, l’objectif est de renforcer au sein de la filière, la conscience collective et individuelle de l’importance de l’AOP. » Le premier travail de Lucille Rouillard a été de mettre au point une méthodologie - assez innovante - pour parvenir à concrétiser ces contributions. L’étudiante a d’abord mené des entretiens qualitatifs auprès de quinze opérateurs de la filière et acteurs du territoire pour définir une liste de contributions socio-économiques. Elle les a ensuite évaluées par des données quantitatives puisées à différentes sources (bases de données, requête auprès d’organismes et entreprises…).

1,4 emploi pour 100 000 litres de lait en 2014

Il apparait ainsi que la démographie de la zone saint-nectaire est plus favorable qu’en périphérie. Entre 1999 et 2009, la population globale a diminué respectivement de 2,9 et 3,9 %. En 2010, un habitant sur six avait un rapport direct à l’appellation. Une contribution à l’emploi également : en 2014, le saint-nectaire était à l’origine de 1759 emplois directs, soit 1,4 pour 100 000 litres de lait, contre 1 à l’échelle de la filière laitière nationale (évaluation Cnaol). L’étude a montré aussi une plus forte résistance de l’activité agricole sur la zone AOP. Si le nombre d’exploitations agricoles diminuent aussi rapidement qu’en périphérie (- 20 % en dix ans), le nombre d’unités de main-d’œuvre recule moins vite (- 18 % contre - 22 %) et les structures sociétaires sont beaucoup plus nombreuses (42 % des exploitations contre 23 % pour l’ensemble du Puy-de-Dôme et du Cantal). « Le saint-nectaire favorise le maintien d’exploitations structurées, créatrices d’emploi salariés, notamment en production fermière », explique la directrice de l’interprofession. Ce travail a mis en évidence également une densité plus importante de certains équipements (voir tableau), signe d’un tissu social plus solide. Il y a ainsi deux fois plus de vétérinaires, davantage de réparateurs d’automobiles et de matériel agricole, des services postaux plus étoffés…

60 millions d’euros réinjectés sur le territoire

L’étude a permis enfin dévaluer la richesse générée par l’appellation, aussi bien au niveau de la filière que des retombées sur d’autres secteurs d’activités. La richesse directe, évaluée par la somme des revenus des exploitations, des résultats des entreprises et du financement des emplois (salaires et charges sociales), est estimée à 50 millions d’euros par an. La richesse indirecte a également été approchée en évaluant les retombées de l’AOP sur les fournisseurs d’intrants et de services aux exploitations agricoles. Elle est estimée à 10 millions d’euros supplémentaires. « Elle est largement sous-estimée car elle ne tient pas compte des fournisseurs des affineurs et des laiteries. Mais, 60 millions, ce n’est déjà pas rien car cette richesse est réinjectée sur le territoire », précise Marie-Paule Chazal. L’interprofession envisage d’approfondir ce travail en creusant les pistes proposées par Lucille Rouillard et en les complétant par d’autres contributions de l’AOP à son territoire.

 

- © Infographie Réussir

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