Réussir lait 30 juillet 2003 à 17h20 | Par Annick Conté

Elevage laitier aux Pays-Bas - Deux systèmes « extrêmes » à l´étude

La station de recherche de Lelystad aux Pays-Bas a comparé un élevage « bas coût » produisant 400 000 kg de lait et un élevage robotisé à l´extrême produisant 800 000 kg. Devinez qui a la meilleur revenu.

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Trois mètres en dessous du niveau de la mer, des éoliennes, un terrain plat : on est dans la zone des polders au nord d´Amsterdam, à la station de recherche de Lelystad. Depuis 1997, y est menée une expérimentation peu ordinaire en production laitière, financée par l´interprofession : deux profils « extrêmes » d´élevage sont étudiés en conditions réelles. Un élevage « bas coût » avec un quota de 400 000 kg de lait produit par 46 vaches qui pâturent et sont logées dans une étable économique. Et un élevage « High tech » robotisé à l´extrême avec un quota de 800 000 kg de lait produit par 70 vaches à haut niveau de production ; elles sont traites par un robot, logées dans de grandes logettes sur caillebotis avec racleur automatique et DAC, et ne mettent jamais le nez dehors. Dans les deux cas, l´objectif des chercheurs est qu´une personne seule puisse assurer le travail, les travaux des champs étant entièrement délégués à une entreprise.
Ils se sont fixés également un objectif de coûts de production identique 0,34 euros/kg de lait (inclus la rémunération du capital et du travail (35 000 euros)).
©A. Conté

Une personne pour 400 ou 800 000 litres de lait
Après quatre années d´étude, l´objectif de travail (50 h par semaine consacrées aux animaux) est réalisé dans les deux systèmes. Les objectifs financiers ont été atteints dans le système bas coût, mais pas tout à fait dans le système « high tech » : « Nous n´arrivons pas à produire nos 800 000 litres de quota », explique M. Visch, responsable de l´étude. La fréquentation du robot n´est pas optimisée, et le niveau de production (9770 kg à 4,44 mg et 3,41 MA) est inférieur à nos prévisions (11 000 kg) malgré une quantité de 2500 kg de concentré par vache ».

Dans l´élevage « bas coût », on a cherché à réduire à la fois les charges opérationnelles et les coûts des installations. Le bâtiment est compact, ouvert sur un long pan, avec des logettes paillées (2,5 kg). Pas de DAC, le concentré est donné en salle de traite. « Son coût est inférieur de 25 % à celui d´une étable classique aux Pays-Bas », commente M. Visch. L´investissement total (y compris la dalle « synthétique » du silo, le stockage du lisier avec séparation de phase, la salle de traite 2x5 par l´arrière) s´élève à 3000 euros par vache (contre 5000 euros dans le système « high tech »). L´objectif est d´utiliser le maximum de fourrages(1), avec le maximum de pâturage. Le système nécessite tout de même 1600 kg de concentré pour une production de 8020 kg lait à 4,51 de MG et 3,3 de MA. La moitié du troupeau holstein actuel va être remplacé en juillet par des montbéliardes.
A noter que dans les deux systèmes, les normes minérales (Minas) ont été atteintes, « un peu plus difficilement dans le système "high tech" »(2).
©A. Conté

(1) 32 hectares dont 25 d´herbe et 6 de maïs dans le système bas coût.
(2) 35 hectares dont 13 de maïs dans le système high tech.

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