Réussir lait 06 juin 2018 à 09h00 | Par Bernard Griffoul

Comment améliorer son produit viande

Et si améliorer le revenu d’un élevage laitier passait aussi par la viande ? Les marges de manoeuvre pour donner plus de poids au produit viande sont loin d’être négligeables.

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Un écart de 30 €/1 000 l entre élevages.
Un écart de 30 €/1 000 l entre élevages. - © J. Nanteuil

Dans le chiffre d’affaires d’un élevage laitier, le produit viande est souvent considéré comme un sous-produit bon à prendre mais sur lequel on aurait peu de prise tant les animaux de races laitières (vaches, veaux, génisses) paraissent difficiles à bien valoriser.

Les marges de manoeuvre pour l’améliorer sont plus importantes qu’il n’y paraît. Dans les Pays de la Loire, selon les références Inosys :

En Prim’Holstein, le produit viande varie de 28 à 58 €/1000 l pour une moyenne de 43 €.

En Montbéliarde, l’écart est le même : 47 à 77 pour une moyenne à 62 €/1000 l.

« Ce n’est pas l’affaire de quelques euros, note Monique Laurent (réseau Inosys Rhône-Alpes). Sur le prix du lait standard, on n’observe pas un écart de 30 €/1 000 l entre élevages. »

« Même si l’effet race est indéniable, il n’est pas la raison majeure de l’obtention d’un bon produit viande », signale encore une récente étude de l’Idele (Des systèmes d’avenir pour le lait de vache français). Alors, où sont les gains possibles ?

« Le premier moyen d’améliorer le produit viande, c’est d’éviter les pertes de vaches et de veaux, insiste Michel Deraedt, du BTPL. Avec une rémunération permise de 80 €/Ml de lait, ce qui est plutôt bon, la perte d’une vache et le coût de la génisse de remplacement représentent l’équivalent de 20 000 litres. Entre des taux de perte de 2-3 % et de 10 %, souvent observés, il y a une marge qui se joue surtout sur l’observation des animaux et la maîtrise des problèmes métaboliques. Il faudrait viser moins de 4 % pour les vaches et moins de 5 % pour les veaux. »

« La finition des vaches de réforme permet de gagner de l’ordre de 50 kilos de carcasse et 300 euros de recette », rappelle l’étude d’Idele. Quand elle est réalisée à moindre coût, à la pâture, elle s’avère très rémunératrice. Elle satisfait également la filière viande qui a besoin de vaches laitières bien engraissées.

L’autre piste pour améliorer le produit viande consiste à « utiliser le croisement en races à viande et élever les veaux un peu plus longtemps pour améliorer leur prix de vente de 150 à 200 €, parfois plus ». L’utilisation de semence sexée permet d’aller jusqu’à plus d’un tiers de croisement sans pénaliser le renouvellement. L’intérêt de vendre des vaches et génisses pour la production est très tributaire de la conjoncture laitière. Mais, produire des génisses pour les marchés d’export, très demandeurs, reste intéressant si elles sont élevées à coût marginal.

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