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Quel élevage bovin dans vingt ans ?

Dans les vingt ans à venir, l’élevage allaitant français va t-il évoluer
au même rythme qu’il l’a fait ces vingt dernières années? L’environnement
économique est particulièrement délicat à appréhender. En revanche
les aspects techniques offrent davantage de lisibilité.

Quelle pourrait être la physionomie de l’élevage allaitant français à l’horizon 2030 ? Les vingt prochaines années seront-elles dans la continuité des précédentes ? Bien malin qui peut répondre. Il y a 20 ans, il y avait en France quelque 3,7 millions de vaches allaitantes contre 4,15 millions l’an dernier. L’Europe à 12 était alors excédentaire en viande bovine et l’agriculture s’apprêtait à vivre de profonds bouleversements liés à l’arrivée des mesures accompagnant la réforme de la Politique agricole commune de 1992. Les années qui ont suivi ont été celles de l’optimisation des nouvelles aides, parfois au détriment de la conduite technique des exploitations. A l’image de toutes les autres productions, les cheptels allaitants se sont restructurés. Les exploitations se sont agrandies, modernisées. Mais le fort accroissement du nombre de kilos de viande produits par UTH ne s’est pas traduit par une franche amélioration des revenus.

De multiples facteurs vont entrer en ligne de compte. Le contenu des mesures adoptées pour la Politique agricole commune de l’après 2013 sera déterminant. Fin juillet, les déclarations de Dacian Ciolos, commissaire européen à l’agriculture après la clôture sur le débat public sur l’avenir de la PAC n’ont pas levé le voile sur des données concrètes. Comme le rappelait dernièrement Vincent Chatellier, économiste à l’Inra de Nantes : « Le débat qui s’est engagé doit répondre à trois interrogations essentielles.Tout d’abord, quelle sera la volonté des Etats membres de financer l’UE à un niveau satisfaisant, sachant que le contexte économique est difficile et que le taux de retour (contribution/bénéfice sur le budget) varie d’un pays à l’autre ? La seconde question clef sera de s’accorder pour savoir quelle part du budget de l’UE sera consacrée à la PAC et au développement rural. Enfin le troisième volet décisif concerne la répartition des fonds de la PAC entre les 27 Etats membres. » Mais le contexte dans lequel évolueront demain les systèmes allaitants dépend de bien d’autres facteurs. Telle l’épée de Damoclès qui plane au-dessus des troupeaux, il y a d’abord le risque d’un mauvais accord pris dans le cadre des négociations à l’Organisation mondiale du commerce. Il y a ensuite l’évolution du contexte économique, climatique ou politique à plus ou moins brève échéance. Cela peut être par exemple la hausse du prix des énergies fossiles, le dérèglement de la fréquence et du niveau des précipitations à différents endroits de la planète ou bien encore des changements politiques majeurs dans certains pays. Il y a ensuite les crises qui peuvent arriver du jour au lendemain sans crier gare à l’image de l’ESB il y a quelques années ou plus récemment la fièvre catarrhale. Et que dire de l’actuelle surchauffe du prix des céréales pour lesquelles bien des experts annonçaient il y a seulement quelques mois des prix durablement déprimés ! Autant d’événements qui sont là pour nous rappeler la difficulté à établir des prévisions économiques sur le long terme et qui ne seront de toute façon pas abordées dans ce dossier. Après avoir rappelé que la croissance de la population mondiale va inévitablement générer des besoins accrus pour les denrées alimentaires en modifiant certains grands équilibres, nous nous sommes davantage attardés sur les aspects techniques liées aux conditions de production.

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