Réussir lait 21 novembre 2018 à 08h00 | Par Propos recueillis par Annick Conté

«Gestion des boiteries: Il faut de la cohérence et changer les habitudes »

Se donner les moyens de gérer au quotidien les boiteries, au même titre que les mammites : c’est le changement radical que préconise Marc Delacroix. Trois questions à ce vétérinaire spécialiste des boiteries.

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Marc Delacroix,  vétérinaire spécialiste des boiteries.
Marc Delacroix, vétérinaire spécialiste des boiteries. - © A. Conté

Pourquoi dites-vous que les boiteries sont le parent pauvre des pathologies bovines ?

Marc Delacroix, CFPPA du Rheu - « Les outils permettant une maîtrise correcte des boiteries existent. Ce qui pèche, c’est la mise en œuvre de ces outils. Les pareurs ne sont pas assez nombreux, donc pas facilement disponibles et très pressés. L’éleveur n’est pas assez actif, pas suffisamment pertinent, souvent désemparé. Le vétérinaire est trop souvent absent dans ces problèmes de boiterie. La gestion des boiteries repose sur ce trépied éleveur-pareur-vétérinaire. Face à la complexité croissante des problèmes de boiteries, il faut une bonne cohérence. Et changer des habitudes. "

Intervenir une fois par an sur tout le troupeau, ce n’est pas la bonne méthode ?

M. D. - " Le pareur intervient encore trop souvent de façon globale sur le troupeau, une ou deux fois par an. Il faudrait qu’il intervienne plus souvent par lots d’animaux, selon des stades physiologiques et les besoins réels des vaches (avant tarissement, deux mois après vêlage, sur les boiteuses ou sub-boiteuses). L’intervention sur tout le troupeau est intéressante dans le cadre d’un audit : quand, par exemple, la dermatite digitée explose dans un troupeau, pour repartir sur des bases correctes. Le mode de fonctionnement des pareurs et organismes employeurs de pareurs doit donc changer si l’on veut être efficace, avec notamment la mise en place de contrats. Cela commence à bouger. "

Quel est le rôle de l’éleveur ?

M. D. - " Il a un rôle fondamental : la détection précoce et les premiers soins. Cela implique de la formation. Mais aussi de prendre les moyens de consacrer quotidiennement quelques instants aux boiteries, de l’intégrer dans son planning quotidien au même titre que les mammites. C'est un changement radical. "

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