Réussir lait 20 décembre 2011 à 17h37 | Par E. Bignon

Des ensilages 2011 très riches en amidon

De bonne valeur énergétique, les maïs ensilages présentent un gros potentiel laitier. Mais attention au risque d’acidose.

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- © GERM Services 64

Le cru de maïs 2011 est riche en matière sèche, digestible, et riche en énergie. En témoignent les résultats issus de 1200 analyses recueillies France entière et compilées mi-novembre par Arvalis (voir tableau).

Les maïs de l’année se caractérisent par des teneurs en amidon « record », supérieures à celles de 2009 et 2010. On observe deux points de plus en moyenne par rapport à la campagne précédente, mais c’est parfois trois à quatre points de mieux dans certaines régions. « Sur les premières analyses, le taux d’amidon approche 35 à 36 % de moyenne, soit deux à trois points de plus que l’année dernière », illustre Lionel Vivenot, de l’Union laitière de la Meuse.

Ces bonnes teneurs en amidon, liées à une proportion importante de grains, expliquent des taux de matière sèche assez élevés, qui tournent en moyenne autour de 35-36 %.

Le risque d’acidose guette les laitières cet hiver

Les maïs affichent une bonne digestibilité, avec une valeur énergétique à 0,93 UFL de moyenne. Selon le stade de récolte, la qualité des tiges-feuilles apparaît plus ou moins bonne. « Pour les maïs récoltés tardivement ou à taux de matière sèche élevé (supérieur à 35 % MS), la digestibilité de la partie tigesfeuilles est dégradée », souligne Bertrand Carpentier, d’Arvalis. Pour ces maïs, l’amidon se montre difficilement dégradable dans le rumen. D’où un risque de déficit énergétique dans le rumen et un gaspillage d’énergie non valorisée.

Des céréales pourront alors être apportées, mais attention à ne pas dépasser les 20% d’amidon ruminal. « Pour les maïs récoltés plus précocément (autour de 32 % MS) avec des tiges vertes, il faudra se montrer très vigilant, met en garde Emmanuel Lepage, du Clasel Sarthe et Mayenne. Ces maïs ont un profil acidogène en raison d’une bonne digestibilité de la partie tiges-feuilles et d’un taux d’amidon élevé. »

« Pour prévenir le risque acidose, mieux vaudra lever le pied sur la complémentation énergétique, préconise Vincent Claisse, de Nord Conseil Elevage. Plus un maïs est de bonne qualité, plus on risque d’avoir des substitutions importantes et moins le concentré se révèle efficace. Avec ce seul fourrage et du soja, on pourra facilement monter facilement à 33-34 kg de lait. »

Les céréales telles que le blé ou le triticale seront à éviter car trop acidogènes, et on privilégiera plutôt des aliments VL de type cellulosique.

« Il faut également sécuriser les rations en fibres physiques, affirme Lionel Vivenot. Ce ne sera pas facile car nous manquons de foins fibreux. De plus, les ensilages d’herbe sont limités en quantité cette année et souvent riches en hémicellulose au détriment de la cellulose vraie, qui aide à faire remonter le pH de fond de panse. » L’objectif est d’arriver à 2 kg MS minimum de fibres dures.

« Pour sécuriser le régime sur le plan chimique, il faudra aussi diversifier la ration en apportant de l’ensilage d’herbe, de l’enrubannage, etc, afin d’apporter de la cellulose digestible et diluer le taux d’amidon », avance Emmanuel Lepage. D’autant que ces maïs se révèlent très ingestibles. « Il y a un risque de consommation excessive de maïs, qui pénalisera l’efficacité alimentaire », poursuit le technicien en conseillant de réduire l’ingestion de maïs à 15 kg MS et de compléter avec d’autres fourrages.

Les maïs affichent des teneurs record en amidon

Pour valoriser toute l’énergie apportée par ces maïs 2011, une bonne complémentation en azote est indispensable. « Je conseille de ramener d’abord de l’azote soluble pour compenser un écart PDIN-PDIE marqué, poursuit-il. En moyenne, sur la Mayenne et la Sarthe, on tourne à 43 en PDIN et 70 en PDIE, mais certaines exploitations affichent des écarts encore plus importants. » Le concentré azoté doit être riche en protéines ruminales. Les aliments riches en protéines protégées ne sont donc pas adaptés sauf si les objectifs de production sont importants. ■

Un léger mieux pour la MAT

Les maïs 2011 apparaissent légèrement plus riches en azote que l’année précédente. Avec une MAT moyenne de 7,5 %, ils affichent 0,7 point de mieux que la moyenne des trois dernières campagnes.

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