Réussir lait 29 avril 2016 à 08h00 | Par Christophe Reibel

En Allemagne, des prix sous le coût de production

Si la crise ne se voit pas encore vraiment aux résultats des exercices clos au 30 juin 2015, ceux de l'exercice 2015/2016 en donneront la pleine mesure.

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En Basse-Saxe, la marge brute est estimée à 62 € / 1000 litres en 2015-2016.
En Basse-Saxe, la marge brute est estimée à 62 € / 1000 litres en 2015-2016. - © A. Conté

La plupart des centres de gestion allemands ont l’habitude de travailler avec le ratio « recettes moins charges opérationnelles ». 2013-14 a été une bonne année. «Le prix du lait à 430 €/1000 l a permis de dégager une marge de 188 € à la tonne de lait. En 2014-15 elle est revenue à 130 €. Comme le prix a reculé de 73 à 88 €/1000 litres selon les länder en 2015, l’estimation 2015-2016 prévoit que ce niveau de marge tombe à 62 €/1000 l. Une fois les charges fixes intégrées, les éleveurs perdront de l’argent » calcule Albert Hortmann-Scholten, responsable du département économie et gestion à la Chambre d’agriculture de Basse-Saxe, au nord de l’Allemagne. Dans ce land où l’atelier moyen trait 80 vaches, début 2016 le prix de base à 40/34 hors TVA (10,7 %) navigue selon la laiterie entre 230 et 250 €/1 000 l alors qu’il faudrait 350 € pour couvrir les charges, rémunérer le capital et dégager un salaire horaire de 18,50 € à raison de 45 heures de travail par vache et par an.

En Bavière, Hans-Jürgen Seufferlein, directeur de la Fédération régionale des producteurs de lait, chiffre le prix de base nécessaire pour couvrir ces charges (dont 15 € de salaire horaire) entre 380 et 400 €/1 000 litres. Dans le sud du pays où l’élevage moyen compte plutôt 50 vaches, la valorisation du lait davantage orientée vers les produits frais et les fromages limite un peu la casse. En juillet 2015, les 1000 l (40/34 hors TVA) étaient encore payés 380 € et restaient à 320 € début 2016. Le prix des veaux mixtes Simmental reste correct à 442 € pour des animaux vendus à 85 kg vif et le prix des réformes à 3 €/kg en moyenne suit. Des mesures environnementales régionales constituent une autre rentrée d’argent. Le sud du pays sait cependant qu’il ne va pas échapper à la tendance baissière enclenchée par le nord où une majorité de lait est transformée en produits industriels. Des difficultés de trésorerie vont apparaître au printemps avec les mises en cultures.

Les élevages qui n’ont pas les recettes d’appoint que procurent la méthanisation, l’éolien ou le solaire, voire, pour certains, la vente de foncier, ont du mal à garder l’appui de leur banquier et ne sont plus livrés par les fabricants d’aliments.

« Il manque 25 euros aux 1000 litres »

À l’Est, le levier multiplicateur est énorme. À la Rhinmilch GmbH, 1700 vaches près de Berlin, Helmuth Riestock confirme. « En 2015, l’atelier lait a perdu 25 €/1000 l. Par 18 millions de litres, ça chiffre ! La vente d’électricité, de céréales et de colza, a permis de terminer à l’équilibre. Avec un prix actuel de 230 à 240 €, nous continuons à creuser le trou. Nous n’investissons plus que le strict nécessaire. Il nous faut absolument une lueur d’espoir pour 2017, sinon il faudra se poser la question de l’avenir du lait ». Des ateliers voisins ont déjà fermé. Les vaches qui étaient au début reprises par des collègues prennent désormais le chemin de l’abattoir. Leur afflux fait baisser le cours des réformes.

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