Réussir lait 03 mars 2017 à 08h00 | Par Annick Conté

Favoriser la compétitivité et l’acceptabilité de l’élevage

L’Institut de l’élevage-Idele a présenté sa feuille de route à l’horizon 2025. Face à un monde numérique et accéléré, il veut chercher, conseiller et communiquer autrement.

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La mission principale de l'Institut de l'élevage-Idele reste l’amélioration du revenu des éleveurs".

 Notre mission principale reste l’amélioration du revenu des éleveurs".
La mission principale de l'Institut de l'élevage-Idele reste l’amélioration du revenu des éleveurs". Notre mission principale reste l’amélioration du revenu des éleveurs". - © J. Chabanne

Fédérer les énergies et additionner les intelligences dans des partenariats pour s’adapter plus vite à un monde nouveau. Tel est l’objectif affiché par l’Institut de l’élevage-Idele lors de la Convention 2025 organisé le 20 décembre dernier devant plus de 250 acteurs et partenaires des filières ruminants. L’association veut servir de catalyseur pour inciter les multiples structures agricoles à travailler davantage ensemble. « La restructuration des OPA est inévitable et nous devrons apporter mieux à moindre coût », a argumenté son directeur Joël Merceron.

Pour lancer sa réflexion stratégique, "initiée par son trésorier", l’Institut de l’élevage-Idele a organisé début 2016 une large consultation auprès de 250 partenaires et salariés. « Comment est-on perçu ? qu’attend-on de nous ? Comment se projette-t-on ? Nous avons mené nous-mêmes l’audit pour entendre de nos propres oreilles ce qui était bien et ce qui devait être amélioré », a expliqué son président Martial Marguet, éleveur dans le Doubs. Il en est sorti quatre scénarios d’évolution : au fil de l’eau (statu quo), business (orienté services), global filière (de la fourche à la fourchette), contrat social (vers la société). Tous quatre ont été intégrés dans la stratégie. Une stratégie que l’Institut de l’élevage-Idele résume en un slogan : « L’élevage a des avenirs, construisons-le ensemble ». « Des avenirs, parce que nous ne devons pas nous laisser enfermer dans une vision unique pour demain », insiste Joël Merceron.

Une modification des statuts pour s’ouvrir à de nouveaux adhérents

Petite révolution pour cette association créée en 1992 : elle s’ouvre à de nouveaux adhérents. La modification des statuts a été votée par la vingtaine de membres du conseil d’administration (dont une quinzaine de responsables professionnels) en octobre dernier. Demain des coopératives, des organismes régionaux, etc. pourront donc participer à la vie de l’association, jusqu’à présent entre les seules mains des fédérations spécialisées et structures agricoles nationales. Cette évolution permettra de « mener des travaux plus proches du terrain et de mieux tenir compte de la diversité des agricultures françaises ».

Combiner recherche collective et recherche collaborative avec des entreprises

L’Institut espère bien aussi, "alors que les budgets sont de plus en plus compliqués à faire valider", trouver de nouvelles sources de financement. En 2017, son budget (28 millions d’euros (1) pour 260 équivalents temps plein) sera impacté comme celui de tous les organismes de développement agricole par la crise vécue par la ferme France en 2016. Le Casdar (compte d’affectation spéciale pour le développement agricole), alimenté par une taxe sur le chiffre d’affaires des exploitations, va en effet subir une baisse drastique (de l’ordre de 10-12 %). « Ce développement du business ne se fera pas contre l’intérêt collectif », rassure Joël Merceron en précisant que les financements privés resteront très minoritaires.. Au contraire, « il créera du lien dans la filière ».

Des exemples de partenariat avec des entreprises, il en existe déjà au niveau de l’Institut. Comme le projet Génosanté qui associe l’entreprise de sélection Evolution, la coopérative Agrial et des entreprises de conseil en élevage et a permis dès la première année de développer des index acétonémie et de synthèse « santé » (lire Réussir Lait septembre 2016 p. 133). Ou comme le partenariat avec Sodiaal autour de l’outil SelfCO2 pour réduire l’empreinte carbone des élevages (lire Réussir Lait octobre 2016 p. 19). Ces deux exemples faisaient partie des 29 projets illustrant les grands axes stratégiques et les partenariats de l’Institut, présenté lors du Comice des innovations organisé lors de cette convention Idele 2025.. « À nous d’être un partenaire reconnu, recherché et créatif », conclut Martial Marguet.

(1) Majoritairement des financements collectifs : Casdar, projets européens comme Carbone Dairy, FranceAgrimer, interprofessions, formation…

Les six axes stratégiques d’Idele 2025

1 - Créer de la valeur pour les éleveurs et les filières : proposer une carte de services et d’outils.

2 - S’adapter à un monde ouvert, numérique, accéléré : co-construire une offre digitale et un service autour de la valorisation des données.

3 - Développer les périmètres : être un partenaire recherché, réorganiser notre activité dans le domaine génétique par des partenariats public-professionnel-privé.

4 - Être source de fédérations et synergies entre les organisations d’élevage : coopérer pour être plus efficaces à l’échelon régional, européen et international.

5 - Outiller le dialogue avec la société : apporter des argumentaires techniques, des chiffres et des retours d’expérience face aux interpellations sociétales.

6 - Renforcer l’impact de l’Institut de l’élevage : développer une communication interactive et multimédia, et la présence sur les réseaux sociaux.

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