Réussir lait 05 septembre 2018 à 10h00 | Par Annick Conté

La FNPL très inquiète de l'impact économique de la sécheresse

Sécheresse, prix du lait, affaire Synutra, plan de filière ...la fédération nationale des producteurs de lait a du pain sur la planche pour cette rentrée 2018.

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Lors de la conférence de presse de rentrée le 4 septembre: "Nous allons recontacter les acteurs du pacte laitier et les laiteries."
Lors de la conférence de presse de rentrée le 4 septembre: "Nous allons recontacter les acteurs du pacte laitier et les laiteries." - © A. Conté

« Nous avons l'impression que les producteurs sont les seuls à avoir pris conscience de l'impact économique de la sécheresse. Une sécheresse qui est pourtant exceptionnelle par sa densité sur tout le territoire», a lancé Thierry Roquefeuil, président de la FNPL lors de la conférence de presse de rentrée du syndicat le 4 septembre. Le prix de la paille ou de la luzerne a déjà doublé, et les stocks de cet hiver ont été largement entamés. « Les effets vont se faire sentir jusqu'au printemps. Mais en production laitière, la sanction économique est immédiate ». Le syndicat a donc décidé de recontacter dans les prochains jours ses partenaires du pacte laitier signé en 2014 (banques, centres de gestion, OPA...) et les industriels laitiers pour voir comment rapidement compléter les annonces des pouvoirs publics pour soutenir le revenu des producteurs laitiers.

Autre sujet d'inquiétude : le prix du lait . « On est loin de l'esprit des Etats généraux » . Les annonces, notamment celle d'Agrial (315EUR/1000l) en septembre ou encore de Lactalis (25 à 30EUR d'écart avec Sodiaal selon les régions sur le trimestre) ont du mal à passer. «Les signaux de marchés (maintien du cours de la poudre, perspective de hausse pour le beurre, production) sont positifs et le prix baisse. Les producteurs restent la variable d'ajustement du résultat des transformateurs, s'insurge André Bonnard, secrétaire général de la FNPL.

Plan de filière : blocage sur les indicateurs de valorisation

« Notre volonté est que le plan de filière aboutisse ; mais vu les prix de l'été , on est dans le doute », affirme Marie-Thérèse Bonneau. Un rendu au président de la République est prévu le 8 octobre prochain. «D'ici un mois, le plan doit prendre corps. Mais pas à n'importe quel prix. " Avec un péralable: trouver une solution au  point de blocage entre les collèges du Cniel, lors du conseil d'administration du 11 juillet dernier. Il porte sur les indicateurs de valorisation sur le marché intérieur. « Pas sur le choix d'indicateurs en eux-mêmes, mais sur les valeurs de départ surlesquelles s'applique l'évolution des indicateurs. Nous voulons de la transparence ». Il y a malgré tout des avancées significatives. "Le collège des producteurs, présidé par Marie-Thérèse Bonneau, s'est exprimé d'une seule voix (pour les trois syndicats)". Et sur l'indicateur prix de revient, un accord est quasiment trouvé : « on sait sur quelles données s'appuyer, apprécier les différences entre systèmes (plaine, montagne, bio), avec un échantillon suffisant et réactif. Surtout l''indicateur est cohérent avec ce qui s'est passé depuis cinq ans », souligne André Bonnard en précisant que les données sur cinq ans montrent qu'en moyenne le revenu se situe seulement à 1,16 Smic/UMO.

Affaire Synutra:un manque criant d'information

Difficile de ne pas évoquer l'affaire Synutra, malgré le peu d'informations. Le syndicat déplore "l'absence de prise de parole rassurante de Sodiaal" notamment, alors que « des rumeurs circulent depuis un an » et qu' »en face des producteurs ont investi ». «Les sociétaires dont je fais partie n'ont jamais eu de réponse. C'est anxiogène et alimente les fantasmes, souligne André Bonnard. En entrant en négociation en vue d'un rachat de l'usine de Carhaix, Sodiaal cherche-elle une solution pour récupérer les impayés de Synutra ou est-ce une stratégie ? » La hausse de la demande sur le marché chinois est bel et bien là : « on ne peut pas faire une croix sur ce marché, affirment les responsables de la FNPL. Mais n'aurait-on pas intérêt à y chasser en meute ? A mettre en place des accords entre coopératives pour investir ce marché ? »

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