Réussir lait 08 avril 2016 à 08h00 | Par C.Pruilh

EBE en baisse, frais financiers en hausse

Les clôtures de septembre à décembre 2015 révèlent sans surprise des revenus disponibles en baisse et des trésoreries dégradées. Le point avec les Cerfrance du Nord-Pas-de-Calais et du Calvados.

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- © Réussir Lait

Dans le Nord-Pas-de-Calais, l’exploitation spécialisée lait moyenne de 70 ha (25 ha de cultures de vente), 450 000 litres de lait et 1,9 UTH, accuse une baisse de son produit brut de 10 à 15 %, essentiellement due à la chute du prix du lait payé (360 à 310 euros pour 1 000 litres). L’EBE moyen dégringole de 30 000 euros et atteint 53 000 euros (118 euros/ 1 000 l). Les annuités augmentent de 3 000 euros pour atteindre 45 000 euros. « C’est lié à la bonne année 2014 qui a permis des investissements », indique Patrick Levecque, du Cerfrance de la région.

9 000 euros sur un an pour un couple

Fin 2015, il restait donc pour vivre 9 000 euros sur un an pour un couple.

« Les clôtures de mars 2016 seront encore plus dégradées, avec un prix du lait et des céréales qui baissent encore. Les trésoreries se dégradent. Les frais financiers court terme gonflent, les comptes fournisseurs aussi. Et les restructurations de prêts ou année blanche gonfleront les annuités des années suivantes. »

Dans le Calvados, l’exploitation spécialisée lait moyenne de 110 ha (24 ha de cultures de vente), 496 600 litres de lait, avec 2,06 UTH (dont 0,92 Utaf), a vu son EBE chuter de 18 600 euros pour atteindre 68 600 euros (138 euros/1 000 l). La cause principale est la baisse des produits totaux (- 18 500 euros), liée au prix du lait (385 à 334 euros). Les charges alimentaires ont baissé (- 2 410 euros), ainsi que le carburant (- 1 220 euros) et les charges sociales exploitants (- 1 100 euros), mais atténuent peu la baisse d’EBE. La réduction des prélèvements privés (- 4 300 euros) ne permet pas de compenser la chute de l’EBE. Les annuités et autres frais financiers augmentent (+ 1 200 euros).

La marge de sécurité se dégrade fortement. Même les 25 % meilleurs élevages ne dégagent pas une marge de sécurité positive. « Les dettes fournisseurs augmentent de 10 % sur un an, et ça va continuer à augmenter », indique Baptiste Fos, du Cerfrance Calvados.

La projection sur les clôtures mars 2016 prédit un revenu disponible par Utaf proche de celui des clôtures de mars 2010 (6 300 euros).

De gros écarts

L’Atelier Normandie Pays de la Loire des Cerfrance montre que le coût de revient moyen des élevages au deuxième trimestre 2015 s’établit à 367 euros/1 000 l, supérieur au prix du lait payé sur la période (360 euros). Entre les éleveurs situés dans le quart inférieur et ceux du quart supérieur, l’écart s’élève à plus de 100 euros/1 000 l ! Les meilleurs font la différence grâce à leur maîtrise technique et à une meilleure cohérence entre la main d’oeuvre, les équipements et le volume de lait à produire.

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