Réussir lait 15 mai 2002 à 11h01 | Par C. Gérard d´après l´Inra de Theix

Alimentation des bovins - Les levures ont un effet positif sur les fermentations

Les levures procurent un milieu propre à de bonnes fermentations dans le rumen. D´où leur intérêt dans la prévention de l´acidose.

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Pour Gérard Fonty, chercheur à l´Inra de Theix (Puy de Dôme), le premier effet des levures dans la ration est de créer dans le rumen les conditions « abiotiques » nécessaires à de bonnes fermentations de la flore naturellement présente. Car les levures consomment les traces d´oxygène qui gêneraient la croissance des micro-organismes du rumen.
En deuxième lieu, les levures sont aussi des apporteurs de nutriments : des métabolites - acides aminés, vitamines, acides organiques - qui stimulent l´utilisation de l´acide lactique. D´où la préconisation des levures dans la prévention de l´acidose.
De plus, les levures sont aussi capables d´augmenter l´activité cellulolytique (dégradation de la cellulose) des micro-organismes du rumen, en particulier des champignons qui sont des anaérobies stricts.

Elles stabilisent la flore du rumen
La levure, probablement via la thiamine qu´elle apporte, est capable de doubler la dégradation de certaines celluloses par les champignons du rumen. « Ces champignons sont mal connus, mais exercent une activité fondamentale, enzymatique et physique, à l´égard des végétaux », a précisé Gérard Fonty, lors d´une journée sur les probiotiques, organisée par l´Aftaa(1) en mars dernier.
Enfin, des travaux menés sur des agneaux lui permettent d´affirmer que « les levures stabilisent l´écosystème qu´est le rumen ». En présence de levures, la flore cellulolytique est plus stable, et les activités cellulolytiques sont stimulées.
Les probiotiques pour les bovins

Gérard Fonty est passé rapidement sur les effets zootechniques de l´ajout de levures (4 à 7 % de hausse de production laitière, 7 à 10 % de croissance en plus sur des bovins viande). Mais il rappelle que les effets seront plus marqués dans certaines conditions. D´abord dans le cas de rations à problèmes : acidogènes, déficientes, ou transitions alimentaires. Mais aussi pendant certaines périodes sensibles de la vie de l´animal : après la naissance, au sevrage, en cas de stress... « Mais pas avec n´importe quelle souche. Il faut adapter la souche à la cible. » Certaines levures seront en effet plus efficaces pour maintenir un bon pH, tandis que d´autres seront privilégiées pour favoriser la dégradation de la cellulose. Sachant que, dans tous les cas, l´essentiel est bien de maintenir ces levures vivantes dans le temps, dans le rumen... et dans l´aliment.

(1) Association française des techniciens de l´alimentation animale.

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