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L’Allemagne domine le marché européen de l'asperge

La production européenne d’asperges est relativement stable depuis six ans. L’Allemagne y tient un rôle majeur et se taille la part du lion.

L’aspergeraie française est en croissance dans tous ses bassins de production privilégiant la précocité de production © RFL

L’Europe a enregistré sa meilleure récolte d’asperges en 2011 avec 273 000 t. Selon Eurostat, la récolte 2015 s’en est approchée avec 265 000 t et celle de 2016 a été sensiblement du même niveau. Sur ces années, le recul de la production en Espagne a été compensé par une augmentation des récoltes en Allemagne. En effet, ce pays reste le plus gros producteur européen et se taille la part du lion avec 49 % des volumes communautaires de 2015. L’Espagne et l’Italie suivent avec respectivement 19 % et 17 %. Le classement européen témoigne de l’effondrement de la Grèce qui passe de 15 % au début des années 2000 à 10 % en 2005 et 3 % en 2015. La production grecque est tombée à 7 500 t/an, victime de l’augmentation de la production en Allemagne qui lui a fermé son principal marché d’exportation. La hausse des surfaces s’affirme donc nettement pour des pays comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne, plus modérément en Italie, aux Pays-Bas, en France et en Espagne.

100 000 tonnes d’asperges importées en Europe

Environ un quart de la production européenne s’exporte et l’Espagne reste l’acteur majeur de ce créneau. Le pays écoule à l’étranger 33 % de sa production, contre 22 % pour les Pays-Bas (qui réexporte aussi de la marchandise ayant débarqué dans ses ports) et 9 % pour l’Italie avec une forte tendance à la hausse pour cette dernière. A l'Est, la Pologne, la Hongrie ou la Slovaquie sont également actives à l'export, mais une demande locale apparaît également, notamment en Pologne. La France se montre importatrice pour 16 000 t en 2015 mais cherche à reconquérir son marché intérieur. Elle peut prendre exemple sur l'Allemagne, encore premier importateur européen avec un volume de 24 000 t, mais dont le volume d’importation a baissé de 20 000 t depuis 1996. En 2015, l’Europe a importé au total près de 100 000 t d’asperges.

Un kilo entre 6,30 et 6,90 € au consommateur

Le prix de l’asperge au producteur témoigne d’une tendance commune à la hausse dans tous les pays producteurs de l’UE (Pays-Bas exceptés), mais le niveau varie considérablement d'un pays à l’autre. Il démarre à 1,64 €/kg en Hongrie et culmine à presque 11 €/ kg en Grande-Bretagne, un pays où le marché se résume à l’asperge verte. Entre ces deux extrêmes, figurent par exemple l’Allemagne (4,56 €/kg) et les Pays-Bas (3,19 €/kg). Mais, le consommateur européen débourse en moyenne de 6,30 à 6,90 € pour un kilo d’asperge. Les plus gros mangeurs se trouvent en Allemagne (2,2 kg par ménage), où le marché est passé de 80 000 à 140 000 t en vingt ans, et en Suisse (2,8 kg par ménage). La consommation moyenne européenne se situe entre 0,4 et 1 kg par ménage. En France, à peine 30 % des ménages en achètent contre 50 % en Allemagne. « L’asperge reste pour l’essentiel consommée lors de repas familiaux », constate Michael Koch, de l’Institut statistique allemand AMI. « Elle ne joue encore qu’un rôle marginal sur le créneau des petites faims et des circuits comme les food trucks. Elle a plus de chance de percer dans la restauration hors foyer et de devenir facile d’emploi, en étant, par exemple, proposée épluchée », précise-t-il.


(source AMI) traduction Christophe Reibel

La France dynamique

L’aspergeraie française est en croissance dans tous ses bassins de production. Elle représente près de 5000 ha et un potentiel de production dépassant les 20 000 t. Son développement se fait en privilégiant la précocité de production (variétés, couvertures plastiques) et par une spécialisation des exploitations. Avec un regroupement de l’offre afin de répondre à la demande croissante de la distribution et du consommateur, l’asperge française vise essentiellement la reconquête de son marché intérieur.

L’Allemagne en pointe

L’Allemagne reste le premier producteur européen. En quinze ans, elle a porté ses surfaces de 15 500 à 25 705 ha. Elle a amélioré sa productivité en adoptant massivement le bâchage pour gagner en précocité. La récolte 2016 est estimée à 119 000 t. L’asperge allemande trouve d’abord preneur sur le sol allemand. Le pays exporte à peine de 6 % de sa production, soit 4 000 t/an.

L’Italie stabilise sa production

Les surfaces italiennes sont stables depuis dix ans avec 6 400 ha, après avoir oscillé entre 5 600 et 6 600 ha. La production nationale atteint les 45 000 t. La majeure partie de la récolte en asperge verte est écoulée sur le marché intérieur. L’export représente 6 100 t, un volume stable depuis 2010. Les principaux pays acheteurs sont l’Allemagne et l’Autriche.

L’Espagne fluctue

Spécialisée dans l’asperge de conserve, l’Espagne a été obligée de revoir son positionnement au début des années 2000, sous l’effet de la concurrence chinoise et péruvienne. Aujourd’hui, l’aspergeraie espagnole couvre 16 000 ha pour une production de 52 900 t en 2015. Ce score n’a pas été réédité en 2016 et ne sera sans doute pas égalé en 2017 en raison d’une sécheresse persistante. Le pays a remonté ses ventes à l’étranger de 12 000 t en 2010 à 21 300 t en 2015, principalement à destination de l’Allemagne, de la France et de l’Italie.

 

 

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