Réussir lait 02 juillet 2018 à 15h00 | Par Costie Pruilh

Le robot de traite améliore t-il vraiment la qualité de vie au travail ?

L'Aract Grand Est et la MSA ont répondu plutôt oui à cette question, sur la base d'entretiens conduits auprès de 29 exploitations.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © Aract Grand Est

"Le robot de traite est un gros investissement, donc il faut qu'il vaille le coup. Les éleveurs espèrent de lui qu'il lève l'astreinte de la traite. Il leur permet de se dégager du temps social et familial. Mais aussi de réduire la pénibilité, de préparer une future transmission...", énumèrent Aline Dronne, de l'Aract Grand Est - agence pour l'amélioration des conditions de travail - et Adeline Delavallade, de la MSA.

Une vraie satisfaction chez les éleveurs enquêtés

29 exploitations ont été enquêtées en 2015. "Aucun éleveur équipé n'a exprimé des regrets ; quasiment tous sont satisfaits. Une exploitation a abandonné, mais c'était au début de la commercialisation des robots et ils n'étaient sans doute pas encore au point. Il y avait des dysfonctionnements. En dehors de notre enquête, on entend parler d'éleveurs qui sont repartis avec une salle de traite. Outre les dysfonctionnements, cela peut être lié au rapport au numérique et au travail sur les données à traiter, ou au changement dans la relation à l'animal."

Les observations réalisées pendant l'étude ont montré que les vaches étaient plus calmes. "Avec un robot, l'éleveur peut être très proche de son troupeau, autrement. Les données du robot alertent sur une maladie et permettent d'intervenir rapidement."

Une plus grande dépendance au fabricant

Parmi les bémols cités par les éleveurs :

- Le robot conduit à une plus grande dépendance de l'éleveur vis-à-vis du technicien de maintenance, de la hot line informatique.

- On se dégage du temps mais il faut être hyper connecté et surveiller son troupeau sur l'ensemble de la journée.

Une difficulté à se faire remplacer au pied levé

- Le travail est moins dur physiquement mais le travail est plus mental et demande des compétences et un effort pour valoriser les données et suivre son robot. "Des groupes d'éleveurs se montent, via les réseaux sociaux ou pas, pour échanger sur leurs astuces et leurs pratiques."

enfin, il n'est pas toujours évident de se faire remplacer car dans les services de remplacement, il n'y a pas forcément la compétence pour remplacer au pied levé l'éleveur responsable du robot. Il y a différentes versions de robots, différentes versions de logiciels. Mais les éleveurs interrogés y arrivent malgré tout, avec leur salarié, leur associé, voisin...

L'Aract Grande Est et la MSA indiquent que même si l'issue de l'enquête est plutôt positive aujourd'hui, "il convient de suivre les observations de terrain par rapport aux risques émergents. Des questions restent en suspens sur les contraintes organisationnelles (traitement des données informatiques) et les contraintes technologiques (aléas du robot)."

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Parvenez-vous à effaroucher les oiseaux sur la ferme ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui