Réussir lait 02 février 2018 à 08h00 | Par Annick Conté

Coopératives laitières:« Le sujet central à traiter, c’est les stocks de poudre »

Pour Damien Lacombe, président de Coop de France métiers du Lait, la nécessité d’être offensif sur les stocks est partagée par les dirigeants de grands acteurs européen. La vision défensive de la Commission ne satisfait pas les coopératives.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © A.Conté

 

« 2018 sera une année charnière, a affirmé Damien Lacombe, président de Coop de France Métiers du lait lors d’une conférence de presse le 1er février en soulignant « la stabilisation du prix du lait européen après une hausse tout au long de l’année 2017 ». Face à une production européenne en forte hausse (+5% sur novembre), la priorité si l’on veut que la poudre retrouve une meilleure valorisation est de trouver une solution aux 380 000 tonnes de stocks européens de poudre de lait écrémé. « La Commission compte sur une baisse du prix du lait pour faire baisser la production. Cette vision défensive ne nous satisfait pas ».

Mettre de l'argent sur la table

Des propositions sont sur la table en France: les dons de lait, ou l’alimentation animale pourrait être une solution de dégagement « même si le prix d’intérêt en alimentation animale n’est pas élevé. Nous sommes en train de la chiffrer avec les entreprises de la nutrition ». L’intérêt de la filière serait de mettre de l’argent sur la table pour aller chercher un co-financement européen. Cette nécessité de régler coûte que coûte le problème des stocks semble aujourd’hui partagée par les dirigeants de grandes coopératives européennes, en Allemagne ou aux Pays-Bas, qu’il a rencontrés. « Les lignes sont en train de bouger. Il y a une prise de conscience forte de certains grands acteurs, une volonté forte des producteurs et des entreprises de mettre en adéquation production et marchés. »

« Une opportunité qu’on n’a pas eu depuis longtemps »

Au niveau français, le président de Coop de France Métiers du lait estime que « le plan filière issu des Etats généraux donne une opportunité qu’on n’a pas eue depuis longtemps », celle de « recréer une dynamique de filière » autour d’engagements forts. Il s’agit notamment de profiter des nouveaux marchés à l’export avec une ambition « au moins à 25 milliards de litres". Et de valoriser les atouts français, notamment à l’international : gastronomie, diversité des produits, montée en gamme, sécurité sanitaire (qui à long terme devrait selon lui sortir renforcée de l’affaire Lactalis)… « l’atout majeur ce sont nos exploitations à taille humaine de type familial, très tournées vers le pâturage. Un modèle à valoriser « pour créer de la valeur et mieux la répartir. »

Des déifférences entre coopératives et entre enseignes

Commentant les négociations commerciales en cours, il reconnaît que les bonnes intentions ont du mal à être suivi d’effets. Mais « il existe des différences entre coopératives et entre enseignes. On est au milieu du guet: le match n’est pas joué, il faut inverser la tendance. » . Il se réjouit que la future loi reprenne les mesures demandées par les entreprises laitières : « seuil de revente à perte, clause de renégociation, notion de prix abusivement bas, encadrement des promotions même si sur ce point nous aurions souhaité aller plus loin avec une approche par filière ».

 

Les coopératives laitières en 2016 :

° 52 500 associés coopérateurs (32 800 points de collecte)

° 54% de la collecte française (13,2 milliards de litres)

° 45% de la transformation

° 11,3 milliards de chiffre d’affaires

° 40% du CA export français soit 2,4 milliards € (notamment en Europe et en Chine)

° 860 millions € de prévisions d’investissements à 3 ans

° 730 installations avec une attribution moyenne de 180 000 litres

° 52% des coopératives engagées dans des démarches de différenciation (AOP, Bio, sans OGM, BBC, montagne …) pour 10% du lait collecté.

Source baromètre économique des coopératives laitières

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Réussir Lait se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Question du mois

Cherchez-vous à maintenir la production malgré le manque de fourrage ?

Répondez à la question

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui