Réussir lait 20 novembre 2014 à 08h00 | Par Annick Conté

L’Ouest prend l’autonomie protéique à bras le corps

Les régions de Bretagne et Pays de la Loire mobilisent tous les intervenants techniques et scientifiques autour d’un plan pour produire des fourrages plus riches en protéines. C'est le projet Apela.

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Ce plan est en phase avec la nouvelle PAC qui prévoit une aide couplée aux protéines.
Ce plan est en phase avec la nouvelle PAC qui prévoit une aide couplée aux protéines. - © C. Gloria

Après le projet Profil (Protéines fonctionnalisées pour l’industrie laitière) en 2013, les régions Bretagne et Pays de la Loire démarrent un deuxième grand projet qui cette fois concerne directement la production : Apela. Celui-ci a été présenté au Space comme la deuxième brique de la « Milk valley ». Les deux régions veulent mobiliser toutes les énergies de la filière autour d’objectifs communs pour être à la pointe de l’innovation laitière. L’objectif d’Apela est d’augmenter les surfaces fourragères et leurs teneurs en protéines ; tous les acteurs concernés sont impliqués dans ce programme prévu sur quatre ans. Il est soutenu financièrement par les deux régions, la première année à hauteur de 300 000 € pour la Bretagne et de 260 000 € pour les Pays de la Loire, et il sera les années suivantes cofinancé par l’Europe (Feader). Au-delà de la problématique laitière, c’est l’avenir de leurs régions que les deux conseils régionaux veulent assurer en aidant les filières agricoles à se structurer autour de l’axe innovation-recherche, ont-ils expliqué. Le plan, coordonné par Estelle Pelletier de la chambre régionale des Pays de la Loire comporte cinq grands axes d’étude, chacun étant piloté par un organisme différent avec l’implication, suivant les projets, de 7 à 13 partenaires(1). Les essais de valorisation des fourrages par les animaux seront coordonnés par l’institut de l’élevage.


1-Projet Luziva : la luzerne de l’implantation à la valorisation


Le projet, piloté par Arvalis, s’intéresse aux techniques d’implantation innovantes avec d’autres espèces (avoine, orge, trèfle incarnat…) ou sous couvert, aux conditions de fertilité des sols, et à la réduction des pertes aux champs ou lors de la conservation (enrubannage et ensilage). La valorisation de la luzerne dans les rations sera étudiée en station. Un volet en élevages est également prévu avec un repérage des innovations, et le suivi des performances techniques, économiques et environnementales.


2-Projet Fourpro : production, récolte et valorisation de fourrages riches en protéines


Dans ce volet piloté par la Chambre d’agriculture de Bretagne, trois essais en fermes expérimentales seront menés sur différents mélanges enrichis en pois, vesce, trèfle incarnat… (itinéraire technique, productivité, valeur protéique, risque de verse) et sur des mélanges prairiaux. Il est prévu d’étudier l’impact de l’avancement de la date de récolte sur la valeur protéique, mais aussi sur la valorisation par les animaux. En élevages, 25 chantiers d’ensilage (automotrice ou autochargeuse) seront suivis pour identifier les facteurs de réussite de conservation de fourrages riches en légumineuses.


3-Projet Praipe : maintenir la productivité des associations graminées légumineuses au-delà de 4-5 ans


Le réseau agriculture durable développera avec ses partenaires un observatoire des prairies temporaires pour identifier les facteurs de dégradation et de maintien des prairies, et des outils d’enregistrements. Pour cela, la première année, les pratiques de pâturage et de fauche seront analysées sur 150 parcelles réparties sur 5 zones climatiques, et un réseau de 100 parcelles sera suivi pendant 4 ans. Il est également prévu de créer une banque de données sur le vieillissement des prairies temporaires.


4-Qualimaispop : intérêt du maïs population pour diminuer l’apport azoté extérieur


La FRAB va suivre 29 parcelles chez des éleveurs bios qui produisent et sélectionnent du maïs population (il s’agit de lignées ni stables ni homogènes dans le temps mais avec des caractéristiques communes), a priori plus riche en protéines. Des enquêtes seront menées chez dix producteurs pour mesurer l’impact dans les rations laitières, et sur la ferme du Rheu. La synthèse sera effectuée par l’Inra.



5-Devautop : développement de l’autonomie protéique en élevage


Avec ce dernier volet piloté par la chambre d’agriculture de la Mayenne, il s’agit d’élaborer un logiciel permettant un diagnostic rapide de l’autonomie protéique, ainsi qu’un logiciel de simulations de stratégies pour améliorer l’autonomie. Un réseau de 80 fermes orientées vers la recherche d’autonomie (40 en lait) sera constitué. Des portes ouvertes seront organisées en année 2 et 4 avec une présentation des cinq projets.


(1) chambres d’agriculture, organismes de conseil élevage, Terrena, Civam, Gab, Cedapa, Inra, Arvalis, Copedom, FRCuma…

- © DR

Un plan SOS Protein en quatre axes

 

Apela est le deuxième axe du plan SOS Protein, animé par le pôle agronomique
de l’Ouest (PAO). Son objectif est d’atteindre une plus grande autonomie protéique
dans les élevages de l’Ouest, face à la forte demande des pays émergents à venir. Aujourd’hui les deux régions importent l’équivalent de 3 millions d’hectares en grains
pour une SAU de 4 millions d’hectares ! Une dizaine de régions européennes (Hollande, Belgique, Italie, Espagne, Finlande, Roumanie…) ont été associées au projet SOS Protein porté à Bruxelles pour bénéficier de financement du 2e pilier (axe innovation-recherche).
Le premier axe Securiprot pour développer les protéagineux grain pois/lupin/féverolle (notamment en association) a été lancé en juillet. Deux autres axes concernant
les oléoprotéagineux (soja/tournesol) et la valorisation des protéines produites
sont en cours de montage.

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