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Avec 28 400 hectares en 2025, la consommation masquée des terres agricoles progresse et dépasse l’artificialisation

Si le marché de l’artificialisation des terres agricoles a continué de ralentir en 2025, celui de la consommation masquée est reparti à la hausse, selon la FNSafer.

Paysage agricole, activité agricole en bordure de zone résidentielle
La surface annuelle destinée à l’artificialisation a été divisée par deux en quatre ans : passant de 16 800 hectares en 2022 à 8 500 hectares, « un seuil plancher inédit en 30 ans », selon la FNSafer.
© Nicole Ouvrard

En 2025, le marché de l’artificialisation des terres agricoles a reculé en France mais la consommation masquée a progressé, alerte la FNSafer. Un phénomène plus diffus, connu et observé mais difficile à mesurer.

Le marché de l’artificialisation a continué de baisser en 2025 pour concerner 12 990 transactions et une surface de 8500 hectares (en baisse de 16,6% en un an).

La FNSafer qui a livré ces chiffres le 22 mai dernier entend par marché de l’artificialisation les biens qui ont « un usage ou une vocation agricole au moment de la vente et sont destinés à être artificialisés, c’est-à-dire des biens acquis en phase amont de l’urbanisation planifiée ».

Lire aussi : Terres agricoles : le marché sociétaire a poursuivi sa hausse structurelle en 2025

La surface annuelle destinée à l’artificialisation a été divisée par deux en quatre ans : passant de 16 800 hectares en 2022 à 8 500 hectares, « un seuil plancher inédit en 30 ans », selon la FNSafer. Un phénomène lié au contexte macroéconomique (avec l’augmentation des coûts de production) mais aussi à la mise en œuvre des politiques d’aménagement en faveur de l’environnement, telles que l’objectif zéro artificialisation nette (ZAN).

La FNSafer note par ailleurs un recul des biens acquis par des promoteurs (-7% en nombre et -23,9% en surface) entre 2024 et 2025.

Evolution du marché de l’artificialisation entre 2016 et 2025

Evolution du marché de l'artificialisation entre 2016 et 2025

Source : groupe Safer

Lire aussi : Quel est le prix des terres agricoles en 2025 ?

Trois fois plus de surfaces en consommation masquée que de terres artifialisées

A l’inverse, le marché de la consommation masquée des espaces agricoles tend à progresser. Selon les indicateurs de la FNSafer, elle a atteint 28 400 hectares en 2025 après le recul entre 2022 et 2024 qui a suivi un pic à plus de 40 000 ha lors des années Covid. Soit trois fois plus que la surfaces des terres artificialisées.

La FNSafer inclut dans le marché de la consommation masquée des biens bâtis et non bâtis, acquis par des non-agriculteurs, pour un détournement probable de l’usage agricole (loisir, stockage informel, mise à distance du voisinage, stratégie de spéculation anticipant une urbanisation…). Elle prend en compte les biens dont la surface est inférieure au seuil minimal d’assujettissement à l’usager de la MSA ou dont la surface ne fait pas l’objet d’une déclaration PAC. Concernant les biens bâtis, seuls ceux dont la surface pouvant accueillir une activité agricole est supérieure à 2500 m2 sont inclus.

Lire aussi : Consommation masquée des terres agricoles : quelle ampleur du phénomène en France et comment lutter ?

« La consommation masquée touche les espaces sous pression urbaine mais aussi des territoires a priori moins concernés par la pression foncière », souligne la FNSafer dans son bilan annuel. Elle serait fortement notamment dans les espaces bocagers et de montagne et sur les petites parcelles. Autre élément notable, 49% des transactions portent sur des biens bâtis.

Evolution du marché de la consommation masquée, de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers et du marché de l’artificialisation entre 2015 et 2025

Evolution du marché de la consommation masquée et du marché de l'artificialisation

Note : Les années 2023 à 2025 de la consommation marquée sont représentées en pointillés car il s’agit d’une estimation

Sources : Cerema (*) et Groupe Safer (**)

Lire aussi : Les dispositifs visant à lutter contre la cabanisation pourraient être intégrés dans la loi d'urgence agricole

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