Réussir lait 06 octobre 2016 à 08h00 | Par C.Pruilh

Lilian Gaillard : « L'herbe de haute qualité est notre pilier »

Un système autonome économe permet au Gaec du Claret de bien rémunérer ses associés.

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- © C. Pruilh

POUR EN SAVOIR PLUS, consulter les 15 QUESTIONS RÉPONSES au Gaec du Claret

Lilian Gaillard est le dernier arrivé sur le Gaec du Claret, à Méaudre en Isère, à 1 000 mètres d'altitude. Quand il s'installe en 1999 avec son frère Patrick, suite au départ en retraite de son père, la ferme a déjà connu ses principales évolutions. « On a ajouté quatre logettes supplémentaires (54 en tout) et on a refait une fosse de stockage des effluents enterrée pour assurer six mois de stockage. Maintenant, on ne peut plus agrandir le bâtiment. Mais ce n'est pas un problème ; le dimensionnement de la ferme convient parfaitement pour deux personnes. »

L'exploitation tourne en rythme de croisière depuis dix ans, avec une très bonne efficacité économique : 45 % d'EBE/produit. « Nos objectifs sont de pouvoir bien vivre du lait et d'avoir du temps libre. Ces deux critères se sont améliorés. Depuis 2012, nous prélevons chacun entre 1,5 et 2 Smic. Nous prenons chacun deux à trois semaines de vacances par an et un week-end sur deux. »

Si on l'avait interrogé quatre ans auparavant, Lilian Gaillard n'aurait pas invoqué le prix du lait pour expliquer ce résultat. Entre 2003 et 2012, leur coopérative Vercors Lait redressait la fromagerie qu'elle avait rachetée à Lactalis. Le prix était celui issu des indicateurs Criel, sans plus-value pour rémunérer les contraintes du cahier des charges de l'AOP Bleu du Vercors : interdiction de l'ensilage, fourrages du Vercors, exigences sur la qualité du lait... « Depuis, les efforts ont payé. En ce moment, notre prix du lait de base est de 340 euros pour 1 000 litres. »

Depuis trois ans, le lait AOP bleu du Vercors est mieux valorisé

La maîtrise des coûts de production est la clé. Il n'y a pas d'investissement superflu. Au total, les annuités ne dépassent pas 65 euros/1 000 litres ou 11 % du produit brut. « Chaque année, un matériel est renouvelé. Du coup, notre coût d'entretien est faible », ajoute Lilian Gaillard.

Le pâturage est maximisé : les vaches sont six mois dehors. Les génisses et vaches taries pâturent encore plus longtemps. « Tant que les animaux pâturent, c'est moins de travail, moins de fourrages stockés consommés et d'aliments achetés, donc c'est plus économique, souligne Lilian Gaillard. Nos parents attendaient que l'herbe soit déjà haute pour sortir les vaches. Nous les sortons le plus tôt possible, dès qu'il n'y a pas de risque d'abîmer les sols (fin avril-début mai). » Les vaches sont en pâturage intégral dès la mi-mai et jusque fin septembre, avec quand même toujours du foin à volonté. La principale préoccupation du Gaec c'est la qualité du foin pour faire ruminer, et de l'enrubannage.

Un bon enrubannage pour économiser des concentrés

« Un enrubannage de très bonne qualité permet d'économiser 3 à 4 tonnes de concentré par mois d'hiver. Et pour faire un enrubannage à la fois très précoce et pas trop humide, il faut avoir le matériel à disposition au bon moment. »

Enfin, les éleveurs sont concentrés sur la qualité du lait (peu de cellules, pas de butyrique, du TP) et la santé des animaux.

Lire aussi les deux autres portraits :

Vincent Brossard : "La préservation des sols est au coeur de notre système"

Gilles Chapron : "Nous investissons dans les technologies et le conseil"


Gaec du Claret, en Isère

- 2 UMO

- 52 Montbéliardes à 6 400 kg de lait

- 332 000 l de lait livrés

- 88 ha tout en herbe, dont 8 ha de prairies temporaires et 80 ha de prairies permanentes

- 322 €/1 000 l de prix d’équilibre (avec rémunération des associés à 1,5 Smic. Clôture 31 décembre 2015).

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