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Lits de travail en maraîchage : la check-list des qualités ergonomiques

Une étude réalisée par l’université de technologie de Compiègne pointe les caractéristiques idéales des lits de travail en maraîchage, dans l’optique de prévenir les troubles musculo-squelettiques.

<em class="placeholder">Lit de travail du constructeur Elatec</em>
En maraîchage, les lits de travail « offrent un avantage significatif par rapport au travail debout, cependant certains points de vigilance et des axes d’amélioration subsistent », pointe l'étude.
© Elatec

Planter, désherber ou encore récolter en position allongée ? C’est ce que proposent les lits de travail. « Ils offrent un avantage significatif par rapport au travail debout, cependant certains points de vigilance et des axes d’amélioration subsistent afin d’optimiser davantage le confort et la sécurité des utilisateurs », conclut une étude commandée par le ministère de l’Agriculture et réalisée par l’université de technologie de Compiègne (UTC). Les travaux ont combiné des essais terrain avec des simulations et mesures biomécaniques en laboratoire. Il en ressort une liste de qualités ergonomiques qu’un lit de travail doit offrir concernant les différentes zones anatomiques.

La zone de la tête

Au niveau de la tête, « il est important d’assurer un réglage vertical et horizontal, mais surtout un maintien complet de la tête, comme le proposent les repose-têtes des tables de massage », estiment les auteurs.

Or, l’étude relève que plusieurs équipements actuellement commercialisés n’assurent pas un maintien complet de la tête, puisqu’ils se limitent à un simple appui-tête sur lequel repose le front. « Le fait de localiser le maintien au niveau du front provoque l’extension de la tête sous l’effet de la gravité », écrivent-ils.

De plus, plusieurs équipements n’offrent pas de réglage vertical au niveau de la tête, mais seulement un réglage horizontal pour ajuster l’appui-tête sous le front, en l’avançant ou en le reculant. C’est donc aussi un point de vigilance.

Les matériaux hygiéniques et confortables sont recommandés, de même que les mousses à mémoire de forme, avec une densité de 50 à 85 kg/m³.

Le tronc et les membres supérieurs

« Le réglage de la hauteur du lit par rapport au sol doit permettre un angle bras avant-bras compris entre 135 et 145° », conseillent les auteurs. Est aussi recommandée une inclinaison du corps de sorte à avoir la tête plus haute que les pieds, avec un angle de 20°. Cette inclinaison « favorise le retour veineux et améliore le confort respiratoire en limitant la pression sur les tissus thoraciques », décrit l’étude. De plus, un espace libre d’au moins 5 cm autour de l’articulation de l’épaule est jugé nécessaire.

La largeur et la forme du lit doivent pouvoir s’adapter à la morphologie de chacun. Mais l’étude constate que dans le commerce, certaines solutions de maintien du tronc « présentent une largeur fixe et ne prennent pas en compte les différences morphologiques entre homme et femme, ce qui engendre l’apparition de points de pression provoquant une mauvaise circulation du sang et un engourdissement des membres. »

Les membres inférieurs

S’agissant des membres inférieurs, le lit doit être réglable en longueur, or les auteurs ont constaté que, sur plusieurs modèles, la longueur et la courbure du lit ne peuvent pas être ajustées à la taille de l’utilisateur. « Ainsi, il est possible d’observer des utilisateurs dont les pieds dépassent du lit lorsque celui-ci est trop court, ou bien les pieds positionnés sur les côtés si le lit est plus long », souligne l’étude.

Est aussi recommandé un angle de la hanche de 150° (angle tronc/cuisse) pour mieux répartir les appuis et soulager la zone lombo-pelvienne.

Pour le support de maintien des pieds, l’angle conseillé est de 90°, c’est-à-dire en position neutre. Sur certains modèles, les auteurs observent que « l’emplacement destiné à maintenir les pieds n’est pas ergonomique et contraint l’utilisateur à adopter des postures risquées. »

Il faut aussi un système permettant une extraction rapide des membres en cas de danger.

Pour assurer la sécurité sur toutes les zones du corps, les auteurs recommandent un contrôle régulier de l’état des réglages et des mousses, qui peuvent se détériorer à l’usage.

Retrouvez l’intégralité de l’étude ici

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