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EGalim et plans de filières

Interfel « coupe les ponts » avec le ministère... avant de renouer le dialogue

L’interprofession a refusé de se rendre à la convocation du 25 juin pour un point d’étape sur les plans de filière. A la place, elle a fini par obtenir une rencontre avec le ministre.

Laurent Grandin et Bruno Dupont, vice-président et président d'Interfel. © Julia Commandeur - FLD

Le 19 juin, à l’issue d’une journée bien remplie, avec un Conseil d’administration du CTIFL le matin et les assemblées générales d’Interfel et d’Aprifel l’après-midi, pour la première fois dans la Maison des f&l, Bruno Dupont et Laurent Grandin, les président et vice-président de l’interprofession, ont tenu à rassembler la presse professionnelle. Objectif : « passer un coup de gueule » contre le ministère et les EGalim. Interfel a indiqué à la presse avoir refusé de se rendre à la convocation du ministère de l’Agriculture sur les plans de filières le 25 juin.

Les f&l, pas entendus...

« Cela fait des mois que nous demandons à voir le ministre et ses équipes, justifie Bruno Dupont. On en a un peu marre d’être toujours les bons élèves, de toujours devoir revoir notre copie alors qu’on ne tient pas compte de nos remarques. Dans le projet de loi EGalim, la spécificité des f&l frais n’est absolument pas reconnue. » Par exemple, certaines filières -la vigne et le sucre- ont été entendu pour que les critères de contractualisation soient donnés aux interprofessions mais pas les f&l. « En plus on avait un accord interprofessionnel prêt à être signé », regrette Laurent Grandin. Les produits frais n’ont pas non plus été entendus sur les indicateurs de marché. Interfel dénonce aussi l’interdiction aux diététiciennes d’aller dans les écoles et la baisse des aides Casdar.

Et Bruno Dupont de rire jaune : « La seule réponse de l’administration a été de nous envoyer la Cour des comptes et un contrôle fiscal ! La coupe est pleine. On coupe les ponts avec le ministère. » Et de sous-entendre, en faisait référence aux manifestations des syndicats la semaine dernière (blocage des raffineries et des dépôts de carburant) : « A croire que si on ne reprend pas les vieux principes démodés, le ministre ne nous recevra pas. » Malgré tout, la filière poursuivra selon sa feuille de route. « Si on nous ignore, si les moyens ne sont pas là, et bien ça prendra plus de temps », précise Laurent Grandin.

... avant le 25 juin

Puis, miracle ! La filière f&l a finalement été entendue ! Bruno Dupont et Jacques Rouchaussé, président du CTIFL, se sont entretenus le 25 juin avec Stéphane Travert. « Ils ont rappelé une nouvelle fois l’importance d’un accompagnement financier de l’Etat (…) De son côté, Stéphane Travert a réaffirmé sa volonté de prendre en compte la réalité des spécificités de la filière des f&l frais, et a demandé à ses services que l’ensemble des mesures qui sont actuellement à l’étude fasse l’objet d’échanges réguliers avec ses représentants, [et a] affirmé vouloir trouver une solution avec son homologue de l’Education nationale [concernant le dossier “école”] », note avec satisfaction l’interprofession dans un communiqué de presse du même jour. Interfel renoue le dialogue avec les pouvoirs publics, la boucle est bouclée.

 

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