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Céréales et oléoprotéagineux bio : la baisse attendue de la collecte de maïs soutient les prix malgré une consommation animale ralentie

Le marché des céréales bio est attentiste, entre prudence des vendeurs face au recul attendu de la collecte et la baisse de la demande en alimentation animale liée aux canicules. Cette situation tire les prix du maïs à la hausse et génère des flux d’importations, tandis que les stocks disponibles en blé freinent les achats des industriels.

© Marc Benedetti / Pixabay

Le marché bio des céréales demeure peu animé, coincé entre l’attentisme des vendeurs qui anticipent une baisse marquée des collectes de cultures de printemps et une demande amoindrie par les fortes chaleurs. Les canicules et la sécheresse des dernières semaines ont en effet entamé les potentiels de rendement, laissant présager des petites récoltes à l'automne. Dans le même temps, ces conditions météo pénalisent la demande en alimentation animale du fait de la baisse de consommation des cheptels et de la surmortalité observée dans les élevages de volailles. Face à cette situation, les industriels s'approvisionnent avec prudence depuis le début de l'été et étalent progressivement leurs couvertures sur la nouvelle campagne.

Les pertes de rendement en maïs bio soutiennent les prix et stimulent les importations depuis l'UE

Les craintes d'une forte baisse de la récolte de maïs bio en France, sous l'effet de la sécheresse et des vagues de chaleur successives, ont fait monter les prix. Les acheteurs doivent désormais proposer près de 400 €/t pour déclencher les ventes. Selon plusieurs opérateurs, un grand nombre d'agriculteurs préfèrent patienter avant de céder leurs stocks de maïs, dans l'espoir d'une poursuite de la hausse des prix.

Face à cette rétention de l'offre et aux incertitudes sur la disponibilité de la marchandise française, plusieurs fabricants d'aliments se tournent vers l'importation, notamment auprès de fournisseurs du centre et de l'est de l'Europe, pour des livraisons prévues en octobre, voire en janvier.

Des rendements décevants en blé entretiennent la rétention des agriculteurs

En blé bio, les opérateurs continuent d'évaluer les premiers résultats des moissons. Malgré une progression des surfaces semées par rapport à la campagne précédente, les volumes récoltés devraient reculer en raison de rendements inférieurs aux attentes, avec des reculs de l’ordre de 10 à 20 % dans les « bonne terres », et de 20 à 30% dans les sols à plus faible potentiel.

Les premiers retours font état d'une qualité très satisfaisante, avec des taux de protéines et des poids spécifiques supérieurs à ceux de l'an dernier. Certains meuniers profitent de cette bonne qualité pour s'approvisionner en blés fourragers qui seront valorisés en meunerie.

Toutefois, la plupart des industriels disposent encore de stocks issus de la récolte 2025, ce qui limite leurs besoins immédiats et freine les engagements sur la récolte 2026. Les fabricants d'aliments poursuivent, quant à eux, une politique d'achats opportunistes, réalisée par à-coups.

Des besoins couverts en orge brassicoles, qui limitent le potentiel de hausse pour l’orge de mouture

Selon les opérateurs interrogés, les rendements des orges bio sont estimés en baisse dans des proportions similaires au blé par rapport à la campagne précédente. De nombreux producteurs ont privilégié les ventes vers le débouché brassicole, généralement plus rémunérateur que l'alimentation animale. Cette orientation a permis aux principaux acteurs industriels de sécuriser rapidement leurs besoins, réduisant désormais fortement les possibilités de ventes additionnelles sur ce marché.

Une large part des volumes d'orge encore non contractualisés devrait finalement être orientée vers l'industrie des aliments composés, ce qui limite le potentiel de hausse des prix de l'orge de mouture. Les opérateurs ne rapportent aucune difficulté particulière à trouver de la marchandise.

Une demande animale pénalisée par les fortes chaleurs en début de campagne

Après cette séquence attentiste, les industriels de l’alimentation animale pourraient revenir aux achats de façon plus dynamique à l’automne, en raison du déficit de fourrages et de la baisse attendue de la récolte de féveroles, qui devraient accroître les besoins en aliments composés.

L’expression de cette demande ne devrait pas se faire sentir avant plusieurs mois, le temps de la reconstitution des cheptels de volailles et du retour de la consommation au niveau de celui observé avant l’été.

Lire aussi | Moisson bio 2026 : des volumes de céréales bio inférieurs aux attentes 

 

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