Réussir lait 10 octobre 2003 à 11h29 | Par Franck Mechekour

Gestion des stocks de fourrages - Comment réaliser un bon bilan fourrager

Le bilan fourrager permet de comparer les stocks de fourrages aux besoins du troupeau. Voici les principales règles à respecter.

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Un bilan fourrager consiste à mesurer l´état des stocks de matière sèche des fourrages présents sur l´exploitation et à les comparer aux besoins du troupeau pour une période donnée. Cette évaluation des stocks est particulièrement utile cette année à cause de la sécheresse. Le bilan permet également d´établir un plan de distribution des fourrages aux différentes catégories d´animaux. On se trouve alors dans un registre d´optimisation des apports de fourrages.
Pour être utile, « le bilan doit être réalisé en respectant certaines règles. Une erreur d´estimation de 8 %, c´est un mois de stock en moins », souligne Étienne Doligez, du contrôle laitier du Calvados.
©A. Conté


Estimation de stocks de fourrages
 L´ensilage
Il faut commencer par cuber le silo, c´est à dire estimer le volume d´ensilage en mesurant la hauteur, la largeur et la hauteur du silo. Une fois le volume déterminé (hauteur x largeur x longueur), multipliez-le par la densité du fourrage, vous obtenez le nombre de kg de matière sèche de fourrages disponible. Le tableau 1 vous donne la densité de l´ensilage de maïs (en kg MS/m3) en fonction du taux de matière sèche et de la hauteur du silo. Pour l´ensilage d´herbe, diminuez ces valeurs de 10 %. Le tableau 2 vous donne les densités d´autres fourrages ou co-produits. Après les cubages, pensez à prendre en compte les éventuelles pertes de fourrages aux silos. Selon l´Institut de l´élevage, lorsque le cubage du silo de maïs est réalisé moins de trois semaines après la fermeture de silo, « il faut soustraire du volume calculé 5 % à 10 jours, et 3 % à 20 jours pour un ensilage à plus de 26 % de MS. Et déduire environ le double pour un ensilage à moins de 22 % de MS. »
La densité dépend du taux de matière sèche et de la hauteur du silo.

Des écarts de densité importants.

 Les balles rondes enrubannées
« Une balle ronde de 1,20 x 1,20 réalisée avec de l´herbe humide (30 % de MS) peut peser 600 kg brut mais contenir moins de matière sèche qu´une balle ronde de même dimension réalisée avec de l´herbe à 70 % MS et qui pèse 350 kg brut (180 kg de MS contre 250 kg de MS) », rappelle Étienne Doligez. Des tables de conversion donnent le poids de la balle en fonction du diamètre de la balle et de la teneur en matière sèche du fourrage (voir tableau 3).
Pour les presses à chambre fixe, les poids doivent être diminués de 8 %.
Le poids des balles enrubannées cubiques évolue de façon similaire à celui des balles rondes. Leur densité est plus importante : les valeurs du tableau 2 doivent être augmentées de 8 à 10 %.
Entre 180 et 250 kg de matière sèche par balle enrubannée.

 Le foin et la paille
L´Institut de l´élevage conseille de déterminer le poids moyen des bottes en pesant une demi-douzaine de balles « prises au hasard et provenant de parcelles différentes. » Attention pour le foin, une pesée effectuée trop tôt après la récolte surestime le poids : le foin continue de perdre de l´eau et donc du poids (10 à 15 %).
Il est conseillé de calculer la quantité de stocks en brut puis de réduire de 15 % le résultat précédent pour obtenir le poids en matière sèche.
Par ailleurs, le poids de la balle varie en fonction des types de presse (à chambre fixe ou variable) et du nombre de coupes. « Les regains sont souvent plus denses parce que l´herbe est plus courte par rapport à une première coupe », souligne par exemple Étienne Doligez.
Entre 100 et 130 kg/m3 de foin en tas.

Evaluer les besoins des animaux
 Estimer les effectifs des différentes catégories d´animaux.
Pour les effectifs, l´Institut de l´élevage préconise de se baser sur le nombre moyen d´animaux par catégorie.
 Estimer la consommation de chaque catégorie d´animaux.
Nombre d´animaux x nombre de jours selon des périodes choisies (tous les mois, période hivernale ou estivale.) x la consommation en matière sèche. On retient généralement le chiffre moyen de 15 kg de MS/J/vache traite. Mais ce chiffre varie en fonction de l´âge de l´animal, du niveau de production, de la consommation en concentré et de la qualité du fourrage.
« Par exemple une vache produisant 5000 kg de lait consomme environ 2,2 tonnes de matière sèche en période hivernale contre 2,5 tonnes pour une vache à 7000 kg de lait », souligne Étienne Doligez.
Selon l´Institut de l´élevage, les besoins moyens des animaux en fourrages sont de 12 kg de MS pour les vaches taries et les génisses prêtes à vêler, de 6 kg MS pour les génisses de 12 - 18 mois et de 3 kg MS pour les veaux de 2 à 6 mois.

Comparer l´état des stocks avec les besoins
La dernière étape consiste à comparer les besoins et les stocks et de corriger au mieux le déficit comme cela risque d´être malheureusement le cas dans bon nombre d´exploitations cette année.

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