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Baisse prévisible du nombre d’exploitations allaitantes

Les données du dernier recensement général de l’agriculture ne se sont pas traduites par une fonte du nombre d’exploitations détenant plus de 20 vaches allaitantes.
Les perspectives sont moins réjouissantes pour
les années à venir.

En 2010, au moment de l’établissement du dernier recensement général de l’agriculture (RGA), il y avait en France 4 100 000 vaches allaitantes réparties dans 120 000 exploitations dont bon nombre de micro-cheptels. Ces chiffres traduisent une grande diversité de situations que ce soit pour la dimension des troupeaux, le type d’animaux produits, mais également le degré de spécialisation de ces exploitations dans la seule production de viande bovine. « La moitié des détenteurs possèdent près de 80 % du troupeau », précise l’Institut de l’élevage dans un document synthétisant différentes données relatives aux élevages d’herbivores issues du dernier RGA(1). Derrière cette grande diversité, en 2010, il y avait 34 000 exploitations véritablement spécialisées dans l’élevage de vaches allaitantes. Elles détenaient ensemble 2 030 000 mères pour un cheptel unitaire moyen de 60 femelles reproductrices. « Au-delà des moyennes, une minorité de grandes exploitations émergent progressivement. Les chiffres du dernier RGA font état de 6000 exploitations détenant plus de 100 vaches mères, 1 400 à plus de 150 vaches et 400 à plus de 200 vaches. » Le nombre de ces troupeaux de grande dimension a doublé depuis le recensement réalisé en 2000 et cette tendance à la concentration des cheptels ne s’est probablement guère ralentie ces trois dernières années.
« Ces exploitations de plus de 100 vaches allaitantes qui regroupent 20 % du cheptel français (en 2010) contre 11 % en 2000 jouent un rôle clé dans la restructuration du secteur. Mais la quasi-stabilité du cheptel de vaches allaitantes entre les deux derniers recensements doit aussi beaucoup à la classe des troupeaux de 60 à 100 vaches (28 % du cheptel en 2010). Elle se développe encore, tant en nombre de vaches (120 000 de plus qu’en 2000, soit + 11 %) qu’en nombre d’exploitations (+ 1100 soit + 8 %). »

Peu d’installations dans un cadrenon familial

Alors qu’il était resté relativement stable depuis le début des années 90 avec peu ou prou 60 000 troupeaux, le nombre d’exploitations détenant plus de 20 mères devrait s’orienter à la baisse dans les années à venir. Ce phénomène avait pu être contenu ces trente dernières années compte tenu des reconversions du lait vers la viande. Un phénomène initié après la mise en place des quotas laitiers qui a perduré bien après la fin des années quatre-vingt. Mais depuis le début des années 2000, l’évolution de la structure démographique des éleveurs allaitants n’échappe plus au vieillissement. La stabilité du nombre d’exploitations est menacée en raison d’une hausse prévisible des départs en retraite et des difficultés pour trouver des repreneurs. Les exploitations sont de dimensions de plus en plus importantes et leur rentabilité a été pénalisée depuis la fin des années 2000 par une succession d’années difficiles. Elles ont hypothéqué certains projets d’installation ou donné priorité à d’autres productions. C’est tout particulièrement le cas dans des zones intermédiaires dès qu’il est possible de cultiver des céréales plutôt que de valoriser des surfaces en herbe avec un cheptel allaitant. « Cette production à forte intensité capitalistique et faible rentabilité du capital laisse peu de place aux installations dans un cadre non familial », rappelle l’Institut de l’élevage. Entre 2007 et 2011 et d’après le Réseau d’information comptable agricole, pour dégager 1000 € d’EBE, il fallait mobiliser deux à trois fois plus de capital en élevage bovin allaitant qu’en production de grandes cultures et 50 % de plus qu’en production laitière bovine.

L’évolution de la pyramide des âges des détenteurs de cheptels allaitants traduit d’ailleurs clairement ce vieillissement des chefs d’exploitation. Le pourcentage de vaches détenues par des éleveurs de moins de 40 ans est passé de 36 à 25 % entre les deux recensements.
Au cours de ce même intervalle de temps, il y a pourtant eu 11 800 installations dans les 56 000 exploitations détenant plus de 20 vaches allaitantes et non laitières, soit un taux d’installation de 21 % au cours de la dernière décennie.
Ce ratio est loin d’être uniforme sur le territoire français. Il n’est que de 17 % dans les zones herbagères du Nord Ouest, plafonne autour de 22 % dans les zones herbagères charolaises et limousines, mais monte à 25 % dans les montagnes auvergnates. Il intègre les reconversions lait-viande qui ont souvent lieu autour de l’installation. Ce taux d’installation semble donc meilleur dans les zones d’altitude ou défavorisées où il y a peu d’autres alternatives en termes de production que l’élevage de ruminants. « Une évolution qui devrait conduire à une poursuite de la reconcentration du cheptel dans ces zones défavorisées. »

(1) L’élevage d’herbivores au recensement agricole 2010, cheptels, exploitations, productions. Étude réalisée par l’Institut de l’élevage avec le soutien de FranceAgrimer, du Cniel et du Fonds national de l’élevage.

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