Aller au contenu principal

Consommation : « Les rayons fruits et légumes en grande distribution ne font pas le plein »

Philippe Goetzmann est consultant, spécialiste des marchés de grande consommation alimentaire. Il analyse les évolutions rapides auxquelles la production française de fruits et légumes doit faire face.

Philippe Goetzmann, consultant, spécialiste des marchés de grande consommation alimentaire.
Philippe Goetzmann, consultant, spécialiste des marchés de grande consommation alimentaire, pointe notamment le manque d'information sur les fruits et légumes en rayon.
© E. Thuillier

Nos pratiques alimentaires évoluent très vite. Les actifs n’ont jamais eu aussi peu de temps pour acheter et cuisiner. La cuisine est externalisée avec des plats cuisinés, de la livraison, du fast-food. Or les fruits et légumes rentraient de façon naturelle dans les repas familiaux. Ce qui ramène au sujet des débouchés hors foyer où les légumes et fruits sont aujourd’hui peu valorisés.

Lire aussi : La consommation de fruits et légumes au défi de la relance

Il faut aussi questionner la nature des produits que l’on vend en rayon. Les usages évoluent. La taille des ménages diminue. Ça influence le type de plat préparé à la maison. On ne cuisine pas un chou-fleur pour une ou deux personnes. Le monde agricole doit intégrer qu’on ne produit pas pour préserver des traditions mais pour répondre à des besoins qui ont changé.

« L’assortiment se réduit mécaniquement »

Globalement, les rayons des fruits et légumes en grande distribution ne font pas le plein. Les primeurs ont une bonne dynamique de chiffre d’affaires selon Circana, tandis que la grande distribution perd globalement des parts de marché. Les hypermarchés reculent, les enseignes de proximité, le drive et la livraison à domicile se développent. L’assortiment se réduit mécaniquement.

Lire aussi : Prix des fruits et légumes : avec Tous Gagnants !, le collectif Nouveaux Champs s’attaque au partage de la valeur

Deux enseignes ont vraiment travaillé l’offre en fruits et légumes, Lidl et Grand frais, chacune avec un marketing et une offre prix différents. Elles ont organisé la logistique pour que les produits soient conservés à une température adaptée tout au long de la chaîne d’approvisionnement, garantissant ainsi une meilleure tenue chez le client. La part des fruits et légumes est de 16 % chez Lidl, soit le double de sa part de produits grande consommation (PGC). C’est l’inverse ailleurs.

Redéployer de l'information sur les lieux de vente

Autre problématique, l’information sur le lieu de vente. Elle a disparu. Qui connaît la nuance entre une boskoop et une golden ? On ne voit plus de tableau sur les variétés comme il y a vingt ans alors que le consommateur est aujourd’hui moins compétent. Il faut redéployer de l’information sur l’usage des variétés, sur ce qui se met au frais ou pas, ce qui ne doit pas être rangé ensemble… Le digital peut être un appui. Un produit mal conservé chez lui ne répondra pas aux attentes du consommateur lorsqu'il voudra le consommer.

Sur le prix des produits, il y a un sujet de compétitivité du fait du coût du travail, de la fiscalité, des normes qui coûtent une fortune, des surtranspositions qui n’ont pas de légitimité scientifique. On va devoir revenir là-dessus sinon on va importer toujours plus de produits.

Les plus lus

<em class="placeholder">Portrait de Florian Bernard dans son verger de cerises. </em>
Vaucluse : « En cerise, il n’y a pas de solution miracle contre Drosophila suzukii » selon Florian Bernard 

Florian Bernard, producteur membre de l'AOPn Cerises de France, témoigne sur les méthodes de lutte contre la mouche…

<em class="placeholder">Le tracker Okwind installé sur la Ferme de Torchy, exploitation maraîchère à à Dampierre-en-Bray en Seine-Maritime. </em>
Energie : « J’économise 12 000 euros par an grâce à un tracker solaire »

La Ferme de Torchy, en Normandie, s’est équipée d’un tracker solaire Okwind pour réduire sa facture d’électricité liée à sa…

<em class="placeholder">Lucie et Clément Tourre, arboriculteurs à Bellecombe-Tarendol dans les Baronnies provençales, en Drôme, ici dans un verger d&#039;abricotiers. </em>
Drôme : « Pour nos abricots, nous nous sommes réorganisés pour aller chercher de la valeur »
Production, emballage, commerce, logistique : Lucie et Clément Tourre s’engagent sur tous les fronts pour la performance…
<em class="placeholder">Verger de cerisiers</em>
Cerise : cultiver la prophylaxie contre Drosophila suzukii

Pour mieux protéger les vergers de cerisiers du ravageur Drosophila suzukii grâce à de la prophylaxie, les experts du…

<em class="placeholder">Cerises sur une branche de cerisier où l&#039;on voit des dégâts causés par Drosophila suzukii. </em>
Cerise et fruits rouges : contre Drosophila suzukii, TerCo CFR veut co-innover 

Lancé en 2025, le projet TerCo CFR réunit producteurs, chercheurs et acteurs locaux pour protéger cerises et fruits rouges de…

<em class="placeholder">Camille Savouré, productrice de myrtilles au Verger de La Croix à Pierrefitte sur Sauldre dans le Loir-et-Cher. </em>
Myrtille : des modèles économiques de production variés sont possibles

Pour montrer la diversité des modèles économiques possibles, l’association des producteurs de myrtilles de France recueille…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site filière Fruits & Légumes
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière fruits & légumes
Consultez les revues Réussir Fruits & Légumes et FLD au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière fruits & légumes