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Modèle de distribution

La Gabare se lance à l’eau

Un nouveau supermarché collaboratif est en train de naître à Orléans. La priorité de ce magasin ? Les produits locaux et le pouvoir d’achats.

Benoit Lonceint, fondateur et président de la Gabare, Jean-Piere Paulhac, secrétaire général, et Manon Aminatou, chargée des relations avec les institutions et des animations. © Julia Commandeur - FLD

De nouvelles formes de commerce, itinérant, collaboratif, alliant commerce numérique et magasin en dur, apparaissent. Ils ont souvent en commun le sourcing local et la volonté de proximité. On voit notamment le développement de supermarchés coopératifs et participatifs, où les actionnaires sont les clients, qui participent aussi à la vie du magasin. Ce modèle venu tout droit des Etats-Unis (avec la Park Slope Food Coop à New York) a fait son apparition en France. La Louve (Paris 18e), ouvert il y a trois ans, en est le parfait exemple. Mais on en en trouve aussi à Bordeaux (Supercoop), Lille (Superquinquin), Montpellier (La Cagette), Orléans Saint-Jean-de-Braye (la Coopérette)… Et justement à Orléans, une nouvelle initiative est en train de voir le jour et a été présentée lors de l’OpenAgriFood à Orléans les 21 et 22 novembre : La Gabare, du nom de ce bateau à fond plat qui transportait par les fleuves f&l et autres marchandises.

« Nous nous sommes inspirés du modèle de La Louve, explique Benoit Lonceint, fondateur et président. L’idée est de proposer une offre alimentaire qui repose sur un approvisionnement local, de circuit court pour faire travailler les agriculteurs de la région, avec une recherche du prix le plus juste, le moins de déchets possibles (donc nous allons faire beaucoup de vrac), et limiter notre empreinte carbone).» Chaque coopérateur s’engage à donner 3 heures de son temps toutes les 4 semaines pour assurer le fonctionnement du magasin et faire tous les métiers (ventes, achats, commandes, mise en rayon, etc.) pour venir en support des six salariés prévus. En échange, il a la possibilité d’acheter les produits du supermarché, dont l’accès est réservé à ses membres. « Le fonctionnement reposant sur le bénévolat et l’approvisionnement sur des produits locaux, cela nous permettra de vendre 20 à 40% moins cher que dans le commerce traditionnel. Alors qu’en moyenne un foyer de 4 personnes dépensent en moyenne 550 €/mois, nous pensons pouvoir proposer une économie de 150€/mois/foyer. L’économie se fait sur le fonctionnement du magasin et non sur le revenu des producteurs. » Le périmètre de l’approvisionnement ? « La région Centre, et pourquoi pas d’autres localités françaises. L’idée est que le consommateur puisse y retrouver 90% de ses besoins, un taux assez haut nécessaire pour modifier durablement le mode de consommation. Seuls les ventes et les votes des coopérateurs définissent la présence d’un produit en rayon. » L’objectif est d’atteindre 1 500 coopérateurs et de proposer 5 000 références (dont 15 à 20% de bio) sur 1 000 m2, avec un espace animation (pour organiser des débats, faire venir des nutritionnistes, des chefs, des agriculteurs…).

Initié en février-mars, le projet est fondé sur une approche entrepreneuriale et non pas militante et une SAS coopérative de forme SCV (société à capital variable) a été créée le 13 octobre, avec une cinquantaine de coopérateurs, d’horizons sociaux-professionnels très divers. Trois niveaux d’engagements sont possibles : le niveau A pour les personnes physiques à 100 € (10 parts, 1 personne = 1 voie), le  niveau B pour des personnes physiques ou morales à 500€ (l’auberge de jeunesse d’Orléans s’est par exemple engagée comme cela), et le niveau C, sans droit de vote, plutôt pour les institutions ou les mécènes, à 1000 € (la métropole, la Région, GRDF se sont engagés et la Gabare est en discussion avec La Poste, intéressée car le groupe a un projet de distribution alimentaire).

Le projet est estimé à 1M€ et a déjà le soutien du Crédit Agricole et de France Active. Une cagnotte de 20 000 € pour l’équipement pour le vrac va être lancée dans les prochains jours sur KissKissBangBang. L’ouverture est prévue à la fin du printemps 2019.

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