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Cerise : « Mouche : 1. Producteur : 0 »

La pluie en mai a provoqué de nombreux abandons de récolte de cerise, du sur-tri et le développement exponentiel de Drosophila suzukii. Il n’en fallait pas plus pour faire de 2018 une annus horribilis.

Seuls les filets ont une efficacité suffisante pour réduire les dégâts de D. suzukii sur cerise. © C. Zambujo

Filant la métaphore footballistique, Jean-Christophe Neuron, président de l’AOP Cerises de France a résumé la situation de l’année 2018 : « Mouche : 1. Producteur : 0 ». « Carton rouge pour la pluie, carton rouge pour le mistral, absent, a-t-il lancé à l’assemblée en ouverture de la de la journée « cerise » organisée sur le domaine de La Tapy (Vaucluse) début juillet. Aujourd’hui, la situation des exploitations est plus que tendue. Si l’ensemble des acteurs semble avoir joué le jeu tout au long de la saison, malheureusement, les prix n’ont pas été au rendez-vous. En seconde partie de saison, les opérateurs se sont même tournés vers du produit d’import. » La campagne a en effet été catastrophique, et arboriculteurs et expéditeurs sont épuisés à trier, encore et encore, une production mise à mal par trois semaines de pluie discontinues, et les nombreux dégâts liés à Drosophila suzukii. La morale de l’année est donc sans équivoque. « Les épisodes de pluie ont montré que nous ne disposions d’aucun outil pour se battre contre Drosophila suzukii quand les pressions sont trop élevées. Les abandons de fruits sur les arbres ont été nombreux, créant ainsi de véritables nurseries pour les prochaines générations. Techniquement, nous ne sommes pas à la hauteur, nous n’avons pas les outils. Il faut aller vite maintenant, sinon les solutions qui seront proposées dans cinq ans ne serviront à rien puisqu’il n’y aura plus de producteurs. » Loin de baisser les bras, le président a annoncé que l’AOP allait mettre en place cet été un plan de restructuration et faire « des propositions concrètes très rapidement pour sortir de l’impasse ».

Pas les armes pour lutter

Aucun des outils actuellement disponibles pour lutter contre D. suzukii ne semble l’impacter efficacement. Certes, la recherche travaille et des pistes émergent mais concrètement, comme le résumait un arboriculteur : « Vous n’avez donc rien à nous proposer d’efficace pour 2019 ». Seuls les filets montrent une efficacité recherchée par les arboriculteurs et les opérateurs aval, puisqu’ils permettent de réduire très fortement les dégâts sur fruit, et les traitements phytosanitaires. « Cependant, cette solution demande un investissement financier important qui freine sa mise en place », reconnaissait le nouveau directeur de La Tapy, Pascal Rousse. En effet, le coût d’équipement d’un hectare de filet est actuellement évalué autour de 100 000 euros.

Pascal Rousse, nouveau directeur

Pascal Rousse est arrivé à la direction administrative de La Tapy le 18 juin dernier. Il aura également en charge le programme technique « raisin de table ». Une double compétence – formation ingénieur agro et entomologiste – et un parcours « très polyvalent » caractérisent le nouveau directeur passé par différents postes de recherche et développement et dans des structures variétés (IRD, Chambre d’agriculture, université de la Réunion, Muséum d’histoire naturel, Anses notamment).

 

 

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