Réussir lait 04 janvier 2006 à 17h54 | Par Costie Pruilh

Choisir du maïs fourrage - Qualité et rendement réguliers font un bon maïs

A côté des principaux critères de choix d´une variété de maïs, s´ajoutent une exigence de régularité et d´autres critères tels que le « stay green », la dégradation lente de l´amidon.

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Nous faisons le point avec Bertrand Carpentier, d´Arvalis institut du végétal, sur les critères pris en compte par les éleveurs pour leur choix variétal. Tout d´abord, les éleveurs restent très sensibles à l´aspect de la plante et à son gabarit. Les critères importants restent le rendement, évalué par le remplissage des silos, et la précocité pour adapter la variété à sa région. Les éleveurs cherchent aussi des maïs de bonne valeur alimentaire.
Le groupe de précocité
La précocité est le premier critère de choix. Il répond à l´objectif de récolter le maïs à 30-35 % MS. C´est un critère essentiel en régions froides où la température est un facteur limitant. Dans ces régions, l´éleveur opte pour des variétés très précoces, et vise des teneurs en matières sèches de 29-32 %. En région plus chaude, l´éleveur a plus de possibilités. Son objectif est une teneur en matière sèche de 35 %, ni plus (problème de conservation), ni moins (moins bon rendement, moindre ingestion). Jouer sur la précocité peut également s´expliquer par des contraintes de calendrier : assurer un affouragement précoce, libérer une parcelle plus tôt.
Les dernières années, plus chaudes, ne doivent pas induire les éleveurs des zones froides en erreur. Attention à ne pas prendre trop de risque avec la précocité.

Le rendement et sa régularité
Un maïs fourrage doit combiner la quantité et la qualité pour fournir des UF à bon coût. Il doit aussi être suffisamment rustique pour s´adapter à des conditions extrêmes et assurer ainsi la sécurité alimentaire que l´éleveur attend de lui. La régularité du rendement et de la qualité des variétés sont des critères qui deviennent prépondérants au vu de la variabilité climatique de ces dernières années.
Dans les résultats du réseau d´expérimentation variétale post-inscription, l´écart-type permet d´apprécier cette régularité de rendement. Plus il est important, plus la variété est irrégulière.
Chaque année, 20 à 30 nouvelles variétés de maïs sont commercialisées. La valeur alimentaire et le rendement énergétique s´améliorent. ©S. Randé

Les autres critères agronomiques
 La tenue de tige ou résistance à la verse, est un critère important pour l´éleveur, mais les progrès ont été tels dans ce domaine que ce n´est plus vraiment un critère discriminant, sauf en zone ventée. La verse est exprimée en pourcentage de tiges versées (cassées ou pliées) au moment de la récolte.
Pour combattre une idée reçue, il n´y a pas de relation entre tenue de tige et digestibilité. Ce n´est pas tant la présence de lignine qui joue sur la tenue de tige, mais plutôt un agencement de cellules.
 Le stay green ou l´aptitude à rester vert plus longtemps, est très apprécié des éleveurs. Il est synonyme de production de matière sèche, de plante robuste, de sécurisation du chantier de récolte et de bonne conservation du silo. Cependant il faut être vigilant ; des éleveurs se sont fait piéger par le vert des feuilles et ont récolté des plantes trop avancées en maturité avec des grains très mûrs.
Dernier point, un feuillage trop vert peut générer des pertes par jus au silo.

 La vigueur au départ est un critère regardé, surtout en zone froide où les plantes risquent de végéter. Le développement rapide des plantes peut être un atout dans la lutte contre les ravageurs de la graine et de la jeune plante.
La valeur alimentaire
La valeur alimentaire est jugée par les éleveurs à travers plusieurs critères : la valeur énergétique, la digestibilité, la MAT.
De l´avis des techniciens, les éleveurs peuvent se contenter des UF par kg de matière grasse pour évaluer la valeur alimentaire d´une variété de maïs.
 La valeur énergétique est exprimée en Unité fourragère lait ou viande (UFL, UFV). On parle de la même chose quand on parle de digestibilité ou de valeur énergétique. L´amidon est presque totalement digestible et de forte valeur énergétique.
La partie « tige feuilles » a une digestibilité plus variable, qui est appréciée via un calcul, le Dinag.
L´amélioration de la valeur énergétique plante entière passe par la qualité des tiges et feuilles. Les marges de progrès existent.

 Les éleveurs ont l´impression que les maïs sont de plus en plus pauvres en matière azotée totale (Mat). Or, à rendement identique les variétés d´aujourd´hui sont un peu plus riches que les anciennes. Cette impression est due au progrès accompli sur les rendements, qui ont conduit à une dilution de la Mat. Les sélectionneurs ne cherchent pas à améliorer la Mat car le progrès génétique potentiel est faible sur ce critère.
En outre, la complémentation azotée à l´auge est maîtrisée par l´éleveur, et économique.
 L´amidon des grains amène la majeure partie de l´énergie. La teneur en amidon augmente avec la maturité de la plante. Un maïs à 32 % MS contient 30 à 32 % d´amidon. L´éleveur peut jouer sur ce critère via le choix de l´indice de précocité et le choix du stade de récolte.

C´est un critère à prendre en compte lors de la complémentation, la teneur de la ration complète ne devant pas excéder 28 % d´amidon pour limiter le risque d´acidose. L´amidon de certaines variétés est qualifié d´« amidon lent ». Cet amidon étant moins rapidement dégradé par les micro-organismes du rumen, une partie passe dans l´intestin où il est digéré.
Cette caractéristique permet à des éleveurs utilisant des rations très riches en amidon, de maintenir l´équilibre du rumen pour éviter l´acidose, tout en maximisant les atouts de l´amidon apporté. En effet, l´énergie issue de cette digestion intestinale sert directement la production laitière, dans la limite du potentiel génétique de l´animal.
Par contre, sur des rations à moins de 27-28 % d´amidon, les essais n´ont pas montré l´intérêt de l´« amidon lent » : pas de différence de production laitière, pas de différence sur le plan sanitaire.
L´amidon lent est vitreux. Il se trouve en plus forte proportion dans les grains cornés, que l´on trouve plutôt sur les variétés précoces. D´autre part, plus le grain mûrit, plus la proportion d´amidon vitreux augmente.

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