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Fret fluvial : regain d’exportation de maïs et de colza vers l’étranger en 2025

Si le transport fluvial relatif à la filière agricole enregistre en 2025 un petit repli en tonnes-kilomètres (-3,4 % par rapport à 2024), il connaît une croissance en volume de grains transportés (+2,2 %, avec 12,05 Mt). 

« Pour rattraper progressivement les effets d’un sous-investissement historique », 100 M€ sont dédiés à la régénération du réseau, souligne Voies navigables de France.
© Karine Floquet

Si globalement le transport fluvial en France (43,1 millions de tonnes transportées et 5,67 milliards de tonnes-kilomètres) affiche en 2025 un niveau relativement stable en tonnes-kilomètres (-1,8 % par rapport à 2024), porté notamment par la filière métallurgique, celle de l'agriculture a connu en 2025 un repli en tonnes-kilomètres, de 3,4 % par rapport à 2024. « Ce résultat s’inscrit dans une campagne céréalière 2024-2025 parmi les plus faibles des quarante dernières années, avec un fort impact sur le premier trimestre 2025 (-22 % en tonnes transportées) », commente Voies navigables de France (VNF) dans son dossier de presse, publié à l’occasion de sa conférence de presse annuelle qui s’est déroulée le 16 avril à Paris.

Cependant, « la reprise de la nouvelle campagne 2025-2026 a permis une belle reprise à partir de juillet (+35,7 % en tonnes-kilomètres) », souligne l’établissement public. Finalement, fort de ses 12,05 Mt transportées, le transport fluvial relatif à la filière agricole enregistre en 2025 une croissance en volume de 2,2 % par rapport à 2024. 

Dynamisme des bassins rhénan et Nord-Est 

« À l’échelle des bassins de navigation, l’année 2025 met en évidence des dynamiques territoriales contrastées mais globalement encourageantes « dans l’objectif de retrouver un niveau d’activité d’avant crise Covid-19 », indique VNF.

Concernant la filière agricole, on notera une légère hausse du trafic sur le bassin Nord-Est (+0,7 % en 2025 par rapport à 2024), « grâce au transport de graines de colza au départ de Metz vers l’étranger ». Par ailleurs, sur le bassin rhénan, seule la filière agricole progresse « du fait d’un regain des exportations de maïs vers l’Union européenne et d’une absence de concurrence de l’Ukraine (+13,1 %) ». 

S’agissant du bassin de la Seine, l’activité (- 1,6 % entre 2024 et 2025) a pâti de la baisse de la filière agricole, victime entre autres de l’arrêt de l’écluse Coudray à l’été 2025.

Des infrastructures en pleine rénovation

VNF poursuit l’entretien et la modernisation du réseau fluvial Voies navigables de France (VNF) en investissant près de 249 M€ en 2026 dans la reconstruction d’ouvrages de navigation (barrages, écluses…), l’automatisation et la sécurisation de leur fonctionnement. 

Lire aussi : Canal Seine-Nord Europe : un rapport de la Cour des comptes contesté par l’Alliance Seine-Escaut

« Pour rattraper progressivement les effets d’un sous-investissement historique », 100 M€ sont dédiés à la régénération du réseau, souligne VNF. Quelques 300 opérations sont programmées sur « les ouvrages de grand gabarit datant des années 1960-1970 et ceux de petit gabarit en très grande majorité du XIXe siècle ». On notera en particulier la modernisation de l’écluse n°4 de Notre-Dame-de-la-Garenne sur l’axe Seine, « pour accompagner la montée en puissance du transport sur cet axe stratégique », et l’achèvement des travaux aux écluses de Gambsheim sur le Rhin, « les plus grandes écluses intérieures de France » et un « maillon essentiel du corridor fluvial du Rhin ».

VNF va également consacrer 74 M€ à la mise en service de plusieurs sites de téléconduite (comme Vives Eaux, Gambsheim ou Garonne) et à l’automatisation des ouvrages, y compris sur les axes de petit gabarit, et 26 M€ à la mise en sécurité et à l’adaptation du réseau au changement climatique, avec notamment la rénovation de plusieurs ouvrages clés tels que les barrages-réservoirs de Panthier, de la Mouche et du Plessis.

Lire aussi : Logistique des céréales : composer avec la fluctuation des niveaux d’eau des fleuves

Accélération du report modal par la création de filiales portuaires

VNF a adopté une nouvelle stratégie pour « développer la compétitivité des ports intérieurs et, à travers elle, la compétitivité de toute la logistique fluviale », avec la création d’une première filiale portuaire. Baptisée Ports de Lorraine, elle a pour mission le développement et l’aménagement du foncier logistique de VNF sur la Moselle canalisée. L’objectif est d’ « accélérer le report modal, en proposant aux entreprises des solutions logistiques plus performantes ».

Lire aussi : Les difficultés financières de VNF pourraient conduire à une hausse des coûts du fret fluvial

Ainsi, depuis le 1er janvier 2026, les services logistiques de cinq ports publics de la Moselle canalisée ont été concédés pour quinze ans au groupement Lorraine Multi Hubs (LMH), composé des entreprises Rhenus Partnership France, Modalis, MGE et du Grand Port Maritime de Dunkerque.

VNF devrait lancer dans les mois et années à venir de nouvelles filiales portuaires au rythme des renouvellements de concessions. « La création d’une filiale portuaire concernant les ports de la Saône à grand gabarit (Mâcon, Chalon et Pagny) est d’ores et déjà en discussion pour 2026 », précise l’établissement public. La suivante pourrait concerner le réseau des Hauts-de-France.

Croissance et verdissement de la flotte française

En 2025, la flotte fluviale française est en croissance par rapport à 2024 (+1,7 %). « Une évolution qui se réalise exclusivement sur les grosses unités automotrices : les RHK (Rhein-Herne-Kanal) avec 29 unités supplémentaires et bateaux types grands rhénans », précise Voies navigables de France (VNF) dans son dossier de presse, publié à l’occasion de sa conférence de presse annuelle qui s’est déroulée le 16 avril à Paris.

Par ailleurs, le verdissement de la flotte, « enjeu crucial qui contribue à la transition écologique, énergétique et touristique des territoires », se poursuit. A titre d’exemple, le recours au biocarburant HVO, qui permet de « réduire jusqu’à 92 % des émissions de CO2, des polluants Nox et des particules fines, s’est fortement accéléré en 2025 », concerne désormais « près de 70 % de la flotte de plaisance locative ». L’électrification des quais qui vise à supprimer l’usage des groupes électrogènes en escale contribue également à cet enjeu, et s’est matérialisé en 2025 par l’installation de bornes à Strasbourg, Chalon-sur-Saône et Tain-Tournon, indique VNF.

Lire aussi : Transport fluvial - VNF enregistre une progression du fret céréalier en 2022

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