Réussir lait 23 février 2017 à 08h00 | Par Annick Conté

2,9 millions d'euros pour inventer le tank à lait de demain

Un projet collaboratif Tank 2020 s'est monté dans le grand Ouest. Il vise une réduction de 80% de la consommation d'électricité du réseau.

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- © A.Conté

La savez-vous ? Le tank à lait représente à lui seul 35 à 45% de la consommation totale d'électricité d'un élevage laitier. C'est le premier poste devant la production d'eau chaude pour le nettoyage de la machine à traire et du tank qui en consomme 25 à 40 %.

Un ambitieux projet collaboratif Tank à lait 2020 a vu le jour autour de l'entreprise mayennaise Serap industries, n°1 français du tank à lait et n°2 mondial. Son objectif : réduire de 80% la consommation annuelle d'électricité du réseau pour les usages froid et chaud de la salle de traite, et effacer totalement les consommations en heures de pointe. Il vise aussi à supprimer l'utilisation de fluides frigorigènes fluorés à fort PRG (Pouvoir de réchauffement global) qui seront interdits par la réglementation à l'horizon 2020, notamment celui qui fait référence actuellement pour les tanks à lait (1). Le tout en continuant à refroidir efficacement (en moins de 3 heures) le lait à 4°C. A côté de cette ambition développement durable, le projet a aussi un volet solidaire : concevoir un tank à lait autonome en énergie pour les pays en voie de développement.

Laïta et Lactalis font partie du consortium

Serap Industries est le porteur et le pilote opérationnel du projet.Font partie du consortium : le pôle Cristal spécialiste de la réfrigération, l'institut de l'élevage du Rheu, le GIE Elevages de Bretagne, et les groupes Laïta et Lactalis. Le projet  a été labellisé par le pôle de compétitivité Valorial pour son côté innovant et stratégique pour la filière, et son côté qualité sanitaire. Il bénéficie ainsi d'un soutien de 796 000 EUR de l'Etat et de l'Ademe via le programme investissements d'avenir, sur un montant global de 2,9 MEUR. Les régions Bretagne et Pays de la Loire contribuent chacune à hauteur de 66 500 EUR. Les transformateurs Laïta et Lactalis apportent à eux deux 100 000 EUR. Programmé sur quatre ans, le projet vise une commercialisation du produit par Serap en 2020. Un test en fermes expérimentales et en élevages d'une pré-série de 20 tanks est prévu avant la phase d'industrialisation. Les ingénieurs thermiciens vont explorer un panel de solutions : nouveau fluide de réfrigérations, technologies de compression et d'échanges, énergies renouvelables, nouvelles technologies (mesures en continu de paramètres du lait, modèle numérique de consommation, stockage d'énergie...)

Ce projet est dans le prolongement du programme Eco énergie lancé en Bretagne en 2009. Un dispositif partenarial qui a permis de subventionner ( 5 MEUR) près de 2200 pré-refroidisseurs et 500 récupérateurs de chaleur dans un quart des élevages bretons.

Rappelons qu'en France, les laiteries sont propriétaires de 80% des tanks. Le marché français représente 2000 tanks par an avec une capacité moyenne de 7000 litres.

(1)fluide frigorigène R404A qui a un PRG 3900 fois supérieur au CO2.

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